BÉRÉNICE, PHÉNICE
BÉRÉNICE
Chère Phénice , hé bien ! as-tu vu l'empereur ? Qa'a-t-il dit? Viendra-t--il ?
PHÉNICE
Oui , Je l'ai vu , madame , Et j'ai peint à ses yeux le trouble de votre ame. J'ai vu couler des pleurs qu'il voulait retenir. '
BÉRÉNICE
Vient-il ?
PHÉNICE
N'en doutez point, madame, il va venir. Mais voulez-vous paraître en ce désordre extrême ? Remettez-vous , madame, et rentrez en vous-même. Laissez-moi relever ces voiles détachés , Et ces cheveux ép.irs dont vos yeux sont cachés. Souffrez que de vos pleurs je répare l'outrage.
* J*ai vu couler des pleurs çu^il voulait retenir.
Ce vers sert encore à rendre le spectateur incertain sur le sorf. de Bérénice. S*il en coûte tant à Titus pour parler à Bérénice , comment pourra-t-il faire le sacrifice de ne la plus re-^ voir? L. B.
* Souffrez que de vos pleurs je répare Voutf-age,
« On peut appliquer à ces vers ce précepte de Boileau ;