PAUL I1S
J'entends de tous côtés Publier vos vertus , seigneur , et ses beautés. ^
TITUS
Que dit-on des soupirs que je pousse pour elle ? ^'^ Quel succès attend-on d'un amour si fidèle ?
critique n'ait relevé cette phrase qui n'est nullement française : « attend ce que deviendra » était la seule construction régulière*
* Publier vos vertus ^ seigneur, et ses beautés,
« On ne publie point des beautés : cela n'est pas exact. »
Volt.
Oui , mais on publie des vertus , et par le privilège de l'opposition , expliqué ailleurs dans ce commentaire , privilège qui appartient à la poésie , et que Voltaire ne pouvait pas ignorer, vertus fait passer beautés, ,
Que dit-on des soupirs que je pousse pour elle ? Ce vers que Voltaire n'a pas censuré , me paraît plus choquant, je l'avoue, que toutes les petites faiblesses ou naïvetés de diction que cet illustre commentateur a reprises avec plus ou moins de justice. Non-seulement les soupirs que je pousse est d'un berger de l'Astrée plutôt que d'un empereur de Rome , ^ mais le défaut d'harmonie se joint ici à la fadeur du style. Tousse pour elle fait mal à toute oreille délicate.
24o BÉRÉNICE, PAULIN.
Vous pouvez tout : aimez , cessez d'être amoureux ; La cour sera toujours du parti de vos vœux.
Et je l'ai vue aussi cette cour peu sincère , *
* Et je Vai vue aussi cette cour peu sincère , etc.
« Rarement Racine tombe- t-il long-tems , et quand ilsere- » lève , c'est toujours avec une élégance aussi noble que simple : » toujours avec le mot propre , ou avec des figures toujours » justes et naturelles , sans lesquelles le mot propre ne serait )> que de Texactitude. La réponse de Paulin est un chef-d'œuvre » de raison et d'habileté ; elle est fortifiée par des faits , » par des exemples ; tout y est vrai ; rien n'est exagéré ; j> point de cette enflure qui aime à représenter les plus » grands rois avilis en présence d'un bourgeois de Rome. Le » discours de Paulin n'en a que plus de force : il annonce la >) disgrâce de Bérénice.
» Racine et Corneille ont évité tous deux défaire trop sentir » combien les Romains méprisaient une juive. Ils pouvaient s'é- » tendre sur l'aversion que cette misérable nation inspirait à » tous les peuples ; mais l'un et l'autre ont bien vu que cette
vérité trop développée jetterait sur Bérénice un avilisse- » ment qui détruirait tout intérêt. » Volt.
lime seipble voir dans cette note plus de cette aversion par ticulière que Voltaire avait contre les juifs, que de véritable critique. On ne voit pas dans les historiens , que la qualité de juive soit entrée pour rien dans les motifs qui combattaient l'arnour de Titus. Quand même Racine se serait cru obligé d'en parler, il avait assez d'art pour éloigner tout avilissement ^ et surtout il était impossible que cet avilissement jusqu'à dé