‹ Anecdotes & curiosités historiques sur les accouchementsChapitre 17 sur 26 · I. sage-femme on appela · texte numérisé non relu

I. sage-femme on appela

La voyant, elle >'écria :

« Princesse, que vous êtes habile

D'avoir sitôt fait une fille ! »

La mère est de bonne mais Elle est de vrai sang de Bourbon Mais nous en ignorons le \ Os étaient trop à lui faire.

Depuis la mort de son mari.

aimable duc de Berry Oh ! reguingué ! Oh ! Ion lan la !

Pour ne point éteindra

Elle épouse la populace.

La populace c'est beaucoup dire : mais, en effet, cet enfant qui ne vint pas. ils avaient dû être beaucoup à te faire, et rien n'était moins sur que d'en attribuer la paternité au Régent.

'1 Nous avon- déjà reproduit cette chanson dans nos A' à la Cour, toutefois nous la donnons ici pour quelque ! <-u-

rieu-esque nous y avons joint

78 • i RIOSITÉS HISTORIQUES

La Berry n'esl paa si sotte Dé B'en tenir à son papa,

disail une autre chanson (1). Défait, Salyaire, la Haye, honorableîii. Mil surnommé M. Tout-Prêt, Bonnivet, la Rochefoucauld, d'Aidie* de Pens, Grontant, enfin Riom, le plus aimé de tous, Riom qu'elle aurail épousé (2), sans l'opposition du Régent auraient pu en dire qnelque chose.

Et, ajoute La Chronique scandaleuse, comme les gardes de la duel de Berry étaient des jeunes gens dispos et bien faits, elle s'en servaij aussi pour se faire garder la nuit.

Cette malheureuse nymphomane était en même temps alcoolique. De l'aveu de la Palatine, elle buvait énormément d'eau-de-vie, tour bail malade, se remettait à boire, puis survenait une rechute, l'u pareil régime ne «levait pas tarder à l'emporter. On peut, sur sa mort consulter les Mémoires de Saint-Simon. Comme il est entre toutes les mains, nous préférons citer un passage de l'Histoire philosophique du règne de Louis XFparM. de Tocqueville :

Une grossesse survient. Les veilles et les excès ne pouvoient en rendre le terme heureux. A peine accouchée (3), la princesse lombe dangereusement malade: le curé de Saint-Sulpice accourt, mais elle venoit, lui diton, de se confesser à un cordelier, et il ne reste plus qu'à lui apporte!

(1) Un Noël disait encore :

< rrosse à pleine ceinture, La féconde Berry Dit d'une humble posture Et le cœur bien marri :

Seigneur, je n'aurai plus d'humeur aussi gaillarde; Je ne veux que Riom, don, don, Quelquefois mon papa, la. la.

Par-ci, par-là, mes gardes.

(2) D'après Les Mémoires de Saint-Simon et la Cowespondance de la Palatine, elle se serait unie, par un mariage secret, avec ce cadel de < Gascogne, neveu de Lauzun, comme Lauzun s'était, dit-on. uni à Mlle de Montpensier. On avait, parait-il, chez ces gens du midi un philtre pour ensorceler les filles de sang royal. Au reste Riom traita la Berry en maître, comme Lan/un avait traité la Montpensier.

(3) D'un enfant mort. Y. le Noël cité à la note de la page 78.

SUR LES DEMBNTS

sacrements. Le curé exige, comme condition indispensable, l'éloignement de Riom et de Mm« de Monchy, seconde dame d'atour de la princesse, confidente et complice L). En apprenant l'exigence

du curé, la duchesse se met en fureur, et crie qu'on jette ces cafards à la porte. Le régent tâche de l'apaiser et de vain a dution du cui

refus des sacrements en traînoit le refus delà sépulture. et le régent craignoit un pareil scandai.1. 11 fait appeler hj cardinal de Noailles, archevêque de Paris, espérant de lui plus de condescendance : mais le prélat approuve hautement la conduite du curé. La princesse guérit, 1 ntéavoit

reçu une atteinte irréparable, et elle mourut quelques mois a]

11 n'y avait aucun bien à dire de la pauvre duc] d consé-

quence, on ne lui fit pas d'oraison funèbre.

Une reconnaissance différée. — Le Régent reconnaissait volontiers ses enfant- naturels. Il se montra toutefois récalcitrant lors d'une grossessede \fmeParabère,qu il savait fort bien être au mieux avec Noce, un de ses rox N - dans la Chronique scan-

En ce temps. Mm«de Parabère étant grosse, insistoit auprès du Régent pour qu'il reconnut son enfant, ainsi qu'il avoit reconnu ceux de M,,e de Séry. Le Régent, étant à souper avec Noce et plusieurs autres, dit tout haut dans cette circonstance: i Madame de Parabère m'importune pour que je reconnaisse son enfant: mais je veux voir auparavant s'i blera à Xocé ou à moi. S'il lui ressemble, ce sera à lui d'en prendre soin :

(1) Cette Mouchyqui, d'après Saint-Simon, « fut une étrange poulette ». est nettement accusée parla Palatine d'avoir été eau-'- de la mort de sa belle-fille:

« Elle l'a tuée comme si elle lui avait enfoncé un couteau danla duchesse était consumée de fièvre lente ; sa favorite lui apportait danla nuit à manger tout- des fricassées, des petits pâtés, lelons, delà salade, du lait, des prunes, des figues; elle lui donnait à boire de la bière à la gla Lant quatorze jour», elle n'a voulut venir aucun médecin; aussi la toujours loublant, et la malade n'a pu y résis ainsi que son mari. Je crois qu la duchesse les auraient la]

rut 1 21 juin 1/1 * l'un peu plus

de vingt-quatre ans.

