ACTE I, SCÊi\E î
Me faitcourir alors au piège que j'évile*.
J'enleuds de tous côtés qu'on menace Pyrrhus;
Toute la Grèce éclate en murmures confus ;
On se plaint qu'oubliant son sang et sa promesse,
Il élève en sa cour l'ennemi de la Grèce, 70
Astyanàx, d'Hector jeune et malheureux fils,
Reste 2 de tant de rois sous Troie 3 ensevelis.
J'apprends que, pour ravir son enfance au supplice
Andromaque trompa Tingénieux* Ulysse,
Tandis qu'un autre enfant/ arraché de ses bras, 75
Sous le nom de son fils fut conduit au trépas
On dit que, peu sensible aux charines d'Hermione,
Mon rival porte ailleurs son cœur et sa couronne.
Ménélas, sans le croire, en paraît affligé,
Et se plaint d'un hymen si longtemps négligé ^, 80
1. Var, Me fait courir moi-même au piège que j'éviie. (t668 et 7.î.) Uacine s'est corrigé sur cette critique peu justifiée de Subli(;nt (lU, 8): «-Ce
moi-même n'est-il pas une belle cheville? »
2. Racine emploie souvent ce mot pour rappliquer à une seule personne. Il dira plus loin (IV, 1):
II est du sang d Ucclor, mais il en est le reste. Et pour ce reste enûn....
Comp. BoiLEAU {Sat. X) ;
C'est une précieuse, lîesie de ces esprit^ jadis si renommés. Que d'un coup de son art Molière a diffimés.
3. Troie ensevelie forme un hiatus très désagréable, mais toléré par icb rc;-les de la versification : « Quand un mot se termine par e muet, précédé lui-même d'une voyiîlle el qu'on élide cet c muet, il re>ttj eniccUvement un hiatus qui est toujours admis. » Quicherat, Traité de versification française, chap. IV, p. l'i. Nous verrons encore avec le même moi:
Hector tomba bous lui; Troie expira sous vous.
l.Tpire sauvera ce «lue Troie a sauv^.
ilbid.)
On cramt qu'avec Hector Troie uu jour ne leiiaiBso.
Les règles qui prescrivent ou autorisent l hiatus dans la poésie classique 8jn\ liés souvent arbitraires et mal conçues. Voy. à ce sujet le chapitre cité de M. Quicherat, et sa note, p. 387-389 ; voy. aiissi les spirituelles invectives de M. Th. db Banville contre ces règles. (Traité de poésie française. Y, q. 95-1 il.)