‹ Andromaque (volume 5)Chapitre 6 sur 160 · Voy. ci-après, p. n?, n · texte numérisé non relu

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NOTICE HISTORIQLE

Gorgones, vêtues de nbir, entourées des replis de serpefti» Innombrables!.... Vous ne les vo;yez ( as, mais je les vois; elles me poursuivent, je ne puis plus rester ici » Et il s'enfuit jusqu'à Delphes, dans le sanctuaire d'Apollon. C'est là que nous le retrouvons, au début des EufïiénideSy assis sur le seuil sacré, tandis qu'autour de lui Érinuyes gisent endormies sur les dalles. Le spectre de Clytemnesire les réveille. Elles s'élancent sur la route d'Athènes, où Oreste, sur l'ordre d'Apollon, s'est réfugié pendant leur sommeil. Là, sur la colline de l'Aréopage, le meurtrier attend avec contiance l'absolution de Minei ve. Eu etfet, le sénat d'Athènes, convoqué par eîle, acquitte Oreste, tandis que la déesse apaise les Érinnjes. Sophrcle le montre encore après Eschyle, dans Electre^ accomplissant son rôle de justicier, avec un tel sang-froid, cette fois, que l'Oreste d'Es hyle pâlit devant ce parricide impassible : « L Oreste de Sophocle n'a ni hésitation, ni scrupule. L'oracle n'est point po'ir lui une nif^nace terrible qui rolFriiie, mais un dogme infaillible qui le tranquillise. Ce possédées! calme comme un. extatique. Sa morne sérénité ne se dément pas, sa parole eslbrève, comme le glaive est court. Exécuteur des hautes œuvres d'Apollon, il tue sans colère. C'est avec une sombre piété qu'il entre dans le palais où il va éfçorger sa mère. Bientôt on entend les cris de Clyte liueslre (|ui se débat sous le glaive ; la voix d'Oreste ne se mêle pas à la sienne. Comme un sacrificateur, il tue en silence »

Euripide, à son tour, le met en scène dans sa tragédie d'Orc^te, le montre, non plus comme Eschyle et Sophocle, au moment du parricide, mais api ès, dévoré de remords, objet d horreur pour les autres et pour lui-même Seule, sa sœur Electre l'encourage et le soutient, l'Ile veille près de lui, tandis que, brisé par ses fureurs intermittentes, il goûte quelques instants de repos. Bientôt le malheureux s'éveille, « les lèvres couvertes d'une écume épaisse, les cheveux desséchés et poudreux, le visage défait, car depuis longtemps l'eau ne La point rafraîchi ^ ». Ses premiers mots sont un remerciement au .sommeil: « Doux sommeil, qui charmes les sens, qui apaises la souffrance, que tu es venu a propos dans ma détresse! ileureux oubli des m Mix. que tu es bienfaisantl 0 divinité secourable aux malheureux* ! » Mais ce calme n'est pas de longue durée; bientôt commence nue terrible scène de fui eur, admirée parLongin * imitée par Racine Lorsqu'elle se termine enfin, c'est Oreste, qui. par une touchante péripétie de sentim^^nts, rend à Électre les encouragements qu'il a reçus d'elle. Le spectacle de ces deux malheureux qui s'entr'aident et se consolent au milieu do l abandon de tous, cje celte affection fraternelle si iendre et si dévouée, est une des plus bellei^ inspirations d'Euripide

i, V. 1U47-10ôO> I0t)l-t062.

?. p. DE Saint-VigtuR, les Deux iVasques, l. i. p. 55-06. 3. V 22:i-22ft.

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