‹ AndromaqueChapitre 166 sur 176 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ANTIOCHUS, ARSACE

ARSACE

Ah! quel heureux destin en ces lieux vous renvoie, Seigneur?

ANTIOCHU s.

Si mon retour t'apporte quelque joie ,

Ah\ quel heureux destin en ces lieux vous renvoie.,,

Louis Racine demande ce qu'est devenu Antiochus , à qui Titus avait dit : Voyez la reine, et pourquoi Arsace est mieux instruit que lui , de ce qui vient de se passer chez Be'rénice. On peut re'pondre ce qu'il est fort naturel de supposer, qu' Antiochus, persuadé par les dernières paroles de Titus , qu'il ne reverra Bérénice que pour se réconciher avec elle , n'a pas voulu d'abord être témoin de leur raccommodement, et qu'ensuite

3o8 BÉRÉNICE,

Arsace , rends-en grâce à mon seul désespoir.

ARSACE

La reine part , seigneur.

ANTIOCHUS

Elle part?

ARSACE

Dès ce soir.

Ses ordres sont donnés. Elle s'est offensée Que Titus à ses pleurs Fait si long-tems laissée. Un généreux dépit succède à sa fureur.

Bérénice renonce à Rome , à l'empereur , Et même veut partir avant que Rome instruite , Puisse voir son désordre et jouir de sa fuite. Elle écrit à César.

ANTIOCHUS

O ciel î qui l'aurait cru ?

Et Titus?

A ses yeux Titus n'a point paru.

Pinquiétude naturelle aux amans malheureux Ta ramené vers Tappartement de la reine. C'est ce que semblent dire ces vers sur son retour :

Rends-en grâce à mon seul de'sespoir.

Le spectateur, entièrement occupe' ici de Titus et de Be'rrnîce , l'est si peu d'Antiochus, que je ne pense pas que Fauteur fut obligé de rendre un compte plus détaillé des motifs de son absence.

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