ACTE I, SCÈNE III
ANTIOCHUS
Ainsi donc , sans témoins je ne lui puis parler ?
ARSACE
Vous la verrez , seigneur : Bérénice est instruite
Que vous voulez ici la voir seule et sans suite.
La reine d'un regard a daigné m'avertir
Qu'à votre empressement elle allait consentir ;
Et , sans doute , elle attend le moment favorable
Pour disparaître aux yeux d'une cour qui l'accable. *
ANTIOCHUS
Il suffit. Cependant n'as-tu rien négligé Des ordres importans dont je t'avais chargé f
Seigneur , vous connaissez ma prompte obéissance* Des vaisseaux dans Ostie armés en diligence , Prêts à quitter le port de momens en momens , N'attendent pour partir que vos commandemens. Mais qui renvoyez- vous dans votre Gomagène ? ^
que , le vin est changé au sang ^ le pain est changé au corps ; etc.
^ Pour disparaître aux yeux d^une cour gui V accable.
VARIANTE
« De disparaître aux yeux d'une cour qui raccabie. »L.B.
~ Mais qui rençoyez-çous dans votre Coma gé ne ?
Si cette expression, votre Comagene , nVst point vicieuse, elle n'est pas au moins agre'able. On ne dirait point aujourd'hui :
218 BÉRÉNICE
ANTIOCHUS
Arsace , il faut partir quand j'aurai vu la reine.
ARSACE
Qui doit partir ?
AÏS TlOGllUS,
Moi.
ARSACE
Tous ?
ÂNTIOCHUS.
En sortant du palais , Je sors de Rome, Arsace, et j'en sors pour jamais.
Je suis surpris sans doute , et c^est avec justice. Quoi î depuis si long-tems la reine Bérénice Vous arrache , seigneur , du sein de vos états ; Depuis trois ans dans Rome elle arrête vos pas ; Et lorsque cette reine , assurant sa conquête ,
mû/s (jui rewoycz-çous dans votre France, votre Prusse ^ votre Angleterre , e te. L. B. *
^ Cette expression, votre Comagene , est dans le goût des anciens. Rien n*est plus fréquent chez eux , que cette manière de parler:
Votre Ilion encor peut sortir de sa cendre.
et, dans les sujets anciens; tout ce qui rappelle l'antiquité est un mérite.