‹ Anecdotes inédites sur Malherbe. Supplément de la Vie de MalherbeChapitre 14 sur 21 · V. Revue bleue, 730, col · texte numérisé non relu

V. Revue bleue, 730, col

Les Pois piles.

Anecdote 11. Les vers qui n'estoyent ni bons ni mauvais, luy *^'' "'^-^ déplaisoient extrêmement, et il les appelloit des Poispilez.

« Bavardages, inutilités », tel est le sens que Malherbe donne à cette locution dans deux de ses lettres, t. III, p. 31, et IV, 94 (Lexique, t. V, p. 475). C'est une allusion à un plat essentiellement populaire et probablement très ancien : « Je me tieg (tiens) à pois piles » Mss. de poésies franc, avant 1300, cité par Littré. Dicl., art. Pois, Hist. Il s'agit sans doute d'une grosse purée de haricots, le pois désignant le haricot autrefois, et aujourd'hui encore dans plusieurs

provinces, telles que la Normandie et le Poitou. Cf. Littré, art. Pois 1°. —

On juge bien parce mot du genre de critique pittoresque qui était le ton ordinaire de renseignement du maître. —

Malherbe faisait une guerre acharnée au remplissage (mots ou vers-chevilles). L'an 3 nous Ta montré pour Ronsard ; cf. Mcmoires, p. Lxxiii, le mot cité par Racan, qui peut bien avoir également rapporté celui-ci ; voir les diverses objurgations qu'il adresse aux chevilles de 13esporlcs dans le Commentaire, et lire sur ce sujet, dans l'élude si précise de M. Souriau sur la Versification de Malherbe^ le cliap. viu : les Chevilles.

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