ID., ibid., t. I, p
b. Scène I.
e. Lettre du 16 mar^ 10731.
SUR ANDROMAQÎJE
uionde sait le talent que mon p Te avoit pour Id déclamation, dont il donna le vrai goût aux comédiens capable de le prendre... 11 lui faisoit d'abord comprendre les vers qu'elle avoii à dire, lui montjoit les gestes et lui dictoit les t >ns, que même il noloit. L'écolière fi<ièle à ses leçons, quoique actrice par art, sur le théâtre paraissoit inspirée par la nature *. » Eloignée de la scène par une maladie qui devait bieniôt l'emporter, M"* des Œillets voulut voir celle qui la rc'mplaçait en la faisant oublier. Au sortir du théâtre, elle s'écria douloureusement: « 11 n'y a plus de des Œillets »
D'après son fils^. Racine aurait aussi formé Baron. Il est probable que, comme la Champmeslé, celui-ci dut beaucoup à ses conseils, mais il était surtout l'élève de Molière. Il eut, après Floridor, un très grand succès dans Pyrrhus; cependant, on ne sait rien de pariiculier sur la manière dont il tenait ce rôle, qu'il joua à partir de 16'3. Ce qui est certain, c'est que sa taille élégante et haute, sa fière mine, la dignité de ses gestes le rendaient très propre aux personnages de rois.
Au xviu* siècle, Quinault-Dufresne, excellent acteur et très bel homme, succéda à Baron dans Pyrrhus et continua, de 1712 à 1741, la lutte de son prédécesseur contre l'emphase et le ma uvais goût. On verra ci-après (p. 111, n. 1) un singulier jeu de scène dont il était l'inventeur, et qui produisait un grand effet. A la mémo époque, M"* Gaussin excellait dans Andromaque, qu'elle inteiprétait avec une sensibilité que sa beauté et sa grâce rendaient irrésistible; elle avait le don des larmes, avec une voix- d'un charme pénétrant. Vers la fin du siècle, M."* des Garcins, moins belle, y plaisait par les mêmes qualités. Hermione avait aussi d'excellents interprètes, notamment la célèbre Adrienne Lecouvreur, qui joua ce rôle pour la première fois devant la cour à Fontainebleau, le 7 novembre 1724. Douce d'une voix enchanteresse, elle la variait à l'infini et excellait surtout dans l'interprétation des sentiments pathétiques et de l'amour malheureux. « Jamais actrice ne fit répandre autant de larmes, ne porta plus loin la terreur tragique, avant que M'^« Dumesnil parût sur la scène*. » Selon les frères Parfaict*, « elle a réuni à elle seule, et au plus haut degré de perfection, les talents de la des Œil ets et de la Champmeslé. »
Après elle, le même rôle fut celui où se donna le plus carrière la rivalité de deux g andes actrices, ennemies acharnées et de talonts très différents,. M"* Dumesnil, que nous venons de nommer, et M"* Clairon. M>'« Dumesnil, qui débuta en 1739, devait beaucoup plus à la nature qu'à l art; elle avait « une sensibilité profonde, une âme brûlante, le don des larmes, une voix déchirante ou terrible, suivant Texigence des rôles et des situations, une physionomie^ exprès
1. Mémoires sur la vie de Jean Racine, dans 1 ed^^. P. Mesnard, t. I, t. 25ft-