‹ AndromaqueChapitre 115 sur 176 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

Pour joindre à plus de noms le nom d'impératrice. Il m'en viendra lui-même assurer en ce lieu.

ANTIOCHUS,

Et je viens donc vous dire un éternel adieu !

BÉRÉISÎICE.

Que dites-vous ? Ah ! ciel î Quel adieu ! Quel langage î Prince , vous vous troublez et changez de visage î

ANTIOCHUS

Madame , il faut partir.

BÉRÉNICE

Quoi ! ne puis-je savoir

Quel sujet....

AlsiTiocHUS, à part.

Il fallait partir sans la revoir.

BÉRÉISÎICE.

Que craignez-vous? Parlez ; c'est trop long-tems se taire. '

72ûm Berenicen : qu'elle le fût de îiom ou cle fait , '^c'est là le cas où le poëte n'est point gêné par l'iiistoire , attendu qu'on n'est obligé de la suivre que dans les points imporlans et connus.

Ce même abbé Dubos reproche à Racine d'avoir aussi violé 'l'histoire en plaçant dans sa pièce Antiochus , qui n'était pas à Rome lors du renvoi de Bérénice : critiques futiles , qui ne méritent aucune attention.

^ Que craigne z-pous ? Parlez', c^est trop long-tems se taire. VARIANTE.

Au nom des dieux, parlez j c'est trop long-tems se taire. »

226 Bérénice;

Seigneur , de ce départ quel est donc le mystère?

ANTIOCHUS

Au moins souvenez -vous qvie je cède a vos lois ,

Et que vous m'ëcoutez pour la dernière fois.

Si , dans ce haut degré de gloire et de puissance ,

Il vous souvient des lieux où vous prîtes naissance ,

Madame , il vous souvient que mon cœur en ces lieu\

Reçut le premier trait qui partit de vos yeux.

JVimai. J'obtins Faveu d' Agrippa votre frère ;

Il vous parla pour moi. Peut-être , sans colère ,

Alliez-vous de mon cœur recevoir le tribut ;

Titus , pour mon malheur , vint , vous vit , et vous plut.

Il parut devant vous dans tout l'éclat d'un homme

Qui porte entre ses mains la vengeance de Rome.

La Judée en pâlit : le triste Antiochus

Se compta le premier au nombre des vaincus.

Bientôt , de mon malheur interprète sévère ,

Votre bouche à la mienne ordonna de se taire.

Je disputai long-tems ; je fis parler mes yeux :

Mes pleurs et mes soupirs vous suivaient en tous lieux. ^

* Mes pleurs ci mes soupirs vous suivaient en tous lieux.

« Ce vers et les suivans n'ont pas le mérite qu'on a remar- » que dans les notes précédentes. Un roi dont les pleurs et les » soupirs suivent en tous lieux une reine amoureuse d'un autre, » est là un fade personnage , qui exprime en vers faibles et la-

ches un amour un peu ridicule. Si la pièce était écrite de ce » ton , elle ne serait qu'une faible idylle en dialogue. Plus le

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