‹ AndromaqueChapitre 24 sur 176 · ÂGRIPPINE, BRITANNICUS, NARCISSE, ALBINE · texte numérisé non relu

ÂGRIPPINE, BRITANNICUS, NARCISSE, ALBINE

AGRLPPIÎSE.

Ah ! prince , où courez-vous ? Quelle ardeur inquiète Parmi vos ennemis en aveugle vous jette? Que venez-vous chercher ?

« Lorsque Néron lui-même annonce sa ruine. » L. B. ^

* L'auteur a très-bien fait de substituer ma ruine, Néron luimême annonce sa ruine formait un contre-sens , parce que sa se rapportait nécessairement par la consti uction , au dernier nominatif.

BRITAISNICUS.

Ce que je cherche? Ah î dieux!

Tout ce que j'ai perdu , madame , est en ces lieux. De mille affreux soldats Junie environnée S'est vue en ce palais indignement traînée. Hélas ! de quelle horreur ses timides esprits A ce nouveau spectacle auront été surpris ! Enfin on me l'enlève. Une loi trop sévère Va séparer deux cœurs qu'assemblait leur misère : Sans doute on ne veut pas que , mêlant nos douleurs , Nous nous aidions l'un l'autre à porter nos malheurs.

AGRIPPINE

Il suffit. Comme vous je ressens vos injures ; * Mes plaintes ont déjà précédé vos murmures ; Mais je ne prétends pas qu'un impuissant courroux

* Il suffit. Comme vous je ressens vos injures.

Injure est ici dans le seHS de tort fait on reçu, d!* outrage en action , e.t alors mon injure , son injure , ton injure , etc. ne s'entendent jamais que passivement , pour V injure que I^on m''a faite , quon lui a faite, quon t*a faite : c'est Vinjuria des Latins qui n'a pas d'autre acception chez eux , que celle ^injustice , de violation de droits ( du mot jus , juris ). Dans notre langue il signifie ?iuss\ paroles offensantes , et alors il ne se prend jamais qu'activement avec le pronom :

Souffrirai-je à la fois ta gloire et tes injures !

Iphigénie.

Ici injures veut dire les injures que fu m'as dites.

'ACTE I, SCÈNE III. Sg

Dégage ma parole et m'acquitte envers vous*

Je ne m'explique point. Si vous voulez m'entendre ,

Suivez-moi chez Pallas où je vais vous attendre.

* Siii'çez- moi chez Pallas oit je vais vous attendre.

Comme ces mots chez Pallas e'qui valent à la maison de Pallas, Ja particule de lieu ou ne serait point ici re'pre'hensible , même en prose ; au lieu qu'il y a une ve'ritabîe faute dans ces vers, où rien ne rappelle Tide'e de lieu :

Le ve'ritabîe Amphitrion Est l'Amphitrion oîi Ton dîne.

Mais ces vers , qui sont devenus ime espèce de proverbe , sont d'une tournure si naturelle , qu'elle semble indispensable, et c'est ici que l'impossibilité de dire aussi bien ce qu'il fallait dire , fait disparaître la faute , ou plutôt fait de la faute un me'rite.

Pallas avait été' un des amans d'Agrippine : cette femme , pour qui les passions et les cbarmes de son sexe n'étaient qu'un moyen de domination , s'était abandonnée à cet affranchi, l'un de ceux qui gouvernaient Claude. Si Racine ne l'a pas fait paraître dans sa pièce , ce n'est pas , comme dit le commentateur, que ce personnage eut rendu Agrippine méprisable ; c'est que , n'ayant plus de crédit, if ne pouvait être qu'un intrigant subalterne, et un simple agent de la politique d'Agrippine. C'était assez d'un affranchi dans cette pièce, et celui-ci, écouté et employé par Néron , travaille pour lui-même , et peut retrouver près de Néron , le pouvoir qu'il avait près de Claude. Les convenances sont observées.

6o BRITANNICUS,

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