‹ AndromaqueChapitre 47 sur 176 · SCÈNE VIL NÉRON, JUNIE, NARCISSE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL NÉRON, JUNIE, NARCISSE

NÉROISI.

Madame...

JUNIE

Non, seigneur, je ne puis rien entendre.

tables poui- eux et pour le spectateur. Le poëte a gardé la mesure en tout, et Teffet de la scène en dépendait. Le rôle de Britannicus y était facile : celui de Junie excessivement délicat et hasardeux. Néron lui avait commandé au moins de la froideur, et tout ce qu'elle dit n'exprime qu'une terreur profonde. Elle est sans cesse occupée à prévenir tout ce qu'il peut y avoir de dangereux ppur le prince dans un pareil entretien :

Jamais l'empereur n'est absent de ces lieux , etc. Et quand elle ne peut plus soutenir les reproches de Britannicus , elle mef fin à cette douloureuse scène par ce vers si cruel pour lui ;

Retirez-vous, seigneur; l'empereur va venir ; mais qui n'est, aux yeux du spectateur , que le dernier terme des forces de Junie. Elle les reprend toutes dans ces mots si heureux qui commencent la scène suivante :

Non , seigneur , je ne puis rien entendre ,

qui soulagent le spectateur , ainsi qu'elle. Elle a pu se faire un grand effort pour sauver son amant ,* mais elle ne permet pas que l'oppresseur jouisse un moment de son infâme triomphe. Junie d'ailleurs ne devait éclater contre Néron qu'en le quit-^

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