SUR \.' - I
Hommage au nouveau-né
•i le jour fortuné
De notre mari
Au prince du Dauphiné
Rendons un doux homm g
Et chantons le petit nouveau-né.
Oui non- met en ménage.
A l'amour, à la gaité.
Puisque* tout nous eng Triomphons en liberté Et faisons grand tapag
Du père qui l'a formé
« "est la vivante in.
Il sera bien renommé S'il devient aussi sage :
u aïeul bien-aimé L'invincible courage Et l'ineffable bonté - nt son apanag
Son bras sera redouté Jusque chez le sauva..
Et son cœur sera fêté ru'au dernier riva
Quel temps de prospérité
-nfant n De notre félicité Son nom seu'.
Souvent le soleil levé X chasse point l'ora .
Mais quand un Bourbon est né Il n'est plus de nuage ;
Notre cœur est transporté Des dons qu'il nous partage.
bienfaits de tous e 1 h<>m\ en leur langagt
I'"'. | i RIOSITÉS MSTORIQl ES
Puisse l'univers charmé Etre son héritage, El son règne confirmé S'étendre au dernier rivage.
Célébrons le petit nouveau-né Qui nous met en ménage.
Une nourrice congédiée. — On lit dans les Nouvelle* littéraires qui forment la première partie de la célèbre correspondance de Grimm (1) :
De tous les vers qui ont été laits à l'occasion de la naissance du duc de Bourgogne, voici les seuls qui aient fixé l'attention publique. Ils sont réellement d'une jeune femme, belle, vertueuse, qui avait été choisie pour être nourrice du jeune prince, et qui a été renvoyée.
Placet à M. le duc de Bourgogne
Par Mme de Cup...
Précieux rejeton du plus beau sang du monde. Digne présent des deux, si longtemps attendu. cher prince, à ta grandeur queton bonheur réponde Puisse-t-il égaler tout l'amour qui t'est dû !
L'univers retentit de nos chants d'allégresse, Du plus aimé des rois tu combles les désirs : Pour toi, dans tous les cœurs, éclate la tendresse : Dans des moments si chers tais jrrAce à nos soupir:
•Jalouse d'avoir soin d'une si belle vie, J'osai briguer l'honneur de te donner mon sein : Sur ce flatteur espoir j'ai quitté ma patrie. Mais le sorl a trahi mon généreux dessein.
s. -ni peste infortuné du nom de ses ancêtres Que m\ rois, tes aïeux, ont jadis illustré.
<l » 1723 Inii;
SUR LtS ACGOUCHEMEN rS 10"
Mon époux pour servir et l'Etat et ses maîtres, N'a rien que son courage et leur zèle épuré (1).
Auprès de ton berceau nous cherchons un asile A cette ambition j'ai tout sacrifié ; Mon malheur m'en éloigne et mon zèle inutile Xe m'offre désormais d'appui que la pitié.
A deux jeunes époux que ta voix enfantine Daigne, race des Dieux, prêter l'heureux secours Intéresse pour nous cette auguste héroïne A qui la France doit et sa joie et tes jours.
Ainsi puisse le ciel faire de tes années, Un long tissu de gloire et de prospérités, Et mon iils, né pour voir tes hautes destinées, Même au prix de son sang te payertes bontés.
La naissance du duc d'Aquitaine (2)
Morgue, c'est qu'il faut d'abord Qu'en ce jour tout soit d'accord :
Pour votre Parlement, sire, C'est un bon débouché, Quand j'avons tous envie de rire Pourriez-vous être lâché ?
.];avons donc de votre nom Encore un joli poupon.
Il sera duc d'Aquitaine, Il sera tout ce qu'il voudra,
(1) Nous comprenons fort peu cette stanee ot l'allusion qu'elle renferme nous échappe entièrement.
