‹ AndromaqueChapitre 77 sur 176 · SCÈNE ÏIL NÉRON, BURRHUS · texte numérisé non relu

SCÈNE ÏIL NÉRON, BURRHUS

BURRH us.

Que celle paix , seigneur , et ces embrassemens Vont offrir à mes yeux de spectacles cliarmans !

positaire , n'importe comment , du secret d'un droit d'aîncss'î d'où de'pend celui de re'gner , fait de'pendre Fun et F autre de la proposition qu'elle fait aux deux princes ses fiîs , d'égorger une princesse dont tous deux sont amoureux. J'avoue qu'il peut paraître plus curieux de savoir ce qui peut arriver de ces quatre personnages place's respectivement dans une situation si extraordinaire. Mais sans m'arrêter sur ce que Voltaire a établi , mieux que personne , dans ce même commentaire , que dans une tragédie tout doit être vraisemblable , et qu*^/z^ esprit raisonnable n'' admet rien qui ne le soit, j'observerai, lo. que Voltaire lui-même , indépendamment du fond des choses , reproche à Cléopâtre , et à très -juste titre , une inconséquence et une maladresse grossières dans la manière dont elle parle à ses fils de Rodogune , quoique jusques-là son discours ait eu de V artifice et de la grandeur i ce mélange de beautés et de défauts est loin dô Fétonnante perfection , toujours soutenue , dans le discours d'Agrippine , où la force de diction est égale sr la force de pensée , et où Fadresse n'est pas moins remarquable que la hau-^ leur : 20. que , quoique les objets traités dans la scène de Rodogune soient d'un ordre plus relevé , et surtout plus extraordinaire , que ceux dont il s'agit dans la scène de Britannicus , cependant il n'est nullement vrai qu'il ne soit ici question que de savoir si Agrippine aura le premier crédit] c'est une de ces

l44 BRITANNICUS,

Vous savez si jamais ma voix lui fut contraire , Si de son amitié j'ai voulu vous distraire , Et si j'ai mérité cet injuste courroux,

IS ÉROIS.

Je ne vous flatte point, je me plaignais de vous , Burrhus ; je vous ai crus tous deux d'intelligence : Mais son inimitié vous rend ma confiance. Elle se hâte trop , Burrhus , de triompher : J'embrasse mon rival , mais c'est pour l'étouffer»

l^URRIÏUS.

Quoi , seigneur î

méprises où tombe souvent le commentateur faute de connaissances ou de réflexion. Le spectateur sent très-bien que le sort de Britannîcus et de Junie , qui forme l'intérêt de la pièce , est immédiatement attaché au résultat de cette importante conversation , et îa suite de la pièce prouve cette connexion. La mort de Britannîcus est résolue par Néron , et annoncée à l'instant même où il quitte sa mère. L'objet de la scène est donc vraiment tragique , et toute autre chose qu'une froide intrigue de cour, telle que celle de NicomèdeeX ài Othon, Si la scène n'avait pas eu ce fond d'action et d'intérêt , le style même de Racine eut difficilement fait écouter une espèce de récit de plus de cent vers au commencement d'un quatrième acte , et , ce qui est plus fort, un récit d'événemens de l'avantscène , qui ne sont point nécessaires à ce qu'on appelle la fable de la pièce. Si on l'entend avec attention et avec plaisir, c'est que tout ce qui se dit tend à rendre la cause de Néron plus odieuse , et celle de Brilannicus plus intéressante : tel a été l'art dfi l'auteur , quand il a conçu cette grande scène.

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