SCÈNE III
ANTIOCHUS, ARSACE
ANTIOCHUS
ArsacC;, entrerons -nous ?
ARSACE
Seigneur , j'ai vu la reine ;
* Qui peut bien se résoudre à ne la jamais voir.
« Beaucoup de lecteurs réprouvent ce long monologue. It » n'est pas naturel qu'on fasse ainsi tout seul Thistoire de ses » amours ; qu'on dise : Je me suis tu cinq ans ; on m'' a imposé î) silence ; ai couvert mon amour d^un voile d"* amitié. On par- » donne un monologue qui est un combat du cœur , mais non >j une récapitulation historique. » Volt.
J'oserais encore trouver trop de sévérité' dans cette note. Le monologue est admis toutes les fois qu'un homme agité délibère avec lui-même ; et tel est l'état d'Antiochus , établi dès les premiers vers. Parlera-t-il ? ne parlera-t-il pas ? Voiià ce dont il s'agit. Il peut y avoir là combat du cœur pour un homme amoureux qui s'' est tu cinq ans. Trois ou quatre vers qui énoncent le fait même sur lequel Antiochus doit prendre son parti , sont-ils une récapitulation historique^ quand l'auteur a eu l'art dé procéder dans tout le reste du monologue par des mouvemens opposés les uns aux autres , et qui caractérisent les incertitudes d'un cœur troublé et combattu ? Une récapitulation historique serait nécessairement froide , et jamais je ne me suis aperçu que ise monologue parût froid.
k}^ BÉRÉNICE,
Mais , pour me faire voir, je n'ai percé qu'à peine Les flots toujours nouveaux d'un peuple adorateur * Qu'attire sur ses pas sa prochaine grandeur. Titus , après huit jours d'une retraite austère , Cesse enfin de pleurer Yespasien son père. Cet amant se redonne aux soins de son amour ; Et , si j'en crois , seigneur , l'entretien de la cour , Peut-être avant la nuit , l'heureuse Bérénice Change le nom de reine au nom d'impératrice. '
Aî^TIOCHUS.
Hélas!
A RSA CE.
Quoi ! ce discours pourrait-il vous troubler ?
* £es flots toujours nouveaux d'un peuple adorateur.
^ « La prose n'eut pu exprimer celle idée avec la même pre'- » cision , ni se parer de la beauté de ces figures : c'est là le grand » mérite de la poésie. Celte scène est parfaileraent écrite et » conduite de même; car il doit y avoir une conduite dans » chaque scène , comme dans le total de la pièce. Cette scène » est même intéressante , parce qu'Antiochus ne dit point son )) secret et le fait entendre. » Yolt.
^ Peut-être açant la nuit , V heureuse Bérénice Change le nom de reine au nom d^ impératrice.
On ne dit point changer au , mais changer en. La vraie pbrasr en prose serait : changer Je nom de reine en celui d'' impératrice Le seul cas où l'on dise changer au^ c*est dans cette phrase pro Ycrbi^dc; changer du blanc au noir; et dans cette phrase nivsti