‹ AndromaqueChapitre 159 sur 176 · ACTE lY, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE lY, SCÈNE V

Qui? moi? j'aurais voulu, lionteuse et méprisée,

D'un peuple qui me liait soutenir la risée ?

J'ai voulu vous pousser jusques à ce refus.

C'en est fait , et bientôt vous ne me craindrez plus»

N'attendez pas ici que j'éclate en injures ,

Que j'atteste le ciel, ennemi des parjures ;

Non : si le ciel encore est touché de mes pleurs ,

Je le prie, en mourant, d'oublier mes douleurs.

Si je forme des vœux contre votre injustice,

Si , devant que mourir , la triste Bérénice

Vous veut de son trépas laisser quelque vengeur,

Je ne le chercbe, ingrat, qu'au fond de votre cœur. '

Je sais que tant d'amour n'en peut être effacée ;

Que ma douleur présente et ma bonté passée ,

Mon sang qu'en ce palais je veux même verser,

Sont autant d'ennemis que je vais vous laisser ;

Et , sans me repentir de ma persévérance ,

Je me remets sur eux de toute ma vengeance.

Adieu. *

' Je ne le cherche, ingrat, quau fond de votre c<eur.

Cette tirade de Bérénice est éloquente sans être injurieuse à Titus: nous admirons toujours la modération avec laquelle elle fait parler son désespoir. L. B.

* Adieu.

« Peut-être cette scène pouvait-elle être plus vive et porter » dans les cœurs plus de trouble et d'attendrissement; peut-

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