‹ Andromaque (volume 5)Chapitre 5 sur 160 · Voy. ci-après, p. 15 n · texte numérisé non relu

Voy. ci-après, p. 15 n

A. Patin, EUidessur les tragiques grecs, Euripide, 1. 1, p. 397 et 4U. — L'intérêt dans la pièce de Sénèque, repose sur une invention assez bizarre. On vient de voir quAn.romaque cache son fils dans le tombeau .i llector Ulysse, ne trouvant pas Asiyanax, iiéclare que le sacrifice expiatoire dont l'enfant devait être la victime, s accoinplira avec les ceivires de son père, qui seront jetées dans la mer. Andro ' aque hésite alors entre livrer son lils ou' sauver les cendres de son épo X d'une telle profanation, et cette hésitation est le nœud (Je la pièce. Comprenant enhn (luelle ne ueut sauver ni le tombeau ni Astyanax, elle se décide à livrer celui-ci. — Les quelques beautés de détail qui brillent çà et là dan^ cette tragédie rent illusion aux poètes et aux savants lu seizième siècle: d mt plusieurs la préféraient à ses modèles grecs. Robert Garnier l'imitait, beaucoup plus que les Troyennes d'Euripide, dans sa Troade dont il sera question tout à l'heure. Ce n'est pas un des moindres mérites de Racine que d'avoir remis Sénèque à son

NOTICE ttlSTORIOUE

Hpii du caracicre J'Andiomaque; souvent même il en gâte le charme S son mau a s%„ût et ses déclamations. Toutefois, il a seme çà et il -.sse" r traits^eureux pour que Racine ait pu lu, e. emprunter

"'"TKst"ce' caractère de fem.ue, le plus parfait de tous ceux qu'a cre^s le s'nie antique. « Épouse, mère, esclave, elle reste admirable "ces ^rois aspects. En passant d Hcnère à Euripi^le et d bur.p.de à Vircile elle change d'attitude sans changer de beauté. Les liai s douîi^ltxlvlsent à ch.que P-oge, .ur cate flg^^^^^^ ils ne peuvent la tlétrir. Aucun vestige en elle de cette ba'hane liei oique ««rse l éTeille, par instants, comme un sang do fauve, chez les autres emmes'de"a Uédie et de l'épopée. Elle "'«.f '«.^^-^.[.S^^^^^^^ d-Hécube ni l'égarement de Cassandre, m la haine d Electie. une diS royale l'enveloppe et la suit ainsi qu'un long voile. Elle i^te

hI'u ;,np hnine violente, mais « elle aime moins Py"-h"s qu el e »

^er uôn Saœ m ta demeure de la Néréide, ni teu.ple ni autel ne

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maîsine vue grecque». » Andromaque lui répond avec une fermeté

P. DE Saint-Victor, /es /)eMa; Masques, t. II, p. 270-27i. a'. SAiNT-MAKC-GiRAUDiN, £a;ame» mii^u^ d'Andromary.., p. 193.

a, V. 155-158, 160-1 er.

SUR ANDROMAOUE

déplaît, avec quelle emphase ta vantes la grandeur de la patrie laconnienne, tandis que tu mets Scyros au-dessous de rien! Tu étales ta richesse parmi des pauvres; tu élèves Ménélas au-dessus d'Achille. Voilà ce qui te rend odieuse à ton mari. Une femme, fût-elle unie à un méchant époux, doit l'aimer et ne pas engager avec lui une lutte d'arrogance *. » Hermione sort, transportée de colère, après une série de répliques où son caractère et celui d'Andromaqne achèvent de se peindre p ir le contraste. Lorsque l'arrivée de Pélée oblige Ménélas, qui encourageait et soutenait sa fille, à repartir pour Sparte, la fureur d'Hermione devient de la rage. Troublée par la pensée du sacrilège qu'elle a voulu, commettre en arrachant Andromaque du temple de Thétis, craignant qiie Pyrrhus, bientôt de retour, ne la chasse honteusement, elle veut se tuer et, soutenue par sa nourrice, elle paraît sur la scène, les cheveux épars, déchirant son visage de ses ongles, arrachant les vêtements qui la couvrent. L'arrivée d'Oreste vient heureusement interrompre ces transports, qui, par leur violence même, ne sauraient continuer plus longtemps. Il lui propose de fuir avec lui, et elle s'empresse de le suivre, sans hésitation ni remords.

Pyrrhus, ne joue pas dans ï Andromaque d'Euripide, un rôle direct. Il est absent, et ne se fait connaître que par l'idée que son seul nom éveille dans l'esprit des personnages du drame, par la crainte qu'il inspire à Hermione longtemps contenue par sa présence, par le récit de sa mort à Delphes. Ce n'est plus le candide et noble jeune homme que nous montre le Philoctè/e de Sophocle et qu'Ulysse décidait si péniblement à une déloyauté. C'est le terrible fils d'Achille, tel que le peint la tradition des poèmes homériques et cycliques, bouillant et brave comme son père, maître terrible devant lequel chacun tremble, autour duquel les souvenirs de Troie font régner la terreur : c'est lui qui est entré l'un des premiers dans le cheval de bois, qui a égorgé Priam devant l'autel de Jupiter, sacrifié Polyxène aux mânes d'Achille et précipité Astyana» du haut des murs. Sa mort à Delphes est digne de sa vie; Oresteet les assassins qui lui obéissent ne parviennent à le tuer que par trahison et après une lutte acharnée

Oreste ne fait que traverser l'action de V Andromaque grecque, mais il n'est ))as dans tout le théâtre ancien de personnage plus connu, car sa triste renommée le suit partout. Eschyle et Sophocle ont marqué de traits inefTarables cette figure de parricide et de victime de la destinée. Dans les Choéphores du premier, on le voit excité au crime par sa sœur Electre, s'y excitant lui-même, esclave delà fatalité, bientôt frénétique et inconscient, jusqu'à ce qu'il s'écrie, en frappant s» mère : « Tu as tué le père, tu mourras par le fils * ». Le pirricide consommé, sa conscience s'éveille, sa raison « fuit comme un cheval sans frein emporté hors de la piste des chars », et Us Érinnyes se dressent devant lui : « Voyez^es, s'écrie-t-il, voyez-les, comme des

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