‹ Anecdotes inédites sur Malherbe. Supplément de la Vie de MalherbeChapitre 15 sur 21 · ADDITION II · texte numérisé non relu

ADDITION II

PREMIÈRE SÉRIE DE « BONS MOTS « (anecdotes 12 A \ù)

ADDITION II. Elle occupe les p. 223 ot 224 et se place après «... dans sa chambre ou dans celle des autres sçavans en poésie >>. [Mrni.^ p. lxxx.)

Cecy n'est pas des Mémoires de M. de Racati. La guerre civile.

Anecdote 12. Soiis la régence delà Reyne Marie de Médicis, au ^ ' '" '^ commencement de la guerre que fit M. le Prince en 1614. comme on parloit dans une grande Compagnie, des désordres que causeroit cette guerre, et du tort qu'avoyent les mal-contens qui se joignoyent à M. le Prince ; M. de Malherbe, qui estoit présent, levant les yeux au Ciel, s'écria tout à coup. 0 bon Dieu 1 où est ta fièvre, ta peste, ton mal caduc ? qu'en fays-tu, que

tu ne les envoyés à ces gens qui troublent l'Estat ?

Ce mot qui semble sincère est un curieux commentaire de la belle paraphrase du psaume cxxviii

Les funestes complots des âmes forcenées,

que Malherbe composait à ce moment même (Lai. t. I, 207). ha.passion de l'ordre en politique comme en littérature fut certainement l'un des sentiments les plus profonds de Malherbe, qui lui doit quelques-unes de ses plus belles inspirations. Les critiques qui l'ont jugé avec bienveillance ont bien vu que c'était là une des meilleures parts de sa grandeur : Sainte-Beuve, dans sa longue et pénétrante étude, Nouveaux Lundis, t. XIII, p. 390 et s., goûte avant tout en lui le poète royal. Plus récemment, M. Allais, en étudiant les premières pièces du poète, y a vu des fragments de l'épopée nationale. M. Brunetière, reprenant et développant le même point de vue, vient de nous montrer en Malherbe (Revue des Deux-Mondes, i" décembre 1892) le collaborateur naturel d'Henri IV et du gouvernement suivant. —

On sait que le mal caduc est l'épilepsie.

Racan, qui semble être à cause du tour des phrases le rapporteur de ce mot (voir Introd. p. 18 I), Fa sans doute omis par prudence dans les Mémoires, qu'il a rédigés au temps de la splendeur du grand Gondé, le glorieux fils du révolté de 1614.

Page 1