LORD BEACONSFIELD ET SIR JOHN A. MACDONALD
Voici une charmante anecdote racontée dans la « Presse », il y a vingt-cinq ans, et qui ne manquera pas d'intéresser nos lecteurs d'aujourd'hui.
Toute une sensation ces jours derniers, dans l'un des plus brillants salons de Londres. Une dame du plus grand monde avait réuni chez elle l'éhte du parti conservateur. Au coup de minuit, alors que la conversation avait atteint son plus haut degré d'animation, il se fit un silence plein de mystère. Sur le seuil de la porte venait d'apparaître Benjamin Disraeli, premier duc et comte de Beaconsfield. C'était bien sa taille, ses cheveux bouclés, sa démarche, son regard. Pendant plusieurs secondes, l'assistance resta muette, bien convaincue que l'ancien chef du parti conservateur était revenu sur la terre. Mais quand le vieux monsieur, cause de toute cette sensation, fut présenté par la dame de céans à ses plus proches voisins, on s'aperçut qu'il n'était pas un revenant, mais bien Sir John A. Macdonald, le premier ministre du Canada, dont la ressemblance avec le feu comte était des plus frappantes.
La Presse.