‹ Anecdotes sur le Mal de RichelieuChapitre 8 sur 24 · RULHIERE ET RICHELIEU IX · texte numérisé non relu

RULHIERE ET RICHELIEU IX

ne trouvait pas inférieur au Lutrin de Boileau. Il fit plus, il le reproduisit dans un article du Dictionnaire PHILOSOPHIQUE avcc Cette apostille : u Voilà des vers comme on en faisait dans le bon temps. »

Jusque-là, c'est-à-dire pendant trente-cinq ans, Kulhière suit tour à tour la carrière des armes et celle de la diplomatie. Gendarme dans la Maison du roi, aide de camp du maréchal de Kichelieu; secrétaire du baron de Breteuil, notre ambassadeur en Russie et en Suède de 1760 à 1768, qu'il accompagne à Saint-Pétersbourg et à Stockholm , et plus tard à Vienne en 1775, il est toujours et avant tout homme du monde.

Ami de Kichelieu, il en recevait les confidences. Après l'avoir servi dans les camps, et fait à ses côtés la campagne de Hanovre en l'j^j, il l'accompagna l'année suivcmte dans son gouvernement de Guyenne, lorsqu'une sorte de disgrâce eut fait rappeler le maréchal de l'armée. C'est là qu'il écrivit sans doute ses premiers vers, dans des fêtes qui furent données au

manteau. (Grimm, Correspondance, édit. Tourneux, VIII, 493.) Les Mémoires, dits de Bachaumont, rapportent ainsi le jugement de Duclos sur ce concours : « Il a fait mention encore d'une autre pièce sur les Disputes, mais contenant des réflexions et des détails sur lesquels la sagesse de l'Académie ne lui a pas permis d'appuyer beaucoup, et que les statuts l'ont obligée de réprouver malgré tout son ouvrage [sic]. Il a dit qu'il était de M, de Rulhière, officier de cavalerie. » (25 août 1768, IV, 90,)

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duc, et où brillait sa fille, la comtesse d'Egmont. Ayant, dans un bal et sous le masque, fort intrigué le maréchal, il le quitta en lui laissant un billet où.

étaient écrits ces vers d'une flatterie ingénieuse :

Quoique sous ce déguisement, Tu peux me connaître aisément Aux seuls sentiments de mon âme, Si je te crains, je suis Anglais; Si je l'aime, je suis Français; Si je t'adore, je suis femme*.

Ce séjour à Bordeaux, qui a échappe à Sainte- Beuve^ dans son étude, fort remarquable d'ailleurs, sur Kulhière, fut aussi l'occasion d'un voyage à Bayonne, dont il adressa un récit en vers à la duchesse d'Aiguillon. Dès cette époque nous lui voyons pour la fille du maréchal, l'aimable et jolie comtesse d'Egmont, une affection qui tenait du culte. Elle le méritait, et les encyclopédistes eux-mêmes, contre lesquels elle inspira à Palissot sa comédie des Philosophes, ne lui gardaient pas rancune.

Kulhière, Vauteur de tant d'épigramnies, semble, quand il parle d'elle, n'avoir jamais écrit que des madrigaux. A la suite d'un bal, il lui adressait ces vers :

Un jour vous faisiez un serment.

1. Œuvres, Paris, 1819, II, 446. Cités par M. R. Céleste, p. LXXllI.

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