80 CURIOSITÉS MSTORIQ1 I-

-il a de mon air, nous verrons ce que je ferai, i Noce, d'un air sérieux répondil que sûrement Monseigneur le Régent vouloit plaisanter et n croyoif pas un mot de ce qu'il venoit de dire de lui et de Mme de Parabére « Si vous le pensiez, ajouta-t-il au prince, je ne crois pas que vous nou honorassiez de vos bontés; nous en serions indignes, et moi plus qu toul autre, étant comblé de vos bienfaits. » Le Régent, après quelque Légères railleries, changea de conversation et resta probablement dan son opinion qui étoit celle de tout le monde. »

Le bon apôtre que mons de Noce !

Une galante épigramme. — On prétendait que Mme Dubarry était fille d'un certain abbé Gomar, ci-devant Picpus (1). Or dans une conversation, Mme Dubarry attaquait les moines, le duc de (ihoiseulles déTendait. Le ministre, plein d'esprit et de finesse, mettait en avant tous les genres d'utilité de cet état et se laissait battre successivement sur tous les points ; enfin, comme poussé à bout : « Vous conviendrez au moins, Madame, qu'ils savent faire de beaux enfants. » L'épigramme fut sentiepar Mme Dubarry, mais ne déplut pas à la faveur du galant correctif qui la faisait passer.

Naissance de Louis Joseph Bourbon-Condé (2). — Le commissaire Dubuisson, dans une de ses Lettres au marquis de Caui mont (3), G septembre, instruit son correspondant de quelques particularités roneernant la naissance de Louis-Joseph de BourbonJ prince deGondé, iils de ce Monsieur te /hic qui précéda Fleury au ministère, etde Caroline de Hesse-Rheinfels.

Le travail de Mm" la duchesse a été long, difficile i t dangereux; à la lin pourtanl cela s'est terminé heureusement... La naissance du nouveau prince de Bourbon < Jondé a été une occasion de réjouissances, qui durent encore.pourla maison et les gens qui y sont attachés, par amitié ou parinté-î rêt.Les Comédiens français s'en sont mêlés,et Dieu suit les compliments, leç

1 Religieux du tiers-ordre de Saint-François

2 Né le 9 août 1736.

(S Publiées par M. Rouxel.

illuminations et les fusées ! L'hôtel a été plus de huit jours sans désemplir de curieux qui allaient voir ce petit bambin ; vous eussiez «lit d'une foire. D'où provenait cette joie excessive? La duchesse est aimée et l'on était affamé de fêtes, voilà tout ce que j'en sais. Peut-étresila Reine nous eût donné un duc d'Anjou à son dernier accouchemenl (1), on se sérail épuisé en plaisirs et Ton aurait vu avec indifférence la naissance du prince de Bourbon-Condé. Quoiqu'il en soit, M, le duc a paru content, --t sa famille a partagé sa satisfaction. Il en faut excepter cependant M. de Charolais qui s*est livré à desdoutes 8ur la légitimité du nouveau-n qui a-accrédité, par là, ceux d'un tas de nouvellistes oisifs qui seinblenl n'exister que pour médire. Ces gens ont fait courrirdes épigrammes et des chansons. Ils y soutiennent que M. 1<' Duc est blasé, mais faut-il donc tant de force pour faire un enfant ? A l'âge de M. le Duc (2), quelque épuisé qu'on soit, il est encore des jours de barbe.

La naissance du petit prince devait coûter la vie à sa mère. Bientôt (3) Dubuisson annonce au marquis de Caumont que l'accouchement, qui semblait devoir être heureux, se terminait par« unépanchementde lait ». pour le quel on craignait d'être obligé de lui faire de douloureuses opérations. Et le commissaire se fait l'écho de la rumeur publique qui « attribue le malheur aux médecins. » Les praticiens étaient-ils vraiment si coupables? Sans aucun doute la duchesse de Bourbon est morte d'une fièvre puerpuérale et non d'un vulgaire abcès du sein qui fut ouvert dans la suite.

Saignées funestes. — Dans une autre lettre, en date du 26 septembre 1780, le même commissaire Dubuisson s'étend assez longuement sur la mort d'une fille du Régent, Louise-Diane d'Orléans, épouse de Louis, François de Bourbon, prince de Conti. Ce passage nous renseigne sur une des manies médicales qui firent autrefois le plus de victimes.

La jeune princesse de Conti est morte vers les onze heures du soir, après 36 heures de maladie. Cette princesse étail d'environ qua-

tre mois ; quelque accident que j'ignore lui a causé une fausse cotîche...

(1 Allusion à la naissance de la })ii. phie, Qéeenl734. Un pre-

mier duc d'Anjou né en 1780 était mort en 1733.

(2) Quarante-quatre ans.