(2) Xavier-Marie-Joseph, duc d'Aquitaine, second fils de Louis, dauphin, et de Marie-Josephe de Saxe, né en 1753, mort l'année suivante. « Le 21 février 1754 mourut le duc d'Aquitaine. Quelques courtisans pleins d'esprit, disoient sérieusement, à Versailles, que c'étoit le bon cœur de cet enfant qui l'avoit fait mourir: qu'il avoit été touché de la mort de Mademoiselle Tallard, sa gouvernante, qui a pris son parti le mois dernier ; quoiqu'il n'eût que neuf ou dix mois, ils voyaient dans cet enfant assez de connoissamv pour sentir cette perte. » Collé, Journal historique.
|IIS ai RI0S1 l ES HISTORIQUES
Suffit, grand Roi, qu'il qous vienne l te vous et de son papa.
Pour un digne rejeton De la race de Bourbon, Je baillerions messieurs de Pontoise.
Et nos seigneurs les prélats, Je baillerions même nos grivoises.
Et nous si ça ne suffit pas.
s'il est possible pourtant Que tout le monde soit content En ce jour de bonne fortune.
Rendez-nous les honnêtes gens..
Mais envoyez à Pontoise Les eommis et les sergents.
A notre saint homme le pasteur
Si ça faisait mal au cœur,
Qu'il vous refuse ou vous donne
Sa bénédiction pour ça,
J'en aurons pour votre personne
Mille qui valent mieux que celle-là.
Béni soit le cher enfant.
Béni soit sa mère grand, Béni soit madame sa mère.
Béni soit comme le bon Guieu Un Roi qui comme lui sur terre Répand la joie en tous lieux.
Kn célébrant son petit-fils Quelque jour les beaux esprits Diront : Messieurs, ce grand prince Vint au monde toul justement Quand le roi de la province Fit revenir le Parlement (1).
(1) Ce voeu ne devait être exaucé qu'un an plus tard, après la naissance «lu duc <lc Berrv.
«I K LES ACCOl CI1EMBNTS ICKI
Puissiez-vous dans soixante an>.
.Entouré de descendants, Voir vos images vivantes Dans douze fila de monsieur le Dauphin ; Et puissent mesdames leurs tantes Leur bailler plus d'un cousin.
Je leur souhaitons de tous nos cœurs,
Quatre grands rois pour serviteurs ;
Mais s'il faut à ces demoiselles
Des maris comme leur papa.
Elles pourront rester pucelles,
Y n'y en a pas deux comme celui-là.
Naissance du duc de Berry i
Ou suis-je? quels bruits éclatants Viennent de frapper mon oreille ?
Le cri du bonheur me réveille.
J'entends les plus aimables chanta.
Le beau lys qui pare la France
Vient de pousser encore un brillant rejeton ;
Venez, vive reconnaissance,
Paraissez sur notre horizon;
Volez aux pieds d'une illustre princ-
Qui vient de combler nos désirs.
Et que l'étendard des plaisirs
Marque partout notre allégresse.
La valeur, les talents ont choisi ce séjour : Que de faits étonnants vont orner notre histoire ! Nos deux princes doivent le jour A l'amour, à la gloire.
(li Troisième fils de Louis. Dauphin, et de Marie de - cette
brave allemande qui, an dire de 11. nous donnait bien
prince-. Celui qui devait «Mr.' Louis XVI naquit ;'i Versailles, le
àt H.Vi.
I H) ci RIOSITÉS HISTORIOl ES
Cet empire des dieux éprouve les faveurs, Eclatez, bruyantes trompettes,, *
Joignez-vous aux doux chants de nos tendres musettes. Soyez L'organe de nos cœurs.
Chantons le plus grand Roi. la plus auguste Reine,
Formons d'agréables conceri-.
Les fruits d'une si belle chaîne
Intéressent tout l'univers.
L'espérance fuyait (1) : un beau jour la ramène.
L'accouchement de la duchesse de Chartres (2)
Aimable princesse,
T.n jeunesse, la vieillesse,
A ton bonheur s'intéresse,
Notre joie est une ivresse:
Dans son allégresse,
De ta maison la tendresse
Pour un second fils adresse
Jusqu'au cieux
Ses vœux.
La gaîté du père,
Les doux transports de la mère.
Font (fue le grand-père espère Au plus tard dans vingt mois.
Voir naître un frère
Du duc de Valois.
S'il en venait un troisième • Un quatrième, un cinquième, Reçu de même, Te plaindrais-tu '!
1 1 Par La mort du duc d'Aquitaine.
