I. — Généralités. Définition. Histoire natureixe
L’enquête qui se poursuivait eu France sur \ anémie des mineurs ou ankyloslomiase est depuis quelque temps terminée, et nous sommes aujourd’hui fixés sur rimportauce et la siguiUcatiou de la maladie dans le bassin liouiller du Mord et du Pas-de-Calais.
Les cas observés ne sont pas très nombreux ; une grande jiartie d'entre eux ont été importés, c’est-à-dire qu’ils se rapportent à des mineurs qui ont contracté le ver à l’étranger, dans des puits notoirement infectés ; la plupart sont sans gravité. Beaucoup cependant olîrent une symptomatologie qui n’est pas négligeable, et quelques-uns ont été rencontrés ça et là, dans lesquels la AÛe môme du malade pouvait sembler compromise. Quand bien même ces derniers viendraient tous du dehors, ils n’en constituent pas moins la jireuve vivante de la réalité d’une alTection, que plusieurs médecins contestaient, et dont certains parlent encore avec cette suffisance et cette ironie qui ne sont pas toujours la mesure de l’esprit et du savoir. De tels cas sont de nature à rendre circonspect pour l’avenir : car rien ne prouve que leur éclosion ne puisse un jour se produire chez nous, en Fétat actuel de nos mines, malgré l’optimisme qui tend à prévaloir au sujet des
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conditions du travail souterrain, malgré les heureux changements apportés dans l’exploitation, au cours des vingtcinq années qui viennent de s’écouler ( l). (ms modifications créent pour le parasite un milieu nouveau, auquel il n’est pas impossible qu’il s’adapte peu à peu en reprenant de la virulence. Et d’ailleurs, l’importation de variétés plus redoutables est toujours à craindre.
Selon nous, l’ankylostomiase existe chez les houilleurs depuis qu’il y a des houillères. Nous avons, sans pouvoir d’ailleurs rien affirmer à cet égard, quelques raisons de croire à la reproduction indéfinie du ver sous forme de larve dans les galeries souterraines, et nous sommes convaincu, en raison de la démonstration désormais acquise de la pénétration fréquente de celle-ci par la peau, que, dans le passé, bien des indispositions ou des affections sérieuses, qui ont été attribuées à d’autres causes, lui étaient imputables. Aussi, sans vouloir faire le péril plus grand qu’il n’est, pensons-nous qu’il y a pour les médecins des charbonnages un réel intérêt à connaître la maladie. En écrivant ce chapitre, nous 'nous sommes inspiré de nos propres recherches, si défectueuses et si incomplètes qu’elles aient été, et nous nous sommes ell’orcé de résumer d’une manière aussi claire et concise que possible les notions éparses dans une foule d’ouvrages français et étrangers. Citons notamment le livre récent de MM. Galmette et Bketon (2), qui, à coté d’uue abondante documentation relative à la question, renferme de précieux enseignements (ïhygiène sociale, celte application étendue et féconde des découvertes de
(1) 11 y a trente ans , les mineurs — il n’est pas superflu de le rappeler ici — descendaient par des échelles à quelques cents mètres sous terre, et subissaient ainsi une grande déperditiot; de forces avant de se mettre au travail. Le surmenage en faisait un excellent terrain pour le dévelo]>pement d’une affection parasitaire.
(2) L'Anhrjlosloiniase, par Galmette et Breton, Paris, chez Masson, 1905.
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l’Ecole pastorienne dont Duclaux développait naguère si brillaininent le programme (1).
