SCÈNE IV HERMIONE, GLÉONE
CLÉONE
Vous %ous perdez, madame; et vous devez songer,,. 1255
HERMIONE
Que je me perde ou non, je songe à me venger
Je ne sais même encor, quoi qu'il m'ait pu promettre,
Sur d autres que sur moi si je dois m'en remettre:
Pyrrhus n'est pas coupable à ses yeux comme aux miens.
Et je Hendr a^s * mes coups bien plus sûrs que les siens, I26()
Quel plaisir de venger moi môme mon injure 3,
De retirer mon brus teint du sang du parjure,
Et, pour rendre sa peine et mes plaisirs plus grands,
De cacher ma rivale à ses regards mourants I
Ah! si du moins Ore-te, en punissant son crime, 1265
Lui laissa t le regret de m )ui ir ma victime !
Va le trouver : dis-lui qu'il api»renne à Tinurat
Qu'on l'immole à ma haine, et non pas à l'Etat.
Chère Cléone, cours : ma vengeance est perdue
S'il ignore en mourant que c'est moi qui le tue 1270
CLÉONE
Je vous obéirai. Mais qu'est-ce que je voi ?
0 dieux ! qui Tauinit cru madame? c'est le roi !
i, GÉRUZEZ remarque ici que « Corneilli!, dans Rodngimp, et Cyr\no Han«î Agrippine avaient dit plus énergiquement :
Périsse l'univers pourvu que je ino venge I » t. Dans le sens, fréqu ni au dix-seplitime siècle, de tenir pour, regarder comme. Ainsi Corneille Poi., U, 6):
Je tiens lenr culte impie.— Et jo le tiens funeste.
3. n y a quelque rapport entre la situation de Roxane, traliie par Bajazet, et cell d'Hermione, abandonnée par Pyrrhus : il se trouve aussi quelque con formité entre leurs discours. Voy. Bajazet, acte IV, scène v. » (Geoffroy.)
4. Voltaire rapproche ces deux vers de ceux-ci, dans Cinna (I, 1) :
Sa porte, que je veux, me deviendroit amère, Si que qu un l lmmoloit à d aul es qu'à mon père; Et tu verrois mes pleurs couler pour son trépas, gui le fi.isfint périr, ne me veng. roit pas. D'autre part, Du Ryer disait en ]6\S dans son Thémistocl9 Il est mort, il est vrai; mais, pour mVtor de peine, Il failoit que sa mort fût un coup de ma haine, Que ma main achevât, qu'il mourut à ma vus, et qu'il «ùt an mourant que c'ea moi qui U tuf.
ANDKOMAQUE
HERMIONE
Ah ! cours après Oresto; et dit lui, ma Gléone, Qu'il n'entreprenne rien sans revoir Hermionel