‹ Andromaque (volume 5)Chapitre 122 sur 160 · SCËNE II HERMIONE, CLÉONE · texte numérisé non relu

SCËNE II HERMIONE, CLÉONE

CLÉONE

Non, je ne puis assez admirer * ce silence, 1130

Vous vous taisez, madame ; et ce cruel mépris

N'a pas du moindre trouble audté v» s esprits^!

Vous soutenez en paix 3 une si rude attaque.

Vous qu'on voyait frémir au seul nom d Andromaque!

Vous qui sans dése-poir ne pouviez endurer 1IB5

Que Pyrrhus d'un regard la voulût honorer!

Il l'épouse; il lui donne, avec son diadème,

La foi que vous venez de recevoir vous-même:

dans Racine que dans Euripide et Si-;NF.guE; les n^ïnibreux passages de ceux-ci que nous avons ciiés le pr<iu\ent sural ond imineni. Miàs, dans lu iècv l'raucaist;, malgré sa réMgnati> n et son humililé, elle a l'âme plus haute et \)ius fièreque dans les pintes grecques et latines eteest cette él vation qui est la marque du christianisme et des muurs moderr.es. Enfin, aijes ce que nous avons vu p. 133, n. u.\ de l'atreclion timide et cramiive d Aîidro a.yiC pour son fils elle s'eiïorce naturellement, dan- ses d rnières recommandations sur l'éducjition morale qu'elle souhaite pour lui, de prévenir tout e qui pourrait, en lui insi iranL un orgueil et des espérances exagérées, le jeter dans quelque entreprise périlleuse.

1. AU sens latin de mirari, s'étonner. (Voy. ci-dessus, p. 74, n. 6.)

2. C'est-à-dire vos sentiment. EspriU était une des expressions les plus employées, en prose conjme en vers, au xvii» si.cle, «lans le sens où nous la trouvons ici, et l'on pourrait en multijjlier les i^emi les. 1 faut y voir, sans di>ute, une influence de la lanieu>e théorie de De^i ar es sur les esprits animaux, fluide imaginaire, principe du mouvement, su ant le philosophe. Il les <iefinissait ainsi {i'isc, svr La i\uth., V, 8) : c ( e q .'il y a de plus remarquable, c'est la génération des esprits animavœ, qui sont comme un vent très subtil, ou plutôt comme une flamme très pure tt trè vive, qui, montant continuellement en grande a on ance du cœur dan.- ie «erveau, se va rendre de la par les nerfs dans les muscles et donne le mou ement à tous les membres. »

3. D'une âme tranquille, quieto animo. La locution en paix est d'un usage fréquent, mais on en trouverait peu d'exemples dans ce «ens spécial et absolu.

ACtÈ IV, SCÊNÊ m

Et votre bouche eucor, muetle à tant d'ennui N'a pas daigné s'ouvrir pour se plaindre de lut! 1140 A.hi quo je crains, madame, un calme si funeste 2! >[ix'il vaudrait bien mieux...

HERMiONE,

Fais tu venir Oreste^?

GLÉOiNË,

Il vient, madame, il vient; et vous pouvez juger Que bientôt à vos pieds il allait se ranger Prêt à servir toujours sans espoir de salaire : Vos yeux ne sont que trop assurés de lui plaire. Mais il entre.

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