‹ Andromaque (volume 5)Chapitre 135 sur 160 · ACTE IV, SCÈNE V 167 J'y suis encor, malgré tes iniidélités · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V 167 J'y suis encor, malgré tes iniidélités

El malgré tous mes Grecs honteux de mes bontés. 13G0

Je leur ai commandé de cacher mon injure;

J'attendais en secret le retour d'un parjure;

J'ai cru que tôt ou tard, à ton devoir rendu,

Tu me rapporterais un cœur qui m'éfa t dù.

Je t'aimais inconstant; qu'aura's-je fait tidèie^t I3G5

Et même en ce moment où ta bouche cruelle

Vient si tranquillement m'annuncer le trépas.

Ingrat, je doute encor si je ne t'aime pas.

Mais, seigneur, s'il le faut, si le ciel en colère *

Réserve à d'autres yeux la gloire de vous plaire, 1370

Achevez votre hymen, j'y consens; mais du moins

Ne forcez pas mes yeux d'en être les témoins.

Pour la dernière fois je vous parle peut-être.

Différez-le d'un jour, demain voijs serez maître 3...

^. « Voilà dit jusleineni la harpe, de toutes les ellipses connues la plus hardie et la plus naiurelle. Elle a toujours été admirée, parce que le génie l'a placée dans un de ces élans d'éloquence passionnée qui ne [lermetteni pas une parole inutile, et c'est cette éloquence des p issions qui a créé toutes les îigures de diction et de pensée, de manière q l'en négligeant quelques formes du langage ordinaire, elles ne violent jamais la logique générale des langues. » Cependant, le pédanlisme grammatical de D Olivet (liemar>^ues sur Racine, ( ar. 95) ne peut prendre son parii de cette t urnure. Au rebours de La Harpe, il trouve qu'elle est « de toutes les ellipses (jue Racine -'est permises, la plus forte et la moins autorisée- 1 ar l'usagt^. » Mais, il « n'«ise la cunJamner » et l explique par les mêmes raisons que La Harpe. Il se tire d'aflai.e en disant : a je conclus (|ue de pareilles hardiesses ne tireni point a conséquence pour des écrivama du commun: niais, d'un autre côt .luasi, j'avoue qu'un criiiq e, s il condamne absolument ce qu'un maître a écrit avec mûre réllexion, se sent plus de courage que je n'en ai. » Cette timidité d'un j ige d'ordinaire éclairé, niais sévère, tranchant, n'e.>t pas un médiocre hommage du génie de Kacine.

Saint Marc-Oirardin rapprociie de la tournure qui nous occupe ce vers emprunté diHX Rivaux amis (1639, U, 5) de Uois-kobert: Je l'estiMie Qdèle, et je l'airne inconstant.

Knfin. M. BouLF>Y rel've dans une pièce de la jeunesse de CorneiilQ {Cl itd min IV, 1), deux remc\rquable3 exemples d ellipses aussi concises : Pensez plutôt à ceux dont le service offert: Accepté vous conserve, et refusé vous perd.

Page 1