SCÈNE IV
ANTIOCHUS, ARSACE
AISTIOCHUS.
Hé bien ! voilà l'espoir que tu m'avais rendu î
Et tu vois le triomphe ou j'étais attendu î
Bérénice partait justement irritée !
Pour ne la plus revoir Titus l'avait quittée!
Qu'ai-je donc fait , grands dieux ! quel cours infortuné
A ma funeste vie avlez-vous destiné ?
Tous mes momens ne sont qu'un éternel passage
De la crainte à l'espoir, de l'espoir à la rage.
* De r espoir à la rage.
Celte expression n'est-elîe pas trop forte dans labouche d'An* tiochus? Il y a dans son rôle , de la douleur et du de'pit ; mais il n'y a et il ne devait y avoir de rage d'aucune espèce. Je m'e'tonne que Racine ait laisse' e'chapper ce mot , le seul qui sorte de l'unité de ton , qui est une règle de convenance aussi essentielle pour le bon goût , que l'unité' d'objet , et qui n'est connue que des maîtres , et sentie que des connaisseurs.
Voltaire a imité ainsi ces deux vers dans Adélaïde , où ils sont mieux placés :
Lâche, consume-les ( tes jours ) dans l'éternel passage Du dépit au respect, et des pleurs a la rage.