‹ Anémie Hypochrome Achylique essentielleChapitre 10 sur 44 · ENT OR DT ES PRES RS ROP LE CAPTER VA REP · texte numérisé non relu

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sée ou même normale; comme nous le verrons plus loin, Van Leuwen interprète ces cas comme des preuves en faveur de l’origine purement intestinale de certaines anémies hypochromes, par ailleurs exactement semblables à l’anémie hypochrome achylique habituelle; pour P. Chevallier, ces faits correspondraient fréquemment à des gastrites « muettes » uniquement décelables par la gastroscopie, car quand l’atrophie gastrique diffuse n’est pas très étendue elle est compatible avec une sécrétion acide presque entièrement ou entièrement conservée.

B) Les modifications sanguines

Les modifications sanguines, quand elles sont nettes et qu'on les étudie chez un malade encore non traité, sont tout à fait caractéristiques; les stigmates fonctionnels, pourtant, en sont habituellement discrets, et c’est moins l’asthénie, l’essoufflement, la tachyeardie, etc., que la pâlenr,

jointe aux troubles digestifs, qui attire l'attention des

malades.

Les altérations sanguines :

La déglobulisation est variable, mais reste toujours modérée, oscillant autour de trois millions; il est rare de voir le chiffre des globules rouges descendre au-dessous de deux millions.

La maladie est d’ailleurs moins caractérisée par la déglobulisation que par une chute remarquable du taux de l’hémoglobine : mesurée au Sahli, celle-ci oscille entre 20 et 60 %. Dameshek rapporte même le chiffre de 12 %.

Il s'ensuit que la valeur globulaire est toujours très basse et que les chiffres de 0,40, de 0,59 sont courants : c’est là le fait essentiel.

En coloration vitale, avant tout traitement, le sang ne

contient qu'une petite quantité de réticulocytes, de 0,5 à 1 %, ce qui est normal,

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L'anisocytose existe toujours avec, et c'est un des earactères spéciaux de la maladie, une proportion élevée de microcytes : le diamètre moyen des hématies est dans l’ensemble diminué.

La poïkilocytose est généralement modérée, plus modérée encore ou absente est la polychromatophilie; ce n’est que dans les formes graves que ces altérations sont fortes. Dameshek, Fiessinger signalent même, dans ces cas, la présence de normoblastes, ce qui paraît exceptionnel.

Le chiffre des plaquettes est habituellement normal et les altérations de la crase sanguine nulles.

Pour Corelli, contrairement à ce qui se passe dans la maladie de Biermer, la sédimentation n’est pas accélérée; l'observation récente de Benhamou signale cependant une accélération légère de la vitesse de sédimentation.

Il n'y a pas de modifications de la formule blanche; tout au plus une légère leucopénie (inconstante), avec tendance à la lymphocytose.

La moelle osseuse étudiée par ponction sternale est rouge, suractive en état de réaction normoblastique : dans

les cas que nous avons observés, les normoblastes consti- Luaient en effet, en moyenne, le tiers des éléments numérés.

Valeur des stigmates sanguins : les formes légères.

La valeur et la limite à assigner aux stigmates sanguins de l’anémie hypochrome achylique méritent discussion : beaucoup d'auteurs, en France notamment, n’admettent le diagnostic d’anémie hypochrome que s’il existe une anémie et surtout une hypochromie nette, du type, par exemple, G. R. 3.000.000, avec une V. G. de 0,50, évitant ainsi le reproche qu'on pourrait leur faire d'étendre abusivement le cadre de la maladie. Doit-on faire état des cas moins nets? Pour donner un exemple, doit-on prononcer Je mot d’anémie hypochrome achylique quand on trouve, coexistant avec une achlorhydrie, un chiffre de globules rouges voisin de 4.000.000 et une valeur globulaire de

0,80? À cette question, nombre d'auteurs anglo-saxons répondraient par l’affirmative, et à condition de ne pas tenir compte d’un seul examen, ceci pour se mettre à l’abri des causes d'erreur, il semble bien que les faits leur donnent raison. [l ne fait de doute pour personne, à l’heure actuelle, que les stigmates sanguins dans les anémies, quelles qu'elles soient, ne sont que les reflets de troubles beaucoup plus généraux qui débordent le système hématopoiétique: il n’est donc pas interdit de penser qu'aux stades initiaux de l’affection ou même dans les formes légères, les modifications sanguines puissent être à peine marquées et même pendant un certain temps nulles: un argument en faveur de cette hypothèse est justement l'amélioration par la thérapeutique martiale de certaines manifestations cutanéo-muqueuses avec achlorhydrie, ne comportant qu’un minimum de troubles sanguins, eux-mêmes améliorés par la thérapeutique.

Nous avons insisté, et nous reviendrons, sur ces formes que l’on pourrait appeler « mineures » de l’anémie bypochrome achylique, car elles aident à comprendre les cas où, malgré l’absence d’anémie, on peut être autorisé à parler de formes frustes ou non anémiques de la maladie. Le cadre des manifestations cutanées et muqueuses de l’anémie hypochrome achylique apparaît de ce fait singulièrement plus large qu'il ne le paraît au premier abord : il faut d’ailleurs se garder de l’étendre exagérément et d'y faire entrer, au nom d’une légère hypochromie, toutes les glossites indéterminées, tous les prürits vulvaires en apparence idiopathiques. Le critérium de leur nature réelle, qui nous paraît le meilleur et sans lequel le diagnostic ne doit pas être posé, est le critérium thérapeutique : la guérison où au moins l’amélioration indubitable par le traitement ferrique; dans l'ignorance où l’on est de l’étiologie et de la pathogénie exacte de la maladie, c'est ce

lui qui doit le moins prêter à la critique

. Ajoutons que l'examen systématique de la moelle osseuse, dont l'emploi tend à se généraliser, rendra peut-être un jour plus

facile et plus sûr le diagnostic de ces formes incomplètes,

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