(3) ïo septembre

T. Iî. ,;

K2 Cl RIOSl l BS JiKïnWyl Er

Selon le bruit publiera petite vérole el Le pourpre se sont mêlés de la maladie de la princesse de I Jonti : tuais, selon M. Finot, son médecin, de la bouche de qui je tiens ce queje vais vous dire, rien de plus faux que ce bruit. Voici son récit, Mmfl la princesse de Conti, grosse de plus de quatre mois, ayanl senti quelques douleurs d<' reins à la promenade, el '•••s douleurs continuant, eileenvoya chercher .M. Pérard, son accoucheur, à Versailles; il vint el lit saigner la princesse quatre foissans l'accoucher, quoiqu'elle eut besoin de cette opération, les saignées tirent remonter(?) l'enfant . le mal parul plus sérieux et alors on vint à Paris chercher M. Finot. Les circonstances effrayèrent celui-ci, il gronda M. Pérard et demanda le secours de MM. Dumoulin et Silva avant de rien ordonner. Ces Messieurs arrivés, le résultat de leur consultation fut une saignée au pied pour faire tomber (?) l'enfant, on la fit, elle réussit et la princesse fut accouchée, mais le délivre ne venant point, l'enfant resta dans ses jambes et y mourut. On s'aperçut que la gangrène (?) survenait, on saigna (!), on resaigna (!!). c'étail le seul remède praticable: mais il fut inutile, la princesse, épuisée, expira. Tel es! le récit de M. Finot que M. Pérard combat. en disant que la gangrène, que les médecins ne datent que d'après l'accouchement, était antérieure (?). Qui croire entre eux ? Au reste, M. Finot dit que la princesse de Conti était le plus beau corps de femme qu'il eût jamais vu. Elle sera enterrée demain à Saint André des Arcs.

Ici, nous ne défendrons plus les médecins. Finot avec Pérard, Dumoulin avec Silva, nous semblent avoir été des monstres d'ânerie et de barbarie. La vérité est que la malheureuse princesse à succombé, comme tant d'autres en ce temps de délire delà lancette, à la douzaine de saignées inutiles qui furent pratiquées par ses quatres bourreaux, à ces saignées extraordinaires qui tantôt font remonter, tantôt font tomber le fœtus. Et ces quatre diafoirus qui, soudain, s'apperçoivent que la gangrène survient, laquelle ne s'observe qu'à La suite d'accouchements à terme, quand le travail a été long ou a nécessité des manœuvres laborieuses! Etait-ce le cas? Ils n'avaient qu'à laisser faire la nature : le fœtus était expulsé el le déljvre suivait quelques heures, peut-être quelquesjours après. La putréfaction du délivre retenu, ou une fièvre puerpuérale auraient pu mettre la princesse en danger; mais jamais ces accidents ne se produisent dans les trente six premières heures.

Sur la naissance des princesses. — Nous savons que hi naissance d'une fille est généralement moins bien accueillie que celle d'un garçon (1). Est-ce à une mauvaise humeur causée par l'obstination de Marie-Leczinska à mettre au monde surtout des fille qu'il faut attribuer ce mot de Louis XV, rapporté dans les Mémoires du marquis d'Argenson^ à La date de juillet 1737.

Quand on est venu annoncer au roi la nouvelle tille 3), an lien dn duc d'Anjou qu'il attendoit, on lui a demandé si on l'appeleroil Madame Septième : il a répondu :

— Madame Dernière.

D'où l'on conclut que la pauvre reine va être bientôt délaissée.

En effet, ajoute d'Argenson, pou après ses couches. « La reine lit tourner son lit à Fontainebleau do manière à n'y l'aire qu'une seule ruelle: ce que tout le monde a remarque comme un divorce d'ostentation. » Il paraîtrait d'ailleurs, suivant les mêmes Mémoires, que Marie Leozinska aurait fait tout ce qui fallait pour obtenir ce résultat.

Lorsque la reine vint à la cour de France, elle crut remarquer qu'il •tait de bon air de faire peu de cas de^ empressements de son époux

*tdes plaisirs du mariage. Elle prétendit suivre cette mode et taire la dégoûtée. Eli*1 disait : • Eh quoi! toujons coucher., toujours grosse <'t toujours accouchée! » En conséquence, elle faisait faire de longs jeûnes au roi, sous prétexte de sa santé. Elle semblait dédaigner ce qu'elle pleure amèrement aujoud'hui.

Quoiqu'il en soit, Collé nous semble assez sage sur la question :

Le 20 août 1750. Madame la Dauphine, Marie-Josephe de Saxe, accoucha d'une Princesse, ce qui jeta la Cour dans un.' consternation pareille à celle que causerait une bataille perdue, qui mettroil L'ennemi, aux portes 'h' Paris. Le peuple de valets qui habite Versailles, et il y en a ici beaucoup, a peur apparemment de manquer de maîtres. Les Roisel les Grands doivent nous Atre aussi indifférents que nous le leur sommes : sans leur

(l) V. Proverbes et dictons des Accouchements dans la littératur

(2)Elle en mit huit.

(3 Louise Marie de France.

('n V. note il) de la page SI.

M c.rmnsnï;s distortoues

Bouhaiter ni bien ni mal, aimons-les autant qu'ils nous aiment, rien n'esl ]Au< équitable, b1 ne Bera moins gênant.

N faul dire que la mauvaise humeur de Collé contre les grands, tient peut-être au refus du duc de Chartres d'apostiller son placet pour entrer dans les sous-fermes.

Sur la naissance du duc de Bougogne 1 17.72). - Bonne nouvelle que je viens de recevoir, écril le marquis d'Argenson dan- -es Mémoires; madame la Dauphine vient d'à ucher d'un dur de Bourgogne

la nuit dernière, 13 septembre, à trois heures moins un quart. Madame la Dauphine est accouchée en cinq minutes. Il n'y avait de présenl que M. le Dauphin, l'accoucheur et M. Dufour. On a appelé toul ce qui se trouvait de gardes (ils étaient en chemises) et un porteur de chaise; ils ont signé au procès verbal. Cependant l'authenticité d'une naissance aussi importante eut exigé d'autres témoins- la faute en est à ceux qui devaient se tenir à portée.

11 n'y eut pas que les chansons populaires pour célébrer la naissance du prince. Le second volume du Mercure de janvier 1752 n'est composé que d'effusions pseudo-poétiques à ce sujet. De médiocres morceaux, si Ton en croit le critique Clément.

