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bosselé, « en feuille morte »; à mi-hauteur, les bords, quittant leurs rainures, se relevaient et poussaient librement en dehors, formant de véritables ailerons latéraux.
Beaucoup plus caractéristique est la koïlonychie, qui, signalée pour la première fois par Kaznelson, a été, depuis, retrouvée par Witte, Davies, Brockema, Benhamou et Weissenbach. Cette curieuse affection des ongles, peu connue, étudiée par Ball, puis par Dubreuilh, consiste essentiellement en une dépression cupuliforme plus ou moins accentuée de la table de l’ongle, remplaçant la convexité habituelle, occupant la totalité ou seulement la partie distale de celui-ci, et qui, dans les cas légers, est bien appréciable de profil; elle coexiste ordinairement avec un relèvement du bord libre et des bords latéraux, ce qui contribue encore à donner à l’ongle ainsi atteint l'aspect en cuiller « spoon nail » auquel il est classique de le comparer. La substance même de l’ongle est parfois normale; souvent l’ongle a perdu son poli et est fortement strié longitudinalement; son bord libre est aminci, quelquefois lamelleux et déchiqueté; les bords latéraux, par contre, sont souvent fortement épaissis. La koïlonychie peut être généralisée, mais parfois elle n’atteint que deux ou trois doigts; les autres doigts sont alors atteints d’aliérations légères, que nous avons décrites plus haut; elle peut coexister ou non avec une hyperkératose fissuraire des extrémités pulpaires des doigts.
Comme les autres manifestations cutanées et muqueuses. les altérations unguéales, la koïlonychie peuvent être précoces; cette dernière, chez deux malades de Broekema, avait précédé de plusieurs années la découverte de l’anémie; cependant, l’origine réelle de l’altération des ongles lui fut démontrée par l'efficacité du traitement ferrique, qui, en trois mois, avait déterminé une amélioration remarquable et, pour certains doigts peu atteints, la guérison. Cette preuve thérapeutique nous paraît indispensable, étant donné la diversité des causes qui, comme nous le ver-
rons, peuvent régir les altérations unguéales ci-dessus décrites, |
C) Le prurit vulvaire.
C’est grâce au hasard d’un succès thérapeutique que Swift a pu rapporter certains cas de prurit vulvaire à l’anémie hypochrome achylique; dans l’article qu'il a publié en
1931, il en rapporte trois observations ayant trait à des femmes de 33, 36 et 43 ans.
IL semble, à la lecture de ces observations, que le prurit puisse précéder l'anémie, car dans les trois observations que Swift rapporte, il remontait à plusieurs années, et dans deux cas au dernier accouchement. Le prurit, dans tous les cas, était intolérable, s’exacerbant comme cela est fréquent pour tous les prurits vulvaires, la nuit et à l'approche des -règles; il s'était montré remarquablement rebelle à toutes les thérapeutiques, et même la radiothérapie n’avait eu aucune action. La vulve, dans les trois cas, était le siège de lésions visibles : sur la partie interne des petites lèvres et sur le capuchon clitoridien existaient de petites plaques cris blanchâtre à limites floues, non infiltrées; dans un cas, cependant, l'intensité de la leucokératose et la netteté de ces limites étaient telles que l’auteur avait porté le diagnostie de leucoplasie vulvaire. Pour P. Chevallier, les lésions, qui ne sont sûrement pas de la leucoplasie, ne sauraient être non plus assimilées à une lichénification, car histologiquement à l’hyperkératose s'associe, non pas des signes de prolifération épidermique, mais, bien ‘au contraire, une tendance à l’atrophie de l'épithélium, analogue à celle que l’on observe sur les autres muqueuses; pour cette raison, :| considère les modifications vulvaires comme la cause et non la conséquence du prurit et a proposé pour les désigner le terme de « prurigo leucodermique ». Quelle que soit l'interprétation pathogénique des faits, le traitement ferrique amène, dans cette variéié de prurit, une amélo-
ration considérable; pour un malade de Swift, même, la e°
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