‹ Andromaque (volume 5)Chapitre 56 sur 160 · SCÈNE H · texte numérisé non relu

SCÈNE H

PYRRHUS, ORESTE, PHŒNIXi.

ORESTE

Avant que tous les Grecs vous parlent par ma voix ^,

Souffrez que j'ose ici me flatter de leur choix 3,

Et qu'à vos yeux, seigneur, je montre quelque joie 145

De voir le fils d'Achille et le vainqueur de Troie.

Oui, comme ses exploits nous admirons vos coups.

Hector tomba sous lui, Troie expira sous vous:

Et vous avez montré, par une heureuse audace,

Que le fils seul d'Achille a pu remplir sa place. 150

Mais, ce qu'il n'eût point fait ^, la Grèce avec douleur

Vous voit du sang troyen relever le malheur,

1. Dans un passage du Cc7i5eur e/ramfliioMe (1798, t. Ul, p. îi24-525, cilé par M. Bernardin), Grimod de la Re>nière, rédacteur de ce recueil, faisait de justes critiques sur Texcessive simplicité de la mise en sc^.ne de cette audience donnée par le roi Pyrrhus (Drouin) a l'ambassadeur Oreste (Talma) : « Comment supposer qu'Oreste, ambassadeur de la rèce auprès de Pyrrhus, arrive devant le Roi tête nue, sans armes, tel en un mot qu'il seroit dans son propre palais?... Nous demanderons aussi pourquoi Pyrrhus ne reçoil point le fils d'Agamemnon, l'ambassadeur de Grèce, la couronne sur la tète^ assis sur son trône, position qui a toujours été d usage chez les souverains, qui s'environnent de toute leur pompe pour donner audience aux ambassadeurs ? Croit-il suppléer à la couronne par un simple ruban eu forme de bandelette, entrelacé dans ses cheveux? » Quoique la mise en scène soit aujourd hui, à la Comédie-Française, l'objet d'un soin particulier, le costume des deux princes mérite toujours les mêmes critiques; Owsle, vêtu de sin ple laine blanche et tête nue, n'a qu'une épée de plus qu'en 1798. — voy. ci-après, p. s7, n. 2.

De son coté, Subligny (I, 7) relève ce qu'a d'anormal « l'honnêteté de Pyrrhus, qui, loin de souffrir qu on amène Oreste a son audience, le va cherctier où il est pour savoir le sujet de son ambassade». L'observation, ici, n'est que minutieuse; il se peut que Ventrée de Pyrrhus ne soit pas très conforme au cérémonial diplomatique, mais les spectateurs songent-ils à le remarquer? — Voy. aussi plus haut, p. 31-32, la critique de Barbier-d'Aucour.

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