Décidée par le ministère des Travaux publics sur une proposition de loi de M. Basly, député, conduite par l’Institut Pasteur de Lille, avec le concours d’une Commission, d’une manière plus officieuse qu’oflicielle (2), il fallait de la part de ceux f|ui la dirigeaient rpielque diplomatie, et de la part des médecins qui l’elVectuaient beaucoup de bonne volonté et de iiatience, pour que' l’enquête pût aboutir. Si l’on veut bien se rappeler l'opinion courante sur la mentalité de l’ouvrier français, son insouciance de ce qui touche à la santé tant qu’il n’est pas obligé de quitter le travail, son imprévoyance, son impatience de tout ce qui le gêne, en dehors des nécessités de son métier, où il est généralement sans reproche comme sans peur, on comprendra quelles difficultés il y avait à craindre de ce côté. Si l’on veut bien considérer que nos confrères des mines, nullement préparés à dépister l’ankylostomiase, dont il n’est guère question dans les traités classiques de pathologie, en niaient, pour laplupart, l’existence, et se trouvaient presque en droit de se plaindre d’une sorte d’intrusion dans leur domaine, on apercevra un nouvel obstacle. Enfin, si l’on réfléchit aux puissants intérêts en jeu, ceux des Compagnies, qui pouvaient être compromis par des menaces de grève, ou franchement atteints, d’abord par des arrêts partiels et momentanés de l’exploitation au cours des recherches, puis dans la suite par des mesures onéreuses édictées contre l’alïection, soit pour la combattre, soit pour enrayer son développement, on verra à quelles oppositions cette enquête était exposée à se heurter.
Qu’est-ce donc que l’ankylostomiase ? C’est une maladie parasitaire, caractérisée par des troubles gastro-in-
(1) L Hygiène sociale, par Duclaux. Paris, chez Alcan, 1902.
(2) Deux importantes compagnies ont procédé elles-mêmes aux recherches.
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testiiiaux et des symptômes (ranémie ])Ius ou moins grave, pouvant aboutir a la cachexie et à la mort. Elle est causée par la présence, dans l’intestin grêle, spécialement le duodénum, d’un nombre parfois considérable de petits helmintlies appartenant à l’espèce cuihylostomam diLodenale on luiciuaria duodenalis^ ordre des nématodes, famille des slrongylidés.
Ces vers, sexués, ont une longueur variant entre 10 et 18 millimètres, et le mâle est plus petit que la femelle. Le premier présente à son extrémité caudale une sorte d’entonnoir membraneux soutenu par des épaississements en forme de rayons : on désigne celui-ci sous le nom de bourse copuLatrice, car il sert à l’accouplement, qui se fait en croix, la vulve de la femelle étant située à ])6u près à mi-corps. Tous deux possèdent une bouche infuudibuliforme, armée de dents, au moyen de laquelle ils se lixent à la muqueuse intestinale pour en sucer le sang, ainsi qu’un tube digestif, des organes génitaux et des glandes, contenus dans une enveloppe cliitineuse, épaisse et striée transversalement. Après l’accouplement a lieu la ponte.
Le nombre des œufs doit être généralement considéré comme proportionnel à celui des parasites. Souvent, on en trouve seulement un ou plusieurs dans une préparation microscopique ayant deux centimètres carrés de surface, faite avec une parcelle de matières fécales ; mais on en peut compter jusqu’à cent et davantage. Le ver adulte ne se rencontre jamais à l’état libre ; il ne vit que dans l’intestin de son bote, et il ne l’abandonne que sous Faction des antlielmintiques les plus énergiques : on le voit alors au milieu des selles, où ils est mort. Il représente le stade ultime et parasitaire d’une larve, dite rhabdiloïde, puis strongyloïde, suivant le moment et la caractéristique de son évolution, qui naît, se nourrit, se dévelo[>pe et se meut en dehors de tout organisme. Elle provient elle même des œufs, rejetés à l’extérieur avec les excréments
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liiimaiiis. Elle constitueuii véritable petit nématode, pourvu d’organes rudimentaires — sauf la bouche et deux renllements musculeux, pharyngien et œsophagien, qui, pendant un certain temps, ap})araissent avec une grande netteté, — ayant une longueur variant de deux à six dixièmes de millimètre, et doué de mouvements très actifs.
