ACTE I, SCÈNE IV
Pour joindre à plus de noms le nom d'impératrice. Il m'en viendra lui-même assurer en ce lieu.
ANTIOCHUS,
Et je viens donc vous dire un éternel adieu !
BÉRÉISÎICE.
Que dites-vous ? Ah ! ciel î Quel adieu ! Quel langage î Prince , vous vous troublez et changez de visage î
ANTIOCHUS
Madame , il faut partir.
BÉRÉNICE
Quoi ! ne puis-je savoir
Quel sujet....
AlsiTiocHUS, à part.
Il fallait partir sans la revoir.
BÉRÉISÎICE.
Que craignez-vous? Parlez ; c'est trop long-tems se taire. '
72ûm Berenicen : qu'elle le fût de îiom ou cle fait , '^c'est là le cas où le poëte n'est point gêné par l'iiistoire , attendu qu'on n'est obligé de la suivre que dans les points imporlans et connus.
Ce même abbé Dubos reproche à Racine d'avoir aussi violé 'l'histoire en plaçant dans sa pièce Antiochus , qui n'était pas à Rome lors du renvoi de Bérénice : critiques futiles , qui ne méritent aucune attention.
^ Que craigne z-pous ? Parlez', c^est trop long-tems se taire. VARIANTE.
Au nom des dieux, parlez j c'est trop long-tems se taire. »
226 Bérénice;
Seigneur , de ce départ quel est donc le mystère?
ANTIOCHUS
Au moins souvenez -vous qvie je cède a vos lois ,
Et que vous m'ëcoutez pour la dernière fois.
Si , dans ce haut degré de gloire et de puissance ,
Il vous souvient des lieux où vous prîtes naissance ,
Madame , il vous souvient que mon cœur en ces lieu\
Reçut le premier trait qui partit de vos yeux.
JVimai. J'obtins Faveu d' Agrippa votre frère ;
Il vous parla pour moi. Peut-être , sans colère ,
Alliez-vous de mon cœur recevoir le tribut ;
Titus , pour mon malheur , vint , vous vit , et vous plut.
Il parut devant vous dans tout l'éclat d'un homme
Qui porte entre ses mains la vengeance de Rome.
La Judée en pâlit : le triste Antiochus
Se compta le premier au nombre des vaincus.
Bientôt , de mon malheur interprète sévère ,
Votre bouche à la mienne ordonna de se taire.
Je disputai long-tems ; je fis parler mes yeux :
Mes pleurs et mes soupirs vous suivaient en tous lieux. ^
* Mes pleurs ci mes soupirs vous suivaient en tous lieux.
« Ce vers et les suivans n'ont pas le mérite qu'on a remar- » que dans les notes précédentes. Un roi dont les pleurs et les » soupirs suivent en tous lieux une reine amoureuse d'un autre, » est là un fade personnage , qui exprime en vers faibles et la-
ches un amour un peu ridicule. Si la pièce était écrite de ce » ton , elle ne serait qu'une faible idylle en dialogue. Plus le