‹ AndromaqueChapitre 102 sur 176 · ACTE Y, SCÈNE Vlll. l8y · texte numérisé non relu

ACTE Y, SCÈNE Vlll. l8y

Il vole vers Junie, et, sans s épouvanter,

D'une profane main commence à l'arrêter.

De mille coups mortels son audace est punie ; *

Son infidèle sang rejaillit sur Junie.

César , de tant d'objets en même tems frappé ,

^ De mille coups mortels son audace est punie.

Narcisse est mis en pièces par le peuple et abandonné par le tyran qu'il a servi : son châtiment est complet. Celui de Néron ne l'est qu'en prédiction , comme le sujet et l'histoire l'exigeaient. Mais il perd Janîe qu'il a cru posséder, et on nous le représente dans un état d'épouvante et de désespoir qui fait même craindre qu'il n'attente sur sa vie. Junie est dans une retraite sacrée , à l'abri des attenta|s de Néron. Le poëte a fait tout ce que demandait son art, et iiré de son sujet tout ce qu'il pouvait donner. Il n'en est pas moins vrai que ce dernier acte est d'un effet médiocre et fort inférieur à celui du quatrième ; mais si l'on ne traitait que les sujets dont la principale force est dans le dénoûment , il en est beaucoup que le génie se refuse^ rait. Celui de Britannicus ^ même dans son ensemble, n'était pas susceptible du grand pathétique , des grandes passions , des situations terribles qui nous frappent dans Andromaque ^ dans Iphi génie , dans Phèdre , et dans quelques autres sujets éminemment tragiques. Tous ne peuvent pas produire la même impression , ni émouvoir au même degré : il suffit que tous ceux que choisit le talent soient dignes de lui et de la scène et remplissent les conditions prescrites , par différens moyens, et par des beautés d'un ordre différent. Britannicus est au second rang pour l'effet théâtral ; il est au premier pour la conception originale , la vérité et la profondeur des vues morales et politiques , et par le fini de l'exécution.

l88 BRITANNICUS.

Le laisse entre les mains qui l'ont enveloppé. Il rentre. Chacun fuit son silence farouche ; Le seul nom de Junie échappe de sa boucViC ; Il marche sans dessein ; ses yeux mal assurés N'osent lever au ciel leurs regards égarés ; Et l'on craint , si la nuit jointe à la solitude Vient de son désespoir aigrir l'inquiétude, Si vous l'abandonnez plus long-tems sans secours , Que sa douleur bientôt n'atlente sur ses jours. Le tems presse : courez. Il ne faut qu'un caprice; Il se perdrait, madame.

AGRIPPIÎS^E.

Il se ferait justice.

Mais,Burrhus , allons voir jusqu'où vont ses transports : Voyons quel changement produiront ses remords ; S'il voudra désormais suivre d'autres maximes.

BURRHUS

Plût aux dieux que ce fut le dernier de ses crimes ! '

^ Plût aux dieux que ce fut le dernier de ses crimes !

On a toujours critiqué cette scène, comme le dit Racine luix même dans sa préface. Il répond qu'elle est ne'cessaire, et il a raison ; mais elle ne peut être intéressante , et il ne Je dit pas,

BÉRÉNICE

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