‹ Andromaque (volume 5)Chapitre 128 sur 160 · Sur cet enjambement, voy. ci-dessus, p. 124, n. -i · texte numérisé non relu

Sur cet enjambement, voy. ci-dessus, p. 124, n. -i

2. Ce jour, ^o\iT en ce jour, qui ex isie encore dans la langue spéciale de la procé lure, mais quen adînet pas la langue usuelle en littérature, est uu latinisme, blâmé par d'OnvET, admis par Dbsfontaines.

3. CQSi'à'd\Te rendue certaine, manifeste, Molikre dit de mèm& (E lourd., l, ^j) :

Si mon Intégrité vous étoit con^rmée.

ly. Nouvelle allusion à la préf^aution signalée plus haut (p. 448, n. ne sera pas la dernière (voy. ci-après, v 1433). En préparant avec tant de soin l ahsence des gardes de Pyrrhus, Racine subit l'influence des idées de son temps; le Roi ne paraissait en public qu'ento iré de gardes et, si le spectateur n eût été soigneusement prévenu du motif (jiii éloigne ceux de Pyrrtius, au moment de Tati entât do reste, cette infracUona l'étiquette eût paru une invraisemblance, que quelque ' uldi^ny n'eût point /nanqué de relever. A propos de Subligny, on a vu ce qu il disait de la précaution de Pyrrhus en faveur d'Astyanax,

à. Comp. CORNEir.LE (/'er^/iari/f, lï, \)\

Pour g igiier mon amour, il faut gervtr ma hain». A ce prix est le sreplre, à ce prix une reine; El Grim >i<id puni refxir.i digii.- de mot ^^U'Conqa^i ose m'aimer, ou vcui 8« faire roU

-4GTE tV, SCE^E HI

H K li M 1 () ^ i; .

Ah 1 c'en est U op, seigneur :

Tiiul de raisuniiemciils olïeiisent ma colère^, .lai voulu vous donner un moyen de me plaire, Rendre Oreste content; mais enfm je vois bien 1235 Qu'il veut loujours se plaindre, et ne mériter rien. Viivl 'Z ; allez ailleurs vanter votre constance, Et me laissez 2 ici le soin de ma vengeance. De mes lâches bontés mon courage ^ est confus; Et c'est trop en un jour essuyer de refus. 1240

1. Om a so iVfjiii coniparé à celle scène la scènr iv de l'acte III de Cimm, dans laqiieile I-iiiilie adresse .i Cinna hésitant les mêmes repioclies qu'Herinione à 0 reste :

Il suflil, je l'entends ; Jo voi- ton roi entir et tes vœux inron>tanls... Sans emprunter la main pour servir in. i colère, .le snurai bii-n venger nioii piys cl oi m père... Mes jnnr^ nvc* les siens se vont firccipitir, l^iHsque ta lâcheté n ose me oiériicr.

Viens me voir dans son sang et dans le oiion baignée,..

Mais le inouvcnient seul est le nietne; rien de p us différent que le caractère des (ieux femmes el les mobiles qui les font agir. Jules Janin dit à ce sujet (Hackele la tragédie, p. i07) :« Her nione se débat, mais en vam, contre le fi aricé qu'elle aime: cet homme est sous ^es yeux, qui la trahit, qui l'insulte, qui l'ahand mne, qui cpo:ise une autre femme, une ennemie, une esclave ! Herniione al Ts se v u^e, à la façon d'une femme amoureuse. Emilie, au contraire, elle, n'aime gui^ie, et, pour îin père, emporté misérablement dans ces tempêtes civile-, avec tant d'illustres Romains, Emilie, élevée par Auguste qui l api-elle sa file, est à peu près sans motif our tendre un affreux piège à son maître et seigneur. Emilie est atroce : Hermione, au contraire, est touchante, à caus*» même de ses fureurs. »

2. Quand deux ou pl-sieurs verbes à l'impératif se suivaient et que le dernier ('•lait accompagné d'un pronom complément, les écrivains du dix-septième et du dix-uuit;ème siècle menaient souvent ce pronom avant le verbe. Ainsi CouNKii.i.E {Cid, 1,5):

V'n, cours, vole et nows'renge,

BoiLKAU Art //oef., ch. l) :

Polissez-lo sans cessa et te repolissez. V(jy. Chassang Gi\ fr., cours mp, par. 224.

w. Cnurngii fbas latin coralicmn, dérivé de cor) signifie proprement le cœvr. \\\ fennele de cœur: il n'est p is tout à fait synonyme de bravoure, qui désio:nc plus sp' cialemeni le courage militaire. iMus on se rapproche des origines de no re langue, plus ce mot est pris dans un sens général et se rapproche de cœur. Airs Cornkili.e (Hodog,, IV, 5) :

Qu • tu p:^nélres mal le fond de mon tourage.

M 'NTi.uG^lV, 201): « llemplissant des haines parricides les courages fraternels, » Froissart (II, 111,7) : « Le duc ... ne dit pas si très toât ce qu'il avoit iu8 le couiaye. Dans le Botnan de la Hose {iil) :

Si a le vis (visage] simple el pileus, El Si mbie s.iinte créature; Mais suus liel n'a miiie aventure yu'clio ne pense en son comye.

ANDROxMAQUE

Je m'en vais seule au temple où leur hymen s'apprête,

Où vous iVosez aller mériter ma conquête :

Là, de mon ennemi je saurai m'apprucher;

Je percerai le cœur que je n'ai pu toucher ^;

Et mes sanglantes mains, sur moi-même tournées ^, 1245

Aussitôt, malgré lui, joindront nos destinées;

Kt, tout ingrat qu'il est, il me sera plus doux

De mourir avec lui que de vivre avec vous.

ORESTE

Non, je vous priverai de ce plaisir funeste,

Madame : il ne mourra que de la main d'Oreste. 1250

Vos ennemis par moi vous vont être immolés 3,

Et vous reconnaîtrez mes soins, si vous voulez*.

HËRMIOME.

Allez. De votre sort laissez-moi la conduite,

Et que tous vos vaisseaux soient prêts pour notre fuite ^,

1. Rachel donnait à ces vers une expression admirable. Alfred de Musset écrivait, lors des débuts de la grande tragélienne: « Pour quiconque l'a entendue et sait le prix de la vérité, l'accent (}uelle donne à ce vers... est un»; rhose incompré ensible dans une si jeune (ille;... où a-t-elle appris le secret d'un • é notion si lorte et si juste ? Ni leçons, ni conseils, ni études ne peuvent ri»'n produir*^ de semb able. » ( Mélanges de littéra ure ; Delà tragédie a propos des débuts de M^^^ Hachel.J

2. De même Cinna, dans un tout autre sentiment qu'Hermione, mais avec des expressions semblables (Cinna, in, 4) :

Mais ma m an, aussitôt contre mon sein loarnée. Aux. mânes iriin tel {jrince immolant votre amant, A mon crime forcé joindra mon chàtimsut.

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