Histoire du Théâtre français, t. XIV, p
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NOTICE HISÎOKiUUË
.sive et théâtrale, où toutes les passions se peiguoient avec rapidité; des yeux d'aigle qui portaient la terreur sur la scène ; enfln, une intelligence, ou. si l'on veut, un instinct tragique qui lui faisait apercevoir toutes les beautés «l'un rôle à la première lecture, ei une facilité d'exécution qui la dispensait do toutes les études nécessaires à Mil* Clairon K » Dans Hennione, <r il s'en fallait de très peu que son grand couplet d ironie n'eût 'air d'une mauvaise plaisant rie; mais elle savait s'en garantir, et ne dépassait point la nuijnce délicate au delà de laqubile le comique se ser ât trouve » Cl-dron la
dénigre d;ms ses Mémoires :\vec une jalousie visible: « M'** Dumesnil, dit-elle, n'était ni b;3ilH ni jolie; sa pbysionomi". sa tai le n'oflVaient aux \pux qu'une bourg 'oise sans grâce, sans élègmce. » Ele est cependant obligée (Tajouter : a Mais elle était pleine de taîent et de pathétique ^ » W^* Clairon, grande actrice, elle aussi brillait par des (jualités bien dilférentes. Son jeu, dit Talma, é>ait « tout d'arrangement et de calcul*. » D'une rare intelligence, elle étudiait à fondions ses rôles, notmt pour chaque vers, chaque mot, le ton qu'elle devait prendre, réglant chaque geste, chaque pas; ce travail, une fois fait, devenait délinitif; elle n'abandonnait rien à l'inspiration et jouait ainsi avec une perfection miforme, invariable. Moins belle que jolie, elle donnait cependant sur la scène à sa ligure le caractère le ^lus majestueux. Elle déployait une majesté hautaine, qu'elle conservait même à la ville, pour ne pas en perdre l'habitude, disait elle. Tout en elle était l'ouvrage de l'art, comme chez M"* Dumesnil celui de la nature. Mais, avec s ^n grand talent et malgré les plus consciencieux efforts, elle ne parvmt jamais à surj)asser, peut-être à égaler M"* Dumesnil, que les meilleurs juges, Voltaire en tête, n'hésitaient pas à lui préférer. Elle a laissé dans ses Mémoires^ sur le rôled'Hermione, d'intéressantes réflexions qui font grand honneur à son intelligence justement vantée, quoiqu'on y sente trop le désir secret de prouver la supériorité de son interprétation sur celle de M^'* Dumesnil: « Ce rôle, dit-elle, ofï're c ntinuellement le diingcr de ne pas atteindre le but ou de le dépasser. Le caractère en est passionné et n'est pas tendre il est furieux et point méchant; il est noble et fier, et se permet cependant de la séduction et de la dissimulation avec Oreste et de l'atrocité av(c Pyrrhus; son orgueil et sa passion marchent partout d'un pas égal, exc-'pté dans les six vers qui commencent par celui-ci :
Mais, seigneur, s'il le faut, si le ciel en colère, etc.,
dans la fin du monologue du cinquième aote, et le comi)i(3nccment dn dernier coup et de c« rôle, où l'amour parle seul et fait couler ses larmes. — Tout ce que j'ai cherché de ressources dans mon physique