‹ Anémie Hypochrome Achylique essentielleChapitre 14 sur 44 · IT. — LES MODIFICATIONS CUTANÉO-MUQUEUSES ACCESSOIRES · texte numérisé non relu

IT. — LES MODIFICATIONS CUTANÉO-MUQUEUSES ACCESSOIRES

Nous avons rangé dans ce groupe les altérations cutanées et muqueuses qui, comparées à la glossite et aux manifestations bucco-pharyngées, nous ont paru, soit moins fréquentes, soit plus discutables quant à leur nature réelle.

A) Les altérations de la peau.

La peau des malades atteints d’anémie hypochrome achylique franchement caractérisée est, cela va de soi, pâle, d’une pâleur grisâtre terreuse, assez différente de la pâleur subictérique des biermériens. Elle est en outre habituellement fine, sèche, légèrement écailleuse et fragile (Allodi). I est rare cependant qu’elle soit le siège d’ecchymoses ou de pétéchies, lesquelles correspondent alors à des modifications de la crase sanguine, susceptibles, comme le signale Dameshek, de s'améliorer sous l'influence du traitement ferrique. Exceptionnellement, mais le fait est important tant au point de vue pathogénique que thérapeutique, la peau apparaît épaissie, ferme et infiltrée, d'aspect myxædémateux; la possibilité d'insuffisance thyroïdienne légère, dans l’anémie hypochrome si fréquente des myxædémateux, a été signalée par Unverricht, Evans, Mœrsch et Con-

ner, récemment par Chaudre : elle est habituellement légère et réduite à la seule infiltration de la peau, associée à une baisse plus ou moins importante du métabolisme de base; elle mérite d’être prise en considération, car sa méconnaissance peut être la cause d’échecs partiels de la thérapeutique eur lesquels nous aurons à revenir.

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C’est à la fragilité de la peau, déjà signalée, que l’on rattache souvent deux manifestations assez particulières de l’anémie hypochrome achylique : les fissures labio-commissurales et les fissures des extrémités pulpaires des doigts.

Les fissures labio-commissurales.

De nombreux auteurs signalent, dans l’anémie hypochrome achylique, l’aspect fendillé et craquelé du bord rouge des lèvres, mais c’est là une lésion dont la banalité rend l'interprétation difficile. Plus spéciales, semble-t-il, à la maladie sont les fissures labio-commissurales que signalent dans leurs observations Kaznelson, Suzmann, Broekema4, Benhamou et d’autres encore. Leur signification pathogénique n’est pas résolue : attribuées par Kelly à une irritation de la muqueuse du fait d’une exagération du réflexe æsophago-salivaire, elles nous paraissent beaucoup plus simplement s'expliquer par une extension à la commissure de l’atrophie bucco-pharyngée, déjà signalée; en effet, si ces fissures sont loin d’être constantes, nous les avons toujours trouvées, quand il existait une glossite et une atrophie marquée de la muqueuse bucco-pharyngée.

La lésion, au premier abord, ne diffère pas de la perlèche streptococcique la plus banale : c’est une érosion superficielle, bordée d’une mince collerette, à fond rouge vif et suintant, ou quelquefois recouverte d’une croûtelle; les pommades ou les pâtes antiseptiques ont d’ailleurs sur elles un effet remarquable, mais qui reste incomplet, et, une fois guérie l'infection, que nous considérons comme habituelle mais secondaire, il persiste une ou plusieurs cassures

linéaires, comparables, comme le fait remarquer. Evans, aux rhagades de l’hérédo-syphilis, bien que, contrairement

à celles-ci, elles soient beaucoup plus développées sur la,

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