(2) Le prince, dont la uaissance esl chantée Ici, était le futur roi d» Français, Louis-Philippe, né le 5octobre 1773,
Que Dieu te les .lonne :
ne trouvera personne oui s'étonne Q'il couronna.
Ta vertu.
Aimable prince
La jeunesse, la vieilles*
Notre joie est une ivres*
Dans son ail
De ta maison la tendress
Pour un second îils> adr
Jusqu'aux -'inux
- - vœux;
Naissance du premier! ils de Louis XVI et de Marie- Antoinette.
— Louis-Joseph-Xavier-Francois. Dauphin de France, naquit à Versailles le 22 octobre 1781. Nous empruntons au continuateur de Bachaumont les détails sur le cérémonial de circonstance.
C'est Madame la princesse de Lamballe qui. en qualité de surintendante delà maison de la reine, donna ordre, au moment des douleurde S. M., d'avertir lesPrinceset Princesses qui se rendirent dans le grand cabinet de la Reine on S. M. était sur son lit de misère. Le garde Sceaux de France s'y était rendu aussi et occupait sa place aux pieds du lit à genoux. Le roi et les Princes étaient en dedans du paravent qui entourait le lit, le surplus des courtisans en deho
La Reine accouchée, on présenta l'enfant à M. le garde des Sceaux pour en constater le sexe, et il se releva. Un grand silence ayant cette fois régné dans l'appartement, la Reine craignait de n'avoir mis au monde qu'une fille, mais quand elle fut en état d'en recevoir la nouvelle, le Roi s'approcha et lui dit : « Madame, vous avez comblé mes vœux et ceux de toute la France ; vous êtes mère du Dauphin. »
La reine désira voir ce précieux enfant, qui lui fut apporté par la princesse de Guéménée, gouvernante des Enfants de France. S. M, en le lui remettant lui dit : « Madame, je n'ai in de vous recom-
mander ce dépôt, qui intéresse tout le Royaume; il ne saurait être en meilleures mains : mais, pour que vous puissiez vaquer plus librement aux soin* qu'il exiyp. je compte partager avec vous l'éducation de ma fille. »
I 1 -1 VA RI0S1 I BS IIISTORIQI ES
I «s courtisans, toujours malins, toujours exacts observateurs des pas* sions à* es Princes, ont cru remarquer sur le visage de Monsieur, à la première inspection du sexe, un mouvement d'humeur et de chagrin; mais son âme magnanime, surmontant bientôt cette faiblesse, s'estlivrée ensuite à toute la joie que lui ont inspirée son attachement au Roi et à la Rfine et son zèle pour la félicité de l'Etat.
Dans le môme recueil, nous relevons, à la date du 8 novembre,
les particularités suivantes :
On a déjà pris toutes les dimensions de Monseigneur le Dauphin. 11 pèse 13 livres et r vingt-deux pouces de long. Sa nourrice se nomme Madame Poitrine (1): c'est une paysanne qui s'est évertuée d'elle-même, qui est venue à Paris avec sou mari el se sentant les qualités requises. s'est tellement démenée et fait connaître qu'elle a été acceptée. Elle ;i '•«intinuellement auprès d'elle une « gardienne du ventre » qui ne la quitte point, même lorsqu'elle va à la garde-robe et rend compte à la Faculté de l'état de santé delà nourrice.
La venue de cet héritier du trône, lequel devait d'ailleurs mourir en 1789, était impatiemment attendue ; elle provoqua, dans la famille royale et, môme dans la nation tout entière, un enthousiasme incroyable et fit oublier un moment toutes les préoccupalions politiques.
Madame Campan et le continuateur de Bachaumont nous ont laissé force détails sur les réjouissances de toutes sortes qui célébrèrent l'événement (2).
D'abord, les salves, les feux de joie et les illuminations de rigueur.
Aujourd'hui 22 octobre 1781, la ville a reçu un premier courrier à une heure trois quarts après midi, annonçant les premières douleurs de la Reine, et à deux heures el demi-quart un second m apporté l'heureuse nouvelle de La naissance d'un Dauphin.