On vous a dit vrai. Monsieur, écrit-il dans ses Cinq années littéraires, (1) quand on vous a dit que M. le duc de Bourgogne avait été bien fêté et mal chanté... J'excepte deux strophes de M. Roy ci) dussé-je me brouiller avec M. de Voltaire; il est vrai que la poésie du style n'y répond pas toul a l'ait à celle des idées, mais qu'elle immense persiflage 3), grands dieux! quel débordement de non sensé (4) et que d'ennui dans cette ode

ih Lettre XCIII. L'ouvrage de Clément parut d'abord par feuilles séparées Bousle titre de Nouvelles littéraires de France (1749-54). L'auteur, qui écrivait avec un certain agrément, ne méritait pas les injures ;'• lui adressées par Voltaire et par Grimm.

(2) L683-1764. Epigrammatiste assez mordant fort médiocre dans Le

(3) A ici le sens d'amas fatigant de paroles sans l'idée de raillerie.

(4) Sic.

SLR LES ACCOUCHEMENTS 85

de M. d'Arnaud (1) ! Devin l ce qu'il souhaite au petit-fils pour faire sa cour à l'ayeul :

Qu'il soit digne du trône et n'y monte jamais.

Le compliment vous parait tort : il a sans «i<»ute para tel au poète, et je suis sur qu'il s'est plus applaudi de cette énorme saillie que de tout 1m

reste de :

Ces vœux qu'un Dieu lui-même a sçu lui révéler.

Je me s< s propres termes qu'il m'est bien plus aisé de vous

redire que sa pensée. Quoiqu'il en suit, je le lui pardonne à cause de la pureté de l'intention Mt pourvu qu'il me pardonne à son tour si. dans vingt- trois chapitres relations, j'en ai pu trouver autant de

bonne verve que dans ces trois (2) vers de M. Pavautde Jaussel 3) :

Lucine donne enfin un prince à la Bourgogne. Prépare ses pressoirs, t'ait mûrir son raisin. Enwre tour à tour la France et la Pologv

Chansons et poésies sur les naissances. — Dans nos Accouchements à la cour, nous avons cité quelques passages des chansons publiées par le recueil Clairambault-Maurepas. Nous donnerons ici. à titre de documents, ces pièces en entier, en y joignant plusieurs autres morceaux inspirés par Les mêmes circonstances- Tout cela n'a pas grande valeur littéraire ; mais il peut être curieux de trouver le texte complet de tontes ces éluenbrations.

(1) Baculard d'Arnaud 1 . auteur fort médiocre, n'est guère

connu aujourd'hui que par l'épitre ou il célèbre le c. 1 de sa Manon. Le texte dit quatre.

(4> Allusion a Marie Leczinka.

Le Mercure de France contient une grande quantité de sonnets. odes, idilles. devises, relatives aux naissances des prince - prin-

- de sang royal, mais au. -un.' de ces pièces dm vaut la peine crôtre reproduite.

Sli il RIOSITBS m- I ORIQUE

La naissance du duc d'Anjou (1)

Je veux à mon maître Boire comme un trou, Il vient de nous naître Un beau duc (l'Anjou.

Vertubleu ! quel homme, quel homme, quel homme! Vertubleu ! quel homme que notre bon roi !

De cinq enfants (2) père, Agé de vingt ans !

L'aventure est fière :

Buvons mes enfants !

S'il était grand père Dans dix ans d'ici, La plaisante affaire, Le vieillard joli !

Ma foi nos provinces.

S'il va de ce pas,

A tant de beaux princes

Ne suffiront pas.

Cherchons-leur des titres :

Versez-moi du vin ; Ouvrons les registres.

Du Dieu du raisin. •

Champagne et Bourgogne S'offrent à mes yeux :

11 est en Gascogne Du jus précieux.

A pour notre sire Quel consentement, De se reproduire Si facilement.

(1) Fils de Louis XV el de Marie Leczinska né le 5 août 1730, mort en L733.

(2) Louise-Elisabeth el Anne-Henriette, sœurs jumelles, Louise-Marie, le Dauphin et Le duc d'Anjou.

SI R LKS ACCOUCHEMEN l - NT

Remplissez mon verre Portons, par nos chants, Au bout de la terre Ses heureux talents.

Cher Bacchus, arrange Tes bienfaits pour nouSj Règle la vendange, Sur des dons si doux.

Pour tant de naisàanci Vois ce qu'il nous faut, Dans tes ordonnai!'-» is Songe qu'il fait chaud.

Que pour notre reine..

Des dieux bienfaisants, Notre amour obtienne S'il se peut cent ans.

Mon Dieu ! qu'elle est bonne î Vidons nos flacons; Les biens qu'elle donne Suivent nos moissons.

Vertubleu ! quel homme, quel homme, quel homme Vertubleu î quel homme que notre bon roi î

La naissance du Dauphin J

Le ciel nous favorise enfin Nous venons d'avoir un Dauphin, Buvons du vin au lieu de bière.

.1) Louis, né à Versailles en 1729, mort à Fontainebleau pn 1765, fils de Louis XV et de Marie Leczinska, père du ducde Bourgogne, mort pn 1771, de Louis XVI. de Louis XVIII et de Charles X.

Grand événement dans notre Etat ! Dimanche. &<de ce mois (septembre), entre trois nt quatre heures du matin, la reine est accouchée d'un Dauphin. Aussitôt courrier à la ville et à M. le premier président et le

ss i i RIOSITES HISTORIQUES

\)i- qo8 cœurs chassons le chagrin, Xous chanterons soir et matin, Bénissons Dien de cette affaire.

