‹ Anecdotes & curiosités historiques sur les accouchementsChapitre 19 sur 26 · VA.LÈRE · texte numérisé non relu

VA.LÈRE

11 est vrai: mais pour les nouveauté.

< )n peut avoir parfois des curiosités : Vous irez voir, Monsieur, cette magnificence, Que de nostre Dauphin (1) prépare la naissance (2)?

Le même jour, àla Comédie Italienne, après les Deux SylpJies 3), la dame Billioni, qui joue un rôle de Fée dans cette pièce, a chant.'' nu couplet analogue à la circonstance; il est de M. Imbert et le voici:

Air de Joconde.

Je suis Fée et veux vous conter

Une grande nouvelle ; ( n fils de Roi vient d'enchanter

Tout un peuple fidèle.

Ce Dauphin, que l'on va fêter,

Au trône doit prétendre.

Qu'il soit tardif pour y monter,

Tardif pour en descendre.

L'on a aussi joint à la Matinée villageoise (4) trois couplets d'un M. Dry : mais ils ont été trouvés bien inférieurs au premieret ont paru très plats aux connaisseurs (5).

Los représentations gratuites étaient parmi les réjouissances d'usage. La Comédie française commença, le 25 octobre, avec Ade-

(I) Molière fait allusion à la naissance du grand Dauphin, l'élève de Bossuet, laquelle esl de 1661, datede YEcolc des maris. V.cte l. scène III.

'•n Nous ne connaissons pas L'auteur de cette pièce. ('n Par Piis et Barré.

de Bacbaumont.

siH LES ICC01 CHEMEIS l- 119

laide du Guesclin il) et la Partie de chasse de Henri [V(2).

Le sieur Dugazon y a cousu an petit bout de scène analogue à la circonstance, qui a augmentéla gaité des spectateurs etlesa mieux disposés au festin que les histrions donnent ensuite aux chefs de la populace ('S).

Le 27, c'était le tour de l'Opéra. On inaugurait une nouvelle salle- Les gens de goût s'accommodèrent difficilement de savoir qu'elle serait souillée, dans sa fraîcheur, par « une canaille dégoûtante I \ . Le fait est que, comme à la Comédie française, il veut ripaille après la représentation: les poissardes et les charbonniers 5) formèrent des danses sur la scène et chantèrent des chansons qu'on n'était pas accoutumé d'entendre en pareil lieu. Deux ou trois jours après eut lieu le gratisde la Comédie italienne.

On a été tâché, disent les Mémoires deBachaumont, qu'ils aient choisi, pour amuser le peuple, des pièces qu'ils ont crues plus analogues à lui : s'avoir: les deux A vares 6) le-Silvain 7) et lés Vendangeurs (8) . Cependant MM. de Piis et Barré s'étaient mis en irais et avaient cou. un long Dialogue en couplets entre un Charbonnier et une Poissarde. De tous ces couplets, au nombre de vingt-deux, le plus adroit était celui relatif au compliment de l'Université à Versailles.

Tu s'ras p't'èt' bien en pein", Nicole,

Du latin que l'y a récité

Le Recteur d' l'Universit

Mais on m'a dit Y secret d' l'école.

i voulait dir\ c" n'est pas plus tin, Viv' le Roi, la Reine et 1' Dauphin.

(1) Mauvaise tragédie de Voltaire.

(2) Par Collé.

(3) Mémoires de Bachaumont.

Id.

(5) Les charbonniers et les poissardes avaient le privilège de faire occuper, par leurs délégués, aux représentations théâtrales gratuites, les deux grandes loges de L'avant scène, dites du roi ^t de la rein»'. Par Fenouillot de Falbaire.

i ipéra-Comique de Gretry, paroles de Mannontel. 8) Par Piis »i Barré.

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