Sur le champ, "ii a tiré le canon, le tocsin du palais et celui de la ville ont sonné. A 6 heures, le Prévôt des marchands, à la tète des Officiers
ih Madame Poitrine, nourrice ! Paul de Kocx n'eut pas trouvé mieux.
(2) Quelques uns des détails que nous donnons ont déjà paru dans nos Accouchements à la cour\ nous les reproduisons ici pour tormer comme un ensemble caractéristique.
iUR LES ACCOUCHEMENTS 113
municipaux, a fait une procession autour d'un feu de bois pendant la quelle autre salve d'artillerie.
L'Ordonnance sur le champ a été rendue pour une illumination g raie pendant trois jours, et quoiqu'elle ne pût ôtre connue dans le jour même, la plupart des quartiers ont et»'- illuminés volontairement et par zèle (1)
Le lendemain et le surlendemain, mêmes manifestations d'allégresse, et, de plus, volées de cloches, orchestre à la Grève, distribution de vivres et de boissons.
Les corps et métiers parisiens dépensèrent des sommes considérables pour se rendre à Versailles, où dans la cour du château ils donnèrent un spectacle curieux.
Des ramoneurs aussi bien vêtus que ceux qui paraissent sur le théâtre portaient une cheminée très décorée au haut de laquelle était juché le plus petit de leurs compagnons: les porteurs de chaises en avaient une très dorée dans laquelle on voyait une belle nourrice et un petit dauphin : les bouchers paraissaient avec leur bœuf gras; les pâtissiers, les maçons, les serruriers frappaient sur une enclume; les cordonnier sachevaient une petite paire de bottes pour le dauphin,, les tailleurs un petit uniforme de son régiment. Le roi resta longtemps sur sou balcon pour jouir de ce spectacle. L'enthousiasme fut si général que la police, avant mal surveillé l'ensemble de cette réunion, les irs eurent l'impru-
dence d'envoyer aussi leur députation et les signes représentatifs de leur profession. Ils furent rencontrés par la princesse Sophie, tante du roi, qui enfut saisie d'effroi et vint demander auroi «pie ces insolents fussent à l'instant chassés delà marche des corps et métiers qui défilaient surla terrasse. (2)
Le 6 de novembre les dames de la Halle étaient admises à complimenter leurs Majestés. Voici le morceau que Tune d'elles lut au roi :
Sire,
Si le ciel devait un fils à un roi qui regarde son peuple comme sa famille, nos prières et nos vœuxle demandaient depuis longtemps ; ils sont
1) Mémoires de Bachaumont.
2) Madame l Sampan.
T. II
1 1 \ (M; rOSl ! ES aiSTORIQl ES
enfin exaucés. Nous voilà surs que nos enfants seront aussi heureux que nous : car cet enfant doil vous ressembler. Vous lui apprendrez, Sire, à être bon et juste comme vous. Nous nous chargerons «l'apprendre aux nôtres comme il faut aimer et respecter son roi.
is dames «plus heureuses que les cours souveraines (1)» eurent même la liberté de voir la reine et de lui adresser leurs félicitations. La princesse de Ghinay fut à la porto de la chambre do Marie-Antoinette recevoir trois de ces marchandes qui furent introduites jusqu'au lit. L'une d'elles harangua sa majesté ; son discours avait été l'ait par M. de la Harpe et était écrit dans un éventail, sur lequel elle jeta plusieurs fois les yeux, mais sans aucun embarras; elle était jolie et avait un très bel organe. Les Mémoires de Bachaumont, qui nous donnent la pièce, trouvent qu'elle ne ressemble en rien aux lieux communs de cette espèce :
Madame,
Toutela France a déjà témoigné à Votre Majesté sa joie si vive et si vraie de la naissance de Monseigneur le Dauphin. Nous avons l'ait éclater nos transports avec tout l'amour que nous avons pour vous : il nous esl permis aujourd'hui de porter aux pieds de Votre Majesté les exprès" sions '1'' nos cœurs : ce droit-là nous est plus cher que la vie. Il y a si longtemps, Madame, que nous vous aimons, sans oser vous le dire, que omis avons besoin de tout notre respect pour ne pas abuser de la permission de vous l'exprimer.
Marie Antoinette parut touchée et répondit avec la plus grande affabilité.
