‹ Anémie Hypochrome Achylique essentielleChapitre 25 sur 44 · PC PT SET PINS · texte numérisé non relu

PC PT SET PINS

breux autres. Les rapports, en effet, entre les deux maladies sont évidents, mais leur étude dépasse les limites que nous nous sommes fixées,

C) LEs CLossiTEs DITES DIGESTIVES

On entend habïuellement sous ce nom, en France, les « dépapillations linguales en aires », appelées encore « plaques fauchées non syphilitiques », dont Desaux a montré les rapports possibles avec l’urticaire et qui sont habituelle-

ment en rapport avec des troubles dyspeptiques.

Depuis très longtémps, les médecins et les dermatologistes ont remarqué que la langue, habituellement saburrale, des sujets atteints de troubles dyspeptiques pouvait être le siège de dépapillations plus ou moins étendues.

Dans leur forme habituelle, localisée, ces plages de dépapillation ne sauraient en rien simuler la glossite lisse diffuse : ordinairement, la glossite digestive est en effet faite de taches irrégulières, séparées, dont la dimension varie de 0,5 à 1 cm., à limites nettes, mais non marquées par un ourlet, comme dans la glossite exfoliatrice marginée; leur siège est variable, mais, avec une nette prédilection, elles se développent sur le tiers postérieur de la langue dans l’espace compris entre les deux branches du V lingual (glossite triangulaire postérieure de P. Chevallier) ; dans l'aire de leur surface, la muqueuse est rouge, desquamée mais non atrophiée; en effet, il s’agit seulement d’une chute des couches superficielles de l'épithélium; les papilles persistent, au moins anatomiquement, car, à la vue, seul reste visible sur les plaques le relief

arrondi des papilles fongiformes; les

plaques ne sont ni douloureuses, ni infiltrées; elles ont une évolution irrégulière, se déplacent, disparaissent pour revenir en un autre point.

Les dépapillations digestives nous ont paru correspondre habituellement à des altérations de l'estomac, d’ailleurs

sed Bac dl ans dt ml set dd

A Tu

très variables; sur 16 cas étudiés, nous avons relevé un cas d’ulcère, six cas de gastrite hyperchlorhydrique, neuf cas d'hypo ou d’anachlorhydrie; la gastroscopie systématiquement pratiquée nous a permis de vérifier cette diversité. Cette glossite digestive échappe à toute thérapeutique; dans les cas où il existait un déficit de la sécrétion chlorhydrique, l’administration d'HCI en solution a habituellement déterminé une amélioration des troubles digestifs, mais n’a eu qu’une action très inconstante sur l’évolution capricieuse des plaques de desquamation linguale.

Il est rare de voir les taches de desquamation confluer et envahir de larges espaces, maïs, même dans ces