Nous ne pouvons entrer dans tous les détails de structure du parasite, ni dans toutes les particularités de sa biologie, dont quelques points restent encore à élucider, notamment en ce qui concerne l’évolution de la larve à l’état libre. On les trouvera dans les travaux des principaux auteurs qui s’en sont occupés : depuis Dubini, qui découvrit Tankylostome en 1838, jusqu'à Looss et, après lui Schaudinn, qui démontrèrent récemment la possibilité de la pénétration des larves par la peau, en passant par Bilharz et Griesenger, VVucherer, Perroncito, Stiles, Leichtenstern, R. Blanchard, Kuborn, Herman, Tenholt, Malvoz et Lambinet. Nous n’en retenons ici que les notions les plus essentielles.
Les œufs ont besoin, pour éclore, d’un milieu humide et un peu consistant, pâteux, comme le mélange des excréments à la terre ou à la fine poussière de charbon, comme la boue et la vase (1). Mais cette éclosion n’est possible que dans certaines conditions de température : de 15 à 35 degrés, limites e.xtrêmes, avec maximum de résultat entre 20 et 30. La larve éclose ne peut vivre également qu’à ces températures, et la dernière (30®) est celle qui lui convient le mieux, son développement complet ne
(1) Nous en avons vu éclore parmi des matières fécales, conservées seules ou additionnées d’un peu d’eau. Mais les larves ne tardent pas à périr dans ce milieu putride.
Le mélange des selles avec la terre ou la poussière de houille donne bien souvent un résultat négatif. Le meilleur milieu de culture est celui de Looss: une partie d’excréments pour deux parties de noir animal, avec addition d’un peu d’eau (voir Calmette et Breton).
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s’elTectuant que difllcilemeut au-dessous de 20°. Il lui faut, de plus, de l'air et de l’eau. Pourtant, lorsqu’elle est parvenue à son dernier stade, àiià'enkystenient, caractérisé par la présence d'une gaine transparente et llexible, au sein de laquelle elle peut s’étirer et se rétracter, elle possède une certaine résistance à la dessiccation. Personnellement, nous en avons vu revivre de telles sous le microscope, par addition d’un peu d’eau, au milieu d’échantillons de boue larvifère que nous avions recueillis au fond d’une mine, et que nous conservions depuis deux mois dans des boîtes métalliques fermées. En revanche, la dessiccation à l’air libre, sur une lame de verre par exemple, les tue irrémédiablement en peu de temps, parfois en quelques heures (Lambinet, Calmette et Preton) : nous avons nous-même réalisé plusieurs fois cette expérience. Si la lumière directe du soleil les détruit (Lambinet), il n’en est pas de même de la lumière diffuse, puisque nous en avons trouvé de vivantes et d’actives dans l’eau claire d’un petit flacon de verre ordinaire, qui était resté trois mois sur notre table de recherches microscopiques. D’ailleurs, nous en avons découvert, en été, dans de la terre de jardin et dans l’écorce humide et pourrie du pied de quelques arbres, au voisinage des puits miniers, en même temps que nous rencontrions un autre nématode de taille plus grande : le rhabditis tervicola (Raillet). Il y a môme lieu de se demander, pensons-nous, si le rhabditis Niellyi et le rhabditis pellio (Raillet) ne seraient pas deux aspects ou deux stades de l’ankylostome. Dans ce cas se trouverait vérifiée l’opinion de Sandwith et Giles, qui croient à la maturation complète du ver en dehors de l’organisme. Disons toutefois que Calmette et Breton n’ont pu la réaliser en variant les milieux de culture, pas plus qu’ils n’ont réussi à provoquer le développement de l’helminthe chez d’autres animaux.