Restail la harangue au Dauphin. Que dire à un enfant qui n'a encore ni yeux, ni oreilles, ni langue ? L'auteur s'en tira d'une façon aimable.
Monseigneur,
Nos cœurs vous attendaient depuis longtemps; ils étaient à vous avant votre naissance. Vous ne pouvez entendre encore les vœux que nous raisons autour <1<> votre berceau; on vous les expliquera quelque jour; ils se réduisent tous à voir en vous l'image de ceux de qui vous tenez la \ le.
1 1 \i 'moires de Bachaumont.
SLR LES ACCOUCHEMENTS I I •">
On ne s'étonnera pas si les TeDeum furent nombreux dans la circonstance. Dès le -23 octobre au matin, la Chambre des Comptes en faisait chanter an à la Sainte-Chapelle. Le 27, le roi assistait à un autre dans la cathédrale de Paris et. sur son parcours, ordonnait que Ton jetât de l'argent au peuple. Deux <!<■ ces cérémonies furent particulièrement remarquées, . <,,> que MmeMédard,
bouquetière de Sa Majesté, lit chanter en l'église Saint Germain l'Auxerrois et celui de la Faculté de médecine, ce dernier ;'i cause d'un décret en latin rendu à cotte occasion. Si nous comptons quelque humaniste parmi nos lecteurs, ils nous sauront gré de leur avoir cité ce document: il est d'une latinité agréable.
De Mendato
M. Josephi Philips, Facultatis mediese Parisiensis Decani, et MM. Doctorum Regentium ejusdem Facultatis, ob serenissimi Delphini Xatalia.
Solium Ludovious XVI conscenderat, conjux felix, tam amans quam ainore dignus, sed nondum pater ; et dum a singulis civibus dulcissima appellatione meruit vocari Pater patriae, deerattamen quiipsum proprio nomine patrem salutaret. Flagrantibus votis, sollicita prece. vim cœlo intulit Gallia.Dictum est a divo Augustino : oscendunt i, descen-
dant miracula ; primum miraculum, puellam dédit, in cujus ortu, tam ardenter, quam diu expectato, gestire eo opportunius fuit, quod naturse tarditas jam ealumniis lacessita, injiciebat quamdam diffidentiam furtivo lapsu animis ir repente m. Amor fecerat sollicitudinem, quae semper magnoe expectationis cornes est; et certè hanc excusabat. Ex isto puellari proventu felix augurium ducere, et aevo spes dulciores adhuc jaculari licuit. Demioaccendunt deside tidunt mira*
nonnec el lilia. Terris os.tensus est Delphinus. Salve", ô nobilis liliorum sarculeî Vive diu, vive lsetus et ineolumis. Tibi dormienti adspiret blanda quies, vigilanti adspirent risus venusti,lusus amabiles. Jam risu matrem adorandam cognosce. Jam blandâ manu eburneum matris collum preme molliter. Jam roseis labris ca^ia fige oscilla. Toi blanditiaej tôt materno pectori voluptatis fontes; et quando tibi erit a-tas ûrmior, disce ex amore nostro, patrem, ex reverentiâ, regem colère. Votum patrio' sacrum addimus : non minus amans, quam amabilis, ut primum amarite senseris. redamaresci 3. Soli : sed diu ignora quam
grande sit pondus, et sceptrum et corona : populos, <"t prae-
sertim amandi artes combibe intimius, totis t^ proluens fontibu quibus ortuses. Dum gratulando cultu, cunas ûoribua conspergunl
1 II, Cl RIOSITÉS BISTORIQl E{
v;irii civium ordines, cruore madens laurus nontenera offendatlumina ; arridea! libi tanquam molle pulvinar olea pacis, cujus prsenuntium quasi numen in te amamus et veneramur(l)
Traduction :
Sur Tordre de
M. Joseph Philips, doyen de la Faculté de médecine de Paris, et dé MM. les doeteurs régents de cette même Faculté, à l'occasion de la naissance du Sérenissime* Dauphin.
