SCÈNE V
BÉRÉNICE, PHÉÎSICE.
PIIÉISTCE.
Que je le plains ! Tant de fidélité , ^ Madame , méritait plus de prospérité.
Ne le plaignez- vous pas ?
3BÉHÉ1SÎICE.
Cette prompte retraite Me laisse, je Tavoue , ime douleur secrète»
PHÉNICE
Je l'aurais retenu.
BÉRÉNICE
Qui ? moi , le retenir î J'en dois perdre plutôt jusques au souvenir.
* Ta/if de fidélité , . etc.
« Ija faiblesse du sujet se montre ici clans toute sa misère. » Ce n'est plus ce goût si fin , si délicat : Phe'nice parle un peu » en soubrette. » Volt.
Je r aurais retenu y
« Est encore plus mauvais ; cela est d'un froid comique. Il w importe bien ce qu*aurait fait Phénice ! Mais ce de'faut est >» bientôt réparé par le discours passionné de Bérénice :
» De cette nuit , Phénice , as -tu vu la splendeur ? etc. »
Volt.
234 BÉRÉNICE
ïu veux donc que je flatte une ardeur insensée?
PHÉl^IC E.
Titns n'a point encore explique sa pensée. Rome vous voit , madame , avec des yeux jaloux : La rigueur de ses lois m'épouvante pour vous. L'hjmen chez les Romains n'admet qu'une Romaine : Rome hait tous les rois , et Bérénice est reine.
BÉRÉNICE
Le tems n'est plus , Phénice , où je pouvais tremhler. ïitus m'aime; il peut tout; il n'a plus qu'à parler; Il verra le sénat m'apporter ses hommages , Et le peuple de fleurs couronner ses images. ' De cette nuit, Phénice, as-tu vu la splendeur? Tes yeux ne sont-ils pas tout pleins de sa grandeur ? Ces flambeaux, ce bûcher, cette nuit enflammée , Ces aigles , ces faisceaux , ce peuple , celte armée ^ Cette foule de rois , ces consuls , ce sénat , Qui tous de mon amant empruntaient leur éclat ; Cette pourpre, cet or, que rehaussait sa gloire, Et ces lauriers encor témoins de sa victoire; Tous ces yeux qu'on voyait venir de toutes paris
' // verra le sénat m ^apporter ses hommages , Et le peuple de fleurs couronner ses images.
On lit clans quelques e'ditions :
« Tu verras le st'nal m'apporter ses liommages ,
» Et le peuple de fleurs couronner nos images. » L- B.