Que chacun donc se mette en train Et versons des tonneaux de vin, Quoique d'argent nous n'ayons guère.

Le Dauphin nous le rendra bien,

( !ar il en aura le moyen,

Ou ce sera monsieur son père.

Avant que d'être au monde mis, Toute chose montait de prix, Même jusqu'à la lumière.

.Mais à présent tout va changer:

Xous avons tout lieu d'espérer Sous un aussi beau ministère.

L'on nous va rendre notre bien, Ainsi le prétend le Dauphin, Qui s'est fait fort de cette affaire .

Car il est déjà généreux

Et chacun sera très heureux

Dès qu'il saura marcher par terre.

Que de gens vont être contents.

Que de femmes feront d'enfants.

Que de filles s'en feront faire!

tocsin du J 'niais et de la ville ont été entendus. A midi, il y avait déjà une ordonnance de M. M. les prévôts des marchands et échevins affichée pour faire des feux de joie et illuminations aux maisons pendant trois jours, comme aussi de fermer les boutiques. 11 y a eu feu de fagots à l'Hôtel de ville avec illuminations, ainsi que toutes les rues de la ville.

« Le Lundi, le Parlement, qui a la police supérieure, à rendu arrêt pour «lire que les boutiques seraient ouvertes jusqu'à midi et que les feux ri illuminations continueraient encore le mercredi quatrième jour, et le lieutenanl de police a rendu ensuite son ordonnance en conséquence de l'arrêt. ■ Journal de Barbier).

ÎCR LtS ACCOLCllBMEfl i 89

Et les paniers <ii plus qnejam:

■nt utiles désormais:

Ah ! quel gain pour chaque ouvrière

Buvons à ce charmant enfant Qui sera quelque joui A.

Buvons à madame sa mère.

Que Dieu lui donnp d'heureux, jours Et que rien n'en trouble le cours, Mais, vive son aimable pé>

Autre chanson sur le même sujet

Ah ! que j'aime le Dauphin.

Son nom rime assez au vin :

Nous en faut-il davantage Pour lui rendre notre hommage ?

Lampons, camarades, lampons.

11 est du sang de Bourbon.

Donnez-moi donc du bon.

J'en tire la conséquence.

Qui me parait d'importance.

ptembre il a paru.

Le moi- du bois tordu :

Il portera bonne chance Au vignoble de la France.

Hérault à fait imprimer Qu'il fallait boire et manger Suivons donc son ordonnance.

Ces! pour le bien de la France.

1 1 Voir la Mode et le* hements à la tin dp oe volume.

— Les maisons des èchevins étaient illuminées en lampions et avec de< lustres tous Ips jours, et deux tonneaux de vin chaque soir h leur porte., des cervelats et dp< petits p;àns. [Journal de Barbien.

III VA KIOSITES UISTORIQl ES

Le roi. sans faire d'édit, .

Vient lui-même dans Paris d .

Nous montrer par sa présence Qu'il faut boire à toute outrance.

Quand au monde vint Bacchus, On ne but pas tant de jus Qu'on en boit pour la naissance De notre Dauphin do France.

Lampons, camarades, lampons.

Le lys de Versailles (2)

Au château de Versailles.

Un beau lys il y a, Quelque part où l'on aille, Rien ne vaut ce lys là.

Ah ! qu'il est bien planté, O gué, ma commère, Gué, gué, gué, ô gué !

Nuit et jour on le garde Et l'on veille alentour.

Sitôt qu'on le regarde On est blessé d'amour.

Heureux qui peut, ma chères L'avoir à son côté.

De ce lys tant aimable, Un nouveau rejeton D'une odeur agréable Remplit tout ce canton.

Dès qu'on a su l'affaire, Tout le monde a chanté.

(1). — Le mercredi, le roi vint de Versailles à Paris, sur les cinqheures el demie pour assister à un Te I >eum qui s'est chanté en musique...

Après le Te Deum, le roi alla à l'Hôtel de ville avec tout».' su coin-. Il y fut reçu parle gouverneur de Paris, Le prévôt des marchands et échevins. On tira un feu d'artifice magnifique. Après le feu il veut un grand souper. {Journal de Barbier).

'.' ( lantate chantée à r< >péra-( lomique sur la naissancedu Dauphinl781.

►UR LLS ACCOUCHEMENTS Hl

Pour parler sans mystère, C'est un Dauphin charmant Dont le ciel vient de fahv A la France un présent.

D'un don si salutaire, Je lui savons bon gré.

On a raison de dire De cet enfant chéri.

Que le roi, notre sire, L'a moulé d'après lui :

Car l'enfant de Cythère X'est pas si bien tourné.

Tout chacun le révère, Et quoiqu'il soit petit, N'y a que monsieur son père Qui soit plus grand que lui.

Sa santé nous est chère, Que son nom soit chanté.

Mettons tous des couronnes.

Chantons des airs joyeux.

Vidons toutes nos tonnes Pour en faire des feux.

Faisons la fête entière Et qu'il soit bien trinqué.

O gué, ma commère, Gué, gué, gué, o gué!

Dialogue paysan sur la naissance du Dauphin.

Ah! Colin, que je sui^ De te rencontrer ici î Mathurin et le gros Biaise Veniont d'arriver aussi.

Paris est pis qu'une foire :

L'on y rit de bout pn bout :

Chacun se fait unp gloire D'y bouter le feu partout.

92 Cl RIOSITKS USTORIQI ES

I >ame ! aussi quel avantage Pour tout le peuple français!

Nous avons en droit lignage Un fils déplus décent rois.

C'est le Dauphin dont je parle.

