‹ AndromaqueChapitre 136 sur 176 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

TITUS, ANTIOCHUS, ARSACE

TITUS

Quoi ! prince, vous partiez? quelle raison subite ^

Presse votre départ , ou plutôt votre fuite? J Vouliez-vous me cacher jusques à vos adieux? i Est-ce comme ennemi que vous quittez ces lieux?

Que diront avec moi , la cour , Rome , l'empire ?

Mais, comme votre ami , que ne puis- je vous dire?*"^

^ Quoil prince t vous partiez ?

« On n'a d'autre remarque à faire sur cette scène, sinon » qu'elle est e'crite avec la même élégance que le reste , et avec » le même art. Antiochus , chargé par son rival même de dé- ) clarer à Bérénice que ce rival aimé renonce à elle , devient > alors un personnage un peu plas nécessaire qu'il n'était. »

YOLT.

Que ne puis-je çous dire ?

La négation pas ou poiuf était ici d'une nécessité indispensable pour mettre d'accord le sens de la phrase et la grammaire. Que veut dire ici quelles choses ; il est relatif et régime : « quel- ^> les choses ne puis-je pas ^ ne pourrais- je pas vous dire? » Sans la négation^ que s\^m£ie pourquoi ; « que ne puis-je vous ^> dire ce que je pense , ce que j'ai entendu ? » La négation

2^4 BÉRÉNICE

De quoi m'accusez-vous? Vous avais-je, sans choix, Confondu jusqu'ici dans la foule des rois ? Mon cœur vous fut ouvert tant qu'a vécu mon père ; C'était le seul présent que je pouvais vous faire -ffj,j^ Et lorsqu'avec mon cœur ma main peut s'épanchér, Vous fuyez mes bienfaits tout prêts à vous chercher Pensez-vous qu'oubliant ma fortune passée Sur ma seule grandeur j'arrête ma pensée, m Et que tous mes amis s'y présentent de loin , ^ Comme autant d'inconnus dont je n'ai plus besoin? ^ Vous-même , à mes regards qui vouliez vous soustrairq^y' Prince , pkis que jamais vous m'êtes nécessaire^

^INfTIOCHyS,

Moi, seigneur?

TITUS

Vous.

ANTIOCHUS

Hélas I d'un prince malheureux Que pouvez-vous , seigneur , attendre que des vœux ?

TITUS

Je n'ai pas oublié , prince , que ma victoire Devait à vos exploits la moitié de sa gloire; Que Rome vit passer au nombre des vaincus

omise n'est donc point ici une licence ni une ellipse ; c'est une véritable faute, parce qu'elle change le sens, et qu'après ce| mots , çue ne puis-je vous dire ? la phrase , suivant les règles du langage , paraît suspendue, et fait attçndrç ce qu'on va dire,

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