BRITANNICUS, BURRHUS
Cësar pour quelque tems s'est soustrait à nos yeux. Déjà, par une porte au public moins connue, L'un et l'autre consul vous ay aient prévenue , Madame. Mais souffrez que je retourne exprès
AGRIPPINE
Non , je ne trouble point ses augustes secrets. Cependant voulez- vous qu'avec moins de contrainte L'un et l'autre une fois nous nous parlions sans feinte ?
BURRHUS
Burrhus pour le mensonge eut toujours trop d'horreur.*
AGRIPPINE
Prétendez-vous longtems me cacher l'empereur? Ne le verrai- je plus qu'à titre d'importune ? Ai-je donc élevé si haut votre fortune , Pour mettre une barrière entre mon fils et moi ? Ne l'osez-vous laisser un moment sur sa foi? Entre Sénèque et vous , disputez-vous la gloire ''^'^
* Burrhus pour le mensonge eut toujours trop horreur.
Si la phrase était absolue, l'expression ne serait pas juste; car on ne peut jamais avoir trop horreur pour le mensonge. La phrase est elliptique, et l'ellipse se rapporte à ce qui pr<?cède : Voulez-vous que nous parlions sans feinte ? — Je hais trop le mensonge pour rien feindre.
Entre Se ne que et vous , disputez-vous la gloire A qui m ^effacera plutôt de sa mémoire ? Cette conslniclion est remarquable. La grammaire deman-