Vraiment, l'on dit qu'il est beau.

Gentil, plus net qu'une parle, Doux et droit comme un rosiau

Voyez donc le belle oracle !

Quel conte nous fait-il là ?

Prends-tu ça pour un miracle, Avec le père qu'il a ?

Trouverais-tu sur la terre Un si biau prince, un mortel Aussi bien fait pour la guerre, Et d'un meilleur naturel ?

Tatigué ! comme il jargonne:

De la reine qu'en dis tu ?

Je dis qu'elle est franche et bonne,

Un vrai tableau de vertu ;

Et que de tels père et mère,

Il ne saurait provenir

Que des enfants dont, compère.

On aura bian du plaisir.

Et voyant les trois princesses.

Ça se devine en deux mots :

Ce ne sont que gentillesses.

Et de biaux petits propos.

Je gagerais bian, acoute, Qu'elles pâment dans le cœur D'avoir sans qu'il leur en coûte, Pour frère un si grand seigneur.

Dans le château de Versailles:

On ne s'entend pas, ma foi:

Tout le monde est en guoguailles.

A commencer par le roi; Les dames pleuriont de joie, M;iis rien ne parall égal A la gaité que «l»'ploie Le ministre cardinal,

- Sont mille gens qui tracassent, Et des nourrices par tas ; Des cuisiniers qui fricassent ; Ah ! quel terrible embarras !

J'ignore où tout ça se boute, Mais en retour je conçois Que pour leur tremper la croûte Il faut bien avoir de quoi !

Je t'accoute et tu raisonnes ; Ah ! que je sommes nigaud !

Approchons nous de ces tonnes, Le vin en tombe par sciaux.

Si j'attrapons par fortune Quelques sapes de gourdin, Je boirons, et sans rancune, A la santé du Dauphin.

Quel bruit ! que de pétarades !

Qu'on sent la poudre à canon !

Chacun donne des aubades ; Le pavé n'est que charbon ; Entends-tu les tournebroches ?

Pargué ! ça va d'un grand train.

Ah ! qu'on cassera de cloches Si Dieu n'y boute la main !

Palsangué ! comme on nous pousse.

Il ont grillé mon chapiau.

La rencontre n'est pas douce ; Prên garde à ce serpentiau.

Quoiqu'habitants de village, Morgue, j'avons le cœur bon ; Çà crions avec courage Yive le sang de Bourbon !

La joie de Paris à la naissance du dauphin.

Du prince qui nous est donné, Célébrons la naissance; D'un siècle pour nous fortuné.

Quel présage à la France !

ÎM 'i RIOSITKS QISTORIQUES

Elevons nos cœurs et nos voix An ciel qui nous dirige ; Il éternise de nos rois Et La gloire et la tige.

Taris quand jusque dans ton sein Ton roi se communique.

Et partage du citoyen L'allégresse publique, Quelle est ta fortune en ce jour î Peuple heureux considère Que, dans son empire, l'amour Le rend doublement père.

En sa présence tous les cœurs, Dans un nouveau lui-même, Disent mieux que vous, doctes sœurs Comment il faut qu'on l'aime.

Leur joie éclate en doux transports Aux yeux de qui l'inspire ; Et l'emporte sur vos accords.

Et les noms de la lyre.

Louis y lit dans tous les yeux Qu'un Dauphin vient de naître.

France va publier en tous lieux Qu'il ressemble à ton maître.

Déjà l'amour aux champs des lys A tout mis sous les armes ; On prend, dit-il, pour moi le fils D'un roi si plein de charmes.

De vos grottes, numphes. sortez:

Accourez sur la Seine ;

Dansez au brillant des clartés

D'un riant phénomène :

Xe craignez, sous l'astre qui luit.

Qu'un si beau .jour Unisse :

Les français n'auront plus de nuits.

Sous un ciel si propice !

Mille étrangers dans nos concerts,

Viendraient sur cette rive.

iUR LES ACCOUCHEMENTS U3

Supasser nos voix dans les airs.

En s'écriant : Qu'il vive!

Nous vaincraient-ils? Chantons sans lin

Vivent le roi, la reine

A qui nous devons le Dauphin,

Que l'amour nous amène.

Gourons repaître nos regards Des traits d'un si beau prince.

Qu'au loin le bruit de nos rainparts L'annonce à la province :

Et que l'écho de tout côté, A la ville, au village.

D'une longue félicité Dise qu'il est le gage.

Tu l'apprends à plus d'un climat.

Sage dépositaire

Des seaux et secrets de l'Etat :

Mais ton zèle à beau faire,

Des cœurs le guide avant-couleur,

Volant à tire d'aile.

Sait porter de notre bonheur

Bien plus loin la nouvelle.

Oui, qmmd le premier mouvement De joie aussi sincère.

Passait par ton empressement. Au Germain, à l'Ibère, On vit l'amour fendant les airs.

Charmé de son ouvrage, D'avance inviter l'univers D'aller lui rendre hommage.

Quels doux loisirs il nous promet !

Déjà toute l'Europe, Du présent que le ciel nom fait.

A tiré l'horoscope :

Par ce rejeton de héros, Notre fortune est stable :

Louis, pour notre plein repos, Nous donne son semblable.

I l RI0SI1 ES L1ISTORIQ1 ES

Mais, quel aspect dans ce moment!

I ïne heureuse planète

Influe à son tempérament

Les forces d'un athlète :

D'un brillant progrès à nos veux .

On le voit qui s'avance,

Et fait du Dauphin dans lescieux

Avec l'Aigle alliance.

Le coursier d'où Ton vit venir Ce tourbillon d'étoiles, Grand roi, lève de l'avenir Sur la paix tous les voiles.