Louis XVI était monté sur le trône: époux heureux, aussi aimant que digne d'amour, il n'était pas encore père cependant. Méritant de chaque citoyen le doux titre de père de la patrie, il n'avait cependant personne qui put en propre le saluer de ce nom. Par l'ardeur de ses souhaits, par ses prières continues, la France lit violence au ciel. Saint-Augustin a dit: les vœux montent, les miracles descendent; le premier miracle fut la naissance d'une fille, naissance aussi vivement que longtemps attendue, motif d'allégresse venu d'autant plus à propos que les lenteurs de la nature, déjà calomniée, laissait quelque défiance se glisser furtivement dans les esprits. L'amour causait cette inquiétude, sentiment qui toujours accompagne une grande attente; l'amour en était l'excuse. De la naissance de cette princesse, il fut permis de tirer un heureux augure et de former pour l'avenir des espérances plus douces encore. De nouveau les vœu v montent, les miracles descendent , les miracles et les lys. Un Dauphin est montré à la terre. Salut, noble rejeton des lys. Vis longtemps, vis enjojeet en santé! Que sur ton sommeil se répande un doux repos; que, durant ta veille, s'empressent autour de toiles ris gracieux et Les jeux aimables. Par ton sourire, reconnais ta mère adorable; presse doucement, d'une main caressante, son col «l'ivoire. De tes lèvres roses donne lui de purs baisers. Toutes ces mignardises sont autant de sources de joie pourune mère. Plus avancé en âge, apprends à aimer ton père par notre amour pour lui, apprends à le révérer par notre respect. Nous ajoutons le vœu sacré de la patrie : sois non moins aimant qu'aimable, el dès que tu te soutiras aimé, rends amour pour amour. Tu nais sur ton trône ; mais puisses-tu ignorer longtemps de quel poids sont le 8ceptree1 lacouronnel Pénétre-toi profondément de l'art de gouverner
(l Suit une formule ordonnanl la célébration du Te Deum dans la Chapelle «le la Faculté.
SDR LES ACCOUCHEMENTS 1 l~
les peuples, de les aimer surtout, l'abreuvant aux sources dont tu es sorti. Dans leurs actions de grâces et leurs hommages, les divers ordres de citoyens jonchent ton berceau de fleurs; crue le laurier humide de sangn'offense pas tes jeunes regards; que plutôt, moelleux coussin, te charme le pacifique olivier; nous t'aimons et te vénérons comim* an messager divin qui nous l'annonce et nous le promet.
M. M. delà Faculté de Médecine avaient parmi eux un bon rhétoricien : mais la rhétorique ne suppose pas toujours le tact. La phrase relative à la naissance du premier enfant du roi, de M*6 Royale (1), à la naturedéjà calomniée, cette allusion peu dissimulée aux bruits qui avaient couru sur le cas de Louis XVI, lit scandale.
On l'a trouvée répréhensible et la Faculté, non seulement ne veutpoint donner de copies de ce décret que recherchent les amateurs de la belle latinité, mais a fait arracher le plus qu'elle a pu tous les placards imprimés qui en existaient (2 .
Les spectacles édifiants de tout genre ne manquèrent point. Ainsi les Mémoires de Bachaumont, à la date du31 octobre, nous content que:
Toutes les paroisses ont été en procession à Xotre-Dame. On y a surtout remarqué les Invalides. Le curé de Saint-Nicolas s'est aussi signalé par un cortège de 500 pauvres de l'un et de l'autre sexe, auxquels, la cérémonie finie, il a donné un écu et un pain de quatre livres pour chacun.
Comme on peut penser, le théâtre ne demeura pas sur l'Eglise en reste de manifestations. L'affiche de la comédie française portait, pour le jour où naquit le Dauphin, une petite pièce d'ailleurs parfaitement oubliée, le Procureur arbitre (3) ; on donna à la place YEcole des maris. Et pourquoi ? pour faire applaudir les vers suivants :
'1) V.Nos Accouchements à la Cour p. 929.
(2) Mémoires de Bachaumont.
(••)) Par le comédien auteur Ph. Poisson (4728
IIS il RIOSITÉS HISTORIQUES
Valère.
Mais, Monsieur, savez-vous les nouvelles
nu,' l'on dit à la Cour et qu'on tient pour fidèles?
Sgaxarelle, Que m'importe?