‹ AndromaqueChapitre 11 sur 176 · ACTE I, SCÈNE ï · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE ï

Depuis trois ans entiers , qa a-t-il dit , qu a-t~il fait Qui ne promette à Rome un empereur parfait ? Rome , depuis trois ans par ses soins gouvernée , Au tems de ses consuls croit être retournée : Il la gouverne en père. Enfin , Néron naissant A toutes les vertus d'Auguste vieillissant. '

AGRIPPINE

Non , non, mon intérêt ne me rend point injuste. Il commence , il est vrai , par où finit Auguste ; ^

proprement instruit dans que lorsqu'il s'agit d'un art ou d'une science : instruit dans la peinture , instruit dans les mathématiques. Instruit est là immédiatement au-dessous de savant. Dans la poésie , la même construction s'est introduite par extension , même pour les choses qui ne pre'sentent point l'idée de doctrine, et en ce sens instruit dans a plus d'élégance qah'nstruit de.

^ Enfin , Néron naissant

A toutes les vertus d"* Auguste vieillissant.

Idée empruntée du passage suivant de Sénèque : Comparare nemo mansuetudini tuœ audebit diçum Augustum , etiamsi in certamen juvenilium annorum deduxerit senectutem plusquam maturam. De Clementia , lib. I , cap. i. L. B.

* // commence , il est vrai, par oîi finit Auguste ; Mais crains que , raf^enir etc.

Ces vers sont remarquables par une précision sévère. Le com-" mentateur saisit cette occasion pour se récrier sur les tours en- ^ hauteurs de Racine.

Mais crains que , l'avenir détruisant le passé . Il ne finisse ainsi qu'Auguste a commencé. Il se déguise en vain : je lis sur son visage Des fiers Domitius l'humeur triste et sauvage ; * Il mêle avec l'orgueil qu'il a pris dans leur sang

* // se déguise en pain

ISéron fut quelque tems hypocrite par crainte et par de'peii' dance. Venu de si loin à Vempire, il redoutait Finte'rêt que l'oiï pouvait prendre à la jeunesse et à la disgrâce de Britannicus. Il ménageait Tautorité d'Agrippine. Quand la sienne fut affermie , il se montra tel qu'il e'tait , et se vengea d'une contrainte pe'nible en se défaisant de tout ce qui Pavait gêné. Il ne connut plus ni frein , ni borne , ni pudeur : c'est que sa dissimulation était commandée et non pas naturelle. Tibère , non moins atroce , mais beaucoup plus politique , fut toujours dissimulé, parce qu'il l'était par caractère. Sa dissimulation faisait partie de sa perversité : elle lui servait à nuire et à opprimer.

* Je lis sur son visage à Des fiers Domitius V humeur triste et saupage, *

Le grand-père et le père de Néron se distinguèrent parleur orgueil et leur cruauté , comme on le voit dans Suétone.

Il y avait à Rome deux familles de Domitius ; l'une avait le surnom de Calpinus , et l'autre celui èi'u^nobarlus. Néron était j de cette dernière famille ; elle s'était illustrée par sept consulats, I deux triomphes, deux censures. Annales de Tacite* liv. IV. L. B, j

^ // mêle açec V orgueil çu '// a pris dans leur sang | La fierté des JSérons çu *il puisa dans mon flanc,

Agrippine était de la famille des Claudiens, qui avaient pris

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