Cet ascendant prédit qu'un jour Si l'on troublait ses charmes.

Ton fils la ferait à son tour Respecter par les armes.

Dans ce prince, tout nous apprend

Quelle gloire future,

Sur les pas de Louis le Grand,

Son beau sang nous assure !

S'il te prend pour guide aux combat;

Que tu livres aux vices ;

Qne son cœur ne vaincra-t-il pas

Sous tes heureux auspices?

A peine est-il, que les jeux

Les ris autour des tonnes

Célèbrent partout, en tout lieux.

Ce lien des couronnes ;

Et qu'on voit, d'un accord nouveau.

Les grâces de sa mère

Se joindre autour de son berceau.

Aux vertus de son père .

La foi qui doit tout à son nom.

D'abord sur lui s'empresse A mettre l'auguste cordon

De l'esprit de sagesse.

Tel sijine est un droit de son rang:

Mais ce symbole enseigne Que c'est plus la marque du sang ( )ù la piété règne.

IUR LES M i ni CQEMENTS

Digne enfant de tant de soupirs,

Vous, dont à la naissance,

Pour combler nos justes désirs,

Présida la Balance.

Sur vous, du trône cher appui,

Quel bonheur ne se fonde !

Non, il n'est de biens qu'aujourd'hui

Vous n'apportiez au monde.

Quel don! si par de tels bienfaits Le ciel, grande princesse. ■ Couronne ainsi pour vos sujets Toute votre tendres

ertus, pour nous rendre heureux, Vous sont si familières.

Qu'il est moins le prix de nos vœux, Qu'un fruit de vos prières.

Vous, autre exemple des mortels.

Fleury, que rien ne tente.

Qui servez l'Etat, les autels,

D'une Ame si fervente!

Par ce digne héritier des lys,

Leur gloire régénère;

Et tous nos souhaits sont remplis

Sous votre ministère.

Oh ! qu'à ton gré, de jour en jour.

Tu vas, heureuse France Voir dans les bras de Ventadour Croître tant d'espérance!

Ses veilles ont assez prouvé Encor plus d'une mère.

Dans le cours de >i doux transports,

Toi qui, dans cette fête,

Du peuple animes tout le corps,

Et qu'on voit à sa tête,

Gesvres, en tous les hauts emplois,

Si ta noble ardeur brille,

Ne sait-on pas pour nos mis.

Tu la tiens de famille?

T. II

..I RIOSITÉS DISTORIQI ES

Quel spectacle on doit à les soins!

Que de magnificence !

Turgot, quels yeux en sont témoins?

Ton roi, L'œil de la France !

Quel prix pour toi, que 1<^ honneurs

Dont-il paya ton zèle !

En toui événement, nos cœurs

( Mil le lien pour modèle.

Vous serait-il Indifférent,

Peuples voisins, d'apprendre

Delà paix, qu'un nouveau garant

Ne ^e fait plus attendre ?

Il est venu ce jour heureux.

où le ciel qui le donne.

De la joie allumant les feux,

Eteint ceux de Bellone.

La naissance du duc de Bourgogne 1 )

Gens de tous pays.

Venez à Paris,

Voir le beau feu de dimanche (2) :

Tout brillera, toul charmera.

L'auguste enfant ou"on souhaite tant Dimanche Est venu lundi.

Le ciel soit béni, Tous nos jours sonl dimanche

Notre gouverneur, En habit d'honneur.

Paré des bouquets de Flore.

De son argent

1 1 1 Louis-Joseph-Xavier, i ils de Louis, Dauphin, et de sa seconde femme Marie-Josephe de Saxe, in'1 eu 1715, mort en 1761.

(2) Le feu de L'Hôtel-de- Ville et le Te Deum à Notre-Dame, où, suivant les apparences et le bruit courant, le Roi viendra avec sa famille sont indiqués pour le dimanche 19 de ce mois. (Journal de Barbier).

Fera présent 1 1 1

Encore s'il se croyait, Toujours ferait

Dp même.

Â.US8Î le voyant Chacun va disant :

Ali ! mon cher ! que je t'aime.

Monsieur le prévôt,

De tout ce qu'il vaut.

Va faire preuve complète :

Tournez, canons, Sonnez, clairons,

Trompette^.

Ruisseaux de vin

Coulez sans tin

Des to d Le ciel pour protecteur,

Par grande faveur.

Un duc de Bourgogne nous donne.

Il nous est donne,

Ce beau nouveau-né, En septembre ; c'est bon signe.

Du grand papa

Il défendra

La vigne.

Et sous nos ceps Toujours en paix.

Tranquille.

Nous boirons du bon.

Bénissons le nom Do la rovalo famille.

(1) Le duc do Gesvres,gourverneurde Paris, jeta de L'argent au peuple

■ridant trcis jours.

|imi i URIOSITES HISTORI01 ES

Sur le même sujet (1).

Air : De mon berger volage

I il enfant vient de naître,

I h entant précieux, Un Prince ({ni doit être Digne de ses aïeux :

L'augure est favorable.

II sera notre amour; Une colombe aimable.

Produit-elle un vautour ?

Nous soupirions sans cesse \près ce gage heureux.

Le don d'une princesse, L'assuroit à nos vœux.

.l'ai vu la rose éclore, Le lys nait à son tour :

Une si belle aurore, Annoneoit un beau jour.

Croissez [ta nui les grâces, Espoir flatteur des lys, Rassemblez sur vos traces, Les arts, les jeux., les ris.

Si la gloire cruelle Réclame un jour ses droits. Vous avez un modèle Dans le plus grand des Rois.

Dans le cristal de Tond»'.

L'azur des cieux nous luit Et le flambeau du monde

s:y peint. s*v reproduit.

Plus vivement encore.

Par des traits éclatants.

< le poi que l'on adore, Se peint en ses enfants.

il Couplets de Fa varl chantés par Jelliote dans un divertissement qui :i été donné à Madame la Dauphine, quelques jours après qu'elle a été relevée de ses couches. (Collé, Journal historique, riov. 1751).

SI I! LES Au 01 CHEMENTS lnl

Destin, qui le fis naître

Pour régir L'Univers,

Conserve notre maître :

Ses jours nous sont si chers !

Ils régnent par avance

Ses dignes successeurs.

Leur empire commence.

Leur trône est dans nos cœurs.

Les mariages de Paris. 1

L'amour., l'hymen et les ris

Dans Paris, Font une fête chérie En faveur du citoyen

Pour le bien Et l'honneur de la patrie.

gui nous donne ce beau jour

Où l'amour S'unit avec l'abondance ?

C'est un rayon du soleil

Non pareil Qui fertilise la France.

(li Le roi, après avoir pris connaissance des réjouissances projetées nu l'honneur du duc de Bourgogne et de la dépense qu'elle devaient entraîner, préféra, comme le remarque Barbier, o quelque chose de plus solide et de plus utile »; il décida que la somme destinée aux fêtes serait consacrée à doter et à marier six cents tilles dans Paris. « Au lieu de faire des feux d'artifice et de donner des fêtes qui coûtent toujours beaucoup et ne procurent aucun avantage, la ville a donné un 1 pour ces mariages. Chacune de ces filles a été habillée, a eu cent comptant, et les frais de noce ont été faits aux dépens de la ville. Le peuple de Paris a paru approuver beaucoup toutes ces dispositions qui sont en effet très bonnes et très louables. Les curés de Paris, qui ont été chargés de faire ces mariages, les ont arrangés et les ont faits avec beaucoup de décence et de dignité, a Journal historique de Collé 170 '-1783>. mariages furent tous célébrés 1p 9 novembre 1751. On composa, à ce . k'< trois chansons qui suivent : Les mariages de Paris, gueu.rei Hommage au nouveax

LOS ci RiosrrÉs mstoriqi es

Que pour jamais Le burin

Sur l'airain < .îave les dons de la ville.

Elle exécute un projet

Dont l'objet N'est pas une œuvre stérile.

Le bien public a dicté,

Arrêté, Ce projet si beau, si sage.

Et la liberté

A compté De quoi couronner L'ouvrage.

« le système est sensé.

Bien pensé, Quand on pourvoit six cents tilles, On devient le bienfaiteur

Et l'auteur De deux fois deux cents familles.

Vive notre gouverneur,

Ce seigneur Doux, officieux, affable :

Il fait voir qu'un duc est grand

Doublement Quand il sait se rendre aimable.

On est bien venu chez lui

Sans appui ; Chez lui la faillie indigence Peut prétendre au même aci

Et succès Que la plus haute opulence.

Oue le prévost des marchands,

De nos chants Excite aussi l'allégresse; I Jeux qui lui succéderont

Ne pourront Le surpasser en sagesse.

SLR LKS ACCOUCHEMENTS 103

Dans dix siècles on saura,

On dira Ce que furent les Bernages (1) ; Leur gloire aura pour garants

Les enfants Issus des six cents mariages.

Cette fête vaut bien mieux

Que ces feux Où le salpêtre s'enflamma :

Qs s'épandent en éclairs

Dans les airs :

Les bienfaits restent dans rame (2).

Vive les gueux.

(ri-âce à monsieur de Bernage,

On va bientôt A maint joli pucelage

Donner l'assaut :

Six cents, c'est le nombre heureux

Vive les gueux ! (3)

Pour entrer dans cette bande.

Chaque pasteur A chaque iille demande

Son fréquenteur :

Le mot est neuf et nerveux.

Vive les gueux !

Deux cents écus font les dots

De ces tendrons, Y compris habits et cottes,

Vins et dindons, Et même les violoneux (4).

Vive les gueux !

(1) C'est le nom du prévost des marchands.

(2) Quel écrivain public peut bien être l'auteur de cette stupéfiante platitude ?

(3) Béranger aurait-il. dans son enfance, entendu le refrain de cette chanson ?

(i) Les curés, suivant Barbier, avaient été chargés de tous les détails •les mariages, distribution des habits, repas, bal. etc.

|l)', Cl RIOSITÉS HISTORIQl ES

Fais bien nettoyer les rues, < iher ( lutrequin (1),

De peur que nos prétendu»-.

Par Les chemins,

Ne gâtent leurs Bouliers neufs.

Vive les gueux !

Qu'il fera beau, ce me semble,

Voir en ce jour Tant d'amants unis ensemble,

Faire à l'amour Un sacrifice joyeux.

Vive les gueux !

Pour compléter cette fête, De l'Opéra,

Notre prévôt, bonne tête.

Régalera Ce troupeau d'amoureux.

Vive les gueux!

Sur un si louable exemple.

De nos deniers.

A l'hymen fondez un temple,

Gros financiers (2), A nos dépens généreux.

Vive les gueux !

Vive Monsieur de Bernage

Et son conseil.

Vive ce prévôt si sage

Au teint vermeil.

Et pour terminer nos vœux,

Vive les gueux !

di Entrepreneur «les fontajnes et du pavé de Paris.

M. de Monmartel, garde du trésor royal, suivit le conseil et dota toutes lesfilles nubiles qui étaienl dans ses terres. Mme de Pompadour en nt autant.

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