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II. — Distribution géographique. — Discussion étiologique ET PATHOGÉNIQUE
Tel est donc l'agent de la maladie. Gomment pénètret-il dans rorg’anisme Immain, et pourquoi sévit-il plus particulièrement chez les ouvriers des charbonnages ? A cette dernière question se rattache celle de la distribution géographique de l’ankylostomiase, qui n’est spéciale aux mineurs que dans nos climats tempérés, où les galeries souterraines réalisent, d’une manière plus égale que tout autre milieu, les conditions de température et d’humidité nécessaires au développement du parasite. Elle règne, en d’autres pays, àla surface du sol, à Tétat endémo-épidémique, etyprend les proportions d’un véritable fléau. Sa répartition, telle qu’elle est aujourd’hui connue, en dehors de l’Europe, peut se résumer ainsi : partie méridionale de l’iVmérique du Nord et partie septentrionale de l’Amérique du Sud (Brésil notamment), côtes occidentales et orientales de l’Afrique (Sénégal, Madagascar, Egypte), est et sud de l’iVsie (Japon, Inde, Indo-(diine, Siam, Bornéo et Java), Océanie (portion est de l’Australie) (i). C’est elle qui semble donner lieu, dans les régions tropicales, à Y anémie pernicieuse, tà Vhypohéniie et à Uopilaçao, au panighao ou walersores, au pica. ou géophagie.
En Italie, elle est commune chez les cultivateurs de rizières, les briquetiers et les ouvriers des solfatares (Grassi et Parona).
En Allemagne, en Belgique, en Angleterre et en France,
(1) Elle aurîiit été récemment observée en Algérie (Ferrier, Archives de Parasitologie, 1" septembre 1905.)
FRANÇOIS
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la symptomatologie et la localisation de l’ankylostomiase lui ont valu le nom ÎS! anémie des mineurs. Ici se pose une question de doctrine. En 1876, la société de médecine de Saint-Etienne couronnait un mémoire portant précisément ce titre, écrit par le docteur Manouvriez (de Valenciennes). L’auteur, après avoir présenté un excellent travail historique, clinique et étiologique, sur l’étrange maladie qui avait sévi à plusieurs reprises à Anzin et un peu partout, depuis la première manifestation étudiée en 1803-04 par Pinel, Ghaussier et surtout Ilallé, concluait à (( une intoxication due aux vapeurs de divers dérivés de la houille (1) ». A cette époque, le nématode qui nous occupe était peu connu. Quelques années plus tard, en 1879, éclatait la redoutable épidémie qui décima le personnel occupé au percement du Saint-Gothard. Plusieurs savants italiens : Perroncito, Goncato, Baccelli, Bozzolo et Pagliani, Grassi et Parona, s’occupèrent d’en rechercher la cause. Perroncito l’attribua franchement à l’ankjdostome, dont il fit une étude morphologique et biologique remarquable. Son opinion prévalut. Au cours des discussions intervenues, le mot à' cmki/loslomiase avait été créé par Bozzolo; mais le terme à! anémie du lunnel resta.
A partir de 1880 jusqu’aujourd’hui, les observations et recherches se multiplièrent de divers côtés, et l’on ne tarda pas à découvrir .de ver chez des ouvriers du fond, dans plusieurs charbonnages. Gomme ils présentaient à peu près les mêmes troubles que les malades du Saint- Gothard, V anémie du tunnel devint Vanémie des mineurs. Devaient-elles être entièrement assimilées entre elles, et identifiées avec l’alTection ancienne si bien décrite par Manouvriez ? Relativement au premier point, l’accord est presque unanime : sous cette réserve que, s’il y a bien parmi les mineurs une anémie ankylostomiasique, on en rencontre d’autres ayant une origine toute différente. En
(1) L’Anémie des mineurs, Paris, chez Baillère, 1878.
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ce qui concerne le second, deux opinions contraires et irréconciliables se sont allirmées récemment, plaidées devant l’Académie de médecine avec une égale chaleur et une pareille richesse d’arguments (1). L’une nie la valeur étiologique de Lhelmiuthe, et, par conséquent, ne reconnaît entre lui et la maladie des houilleurs, dans le passé comme dans le présent, aucune relation de cause à elFet (Fabre) ; l’autre, très préoccupée de l’existence du parasite et de l’importance qu’il a su prendre, n’hésite pas à lui attribuer tous les torts, actuels et anciens (Manouvriez). Nous basant sur les analogies cliniques, nous sommes porté à admettre que l’ankylostome habitait les galeries de certaines houillères avant les recherches de Perroncito, et même avant la découverte de Dubini. Mais, en raison de l’impossibilité d’une preuve rétrospective par le microscope, on peut concilier les deux thèses en accordant une grande place dans la production du mal aux causes favorisantes, et en établissant une distinction entre les porteurs de ( VVurmtràger des i\llemands) et les mala-
des du ver (Wurmkranken) : autrement dit, les ankylostomisés et les ankylostomasiques. Le rapport des seconds aux premiers serait en Allemagne de 20 p. 100, en France de 5 p. 100 seulement.
« Le terrain et la graine, écrivent Galmette et Breton, sont ici, comme dans toutes les infections, deux facteurs d’égale importance. Si la graine (la larve) vient à pénétrer dans l’intestin de sujets résistants, elle peut y germer sans qu’il en résulte de troubles pathologiques apparents. Si le terrain est débilité par toutes sortes de causes extrinsèques et intrinsèques, elle s’y implantera, au contraire, en produisant tous les symptômes d’une maladie chronique à allures menaçantes pour la vie de l’individu
(1) Comptes rendus de l’Académie, communication de Fabre (de Commentry), î9 avril 1904.
Ibidem, communication de Manouvriez (de Valenciennes), 3 mai
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Ces causes intrinsèques et extrinsèques peuvent déterminer à elles seules certaines formes d’anémie réelle ou appa rente; car, sur cent mineurs, soixante environ ont le teint blême. Ce sont, d’après une statistique personnelle basée sur l’examen clinique de cinq cents d’entre eux, en dehors de l’étude microscopique desselles ; les excès de boissons, très fréquents, avec les accidents gastro-intestinaux consécutifs, dilatation de l’estomac, congestion du foie, mauvaises digestions (1) ; les troubles cardiaques, circulatoires et respiratoires, assez communs, dus à des causes encore mal connues, et que nous nous proposons d’étudier plus loin ; le rhumatisme, avec ses lésions valvulaires ; moins fréquemment, la tuberculose et la syphilis ; plus rarement encore, le mal de 'Brigiit, l’ulcère rond et le cancer ; enfin, relativement à certaines conditions fâcheuses de l’exploitation, la déglobulisation et la débilitation consécutives à un labeur pénible, dans quelques chantiers situés parfois à trois et quatre kilomètres du puits d’entrée d’air, et partant mal ventilés, humides et chauds (2) ?
(1) Beaucoup de buveurs, peu de vrais alcooliques, parmi les mineurs du Nord et du Pas-de-Calais. Cela tient, selon nous, à deux causes : d’abord, la sélection rigoureuse que pratiquent les médecins des compagnies pour l’embaucliage, et qui élimine les hommes chétifs, plus sensibles aux intoxications ; ensuite, l’usage d’une bière peu alcoolisée.
(2) L’aération se fait au moyen de deux puits ; l’un servant à l’entrée de l’air en même temps qu'à l’extraction, l’autre à sa sortie après qu'il a circulé dans les galeries et les chantiers. Les ingénieurs des mines ont installé presque partout depuis vingt-cinq ans, en rapport avec le second, un ou deux ventilateurs, qui consistent en d’immenses palettes animées d’un mouvement rotatoire très rapide et agissant par aspiration.
La température moyenne est de 15° au bas du puit d’entrée d’air, de 20° dans les galeries, de 24° dans les chantiers, où elle peut atteindre — rarement — 28° et même 30", de 22° au retour d’air géné-
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