ACTE V, SCÈNE IIL lyS
Sa facile bonté, sur son front répandue, Jusqu'aux moindres secrets est d'abord descendue. Il s'épancbait en fils qui vient en liberté Dans le sein de sa mère oublier sa fierté. Mais bientôt reprenant un visage sévère , Tel que d'un empereur qui consulte sa mère , Sa confidence auguste a mis entre mes mains Des secrets d'où dépend le destin des bumains. Fon , il le faut ici confesser à sa gloire , Son cœur n'enferme point une malice noire ; Et nos seuls ennemis, altérant sa bonté, Abusaient contre nous de sa facilité.
Mais enfin, a son tour, leur puissance décline; Rome encore une fois va connaître Agrippine. Déjà de ma faveur on adore le bruit.
Cependant en ces lieux n'attendons pas la nuit : Passons chez Octavie , et donnons- lui le reste D'un jour autant heureux que je l'ai cru funeste. * Mais qu'est-ce que j'entends? Quel tumulte confus? Que peut-on faire ?
D'un jour autant heureux que je Pai cru funeste. C'est qu'en effet ces trois femmes , lie'es pour le moment par les mêmes intérêts, pouvaient naturellement se re'unir dans une même joie.
* un jour autant heureux çue je Vai cru funeste. En prose il faudrait aussi heureux : autant à la place aussi appartient à la versification qui en a besoin.
174 ERITANNICUS,
JUNIE
O ciel, sauvez BritannîcusF