‹ Anecdotes canadiennesChapitre 126 sur 350 · RÉPARTIES · texte numérisé non relu

RÉPARTIES

Thomas-J.-J. Loranger était dangereux à attaquer et ses adversaires avaient soin de ne pas trop le provoquer. Voici deux anecdotes qui donnent une idée de sa force dans les réparties.

Un jour qu'il parlait à Laprairie, un individu l'interpellait, à tout instant ; il demanda à un de ses amis qui il était. On lui répondit qu'il sortait du pénitencier, et il continua son discours. L'individu l'ayant de nouveau interrompu, « messieurs les électeurs, dit-il, laissez-le parler, il serait cruel de lui refuser ce plaisir, il en a été privé pendant si longtemps ».

HOMMES POLITIQUES

Dans une grande assemblée tenue à Sainte-Rose, l'un des orateurs de la circonstance, un riche marchand de farine, l'avait attaqué un peu rudement, dans un langage peu correct, rempli de ce qu'on appelle des cuirs. Loranger ayant pris la parole après lui, dit :

« Messieurs, vous venez d'entendre M. X... C'est comme vous le savez, un riche marchand qui a fait sa fortune en vendant de la farine, mais après l'avoir entendu, vous devez être convaincus comme moi qu'il aurait fait une bien plus grande fortune dans le commerce de cuir ».

Mes contemporains. L.-O. David

L'honorable Thomas- Jean- Jacques Loranger, né en 1823, mort en 1885. Homme politique, écrivain et magistrat.

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