VIII RULHIERE ET RICHELIEU
Kidhicre était bien l'écrivain destiné à être, par excellence, Vhistorien de la jeunesse de Richelieu, la plus jeune de toutes les jeunesses. On l'a souvent rapproché de Kivarol et de Chamfort. Il a, en effet, tout leur esprit, mais avec plus de délicatesse que le premier, et sans le venin du second.
Claude-Carloman de Kulhière, dont le prénom carlovingien devait faire pâmer d'aise Barbey d'Au" revilly, n'écrivit qu'assez tard, et ne fut jamais un écrivain de profession, mais à ses heures seulement, avec discrétion, et un peu de coquetterie.
Il se piquait de noblesse, comme son père et son grand-père, inspecteurs de la maréchaussée de l'Ilede-France. Né vers iy35^, — car on n'a pas de date précise, — écolier distingué au collège Louis-le- Grand, c'est en 1771 seulement qu'il publia son premier écrit, un poème sur les Disputes-, que Voltaire
1 . La Harpe le fait mourir à soixante-deux ans, en 1791, ce qui placerait sa naissance en 1729. (^Correspondance littéraire, VI, 99.)
2. Les Disputes parurent d'abord dans le lï^ volume du recueil Choses utiles et agréables, publié par Voltaire en 1771, et qui contenait beaucoup d'écrits de Voltaire. Ce poème avait concouru en i 768 pour le prix de l'Académie française, n'avait pas éié admis, et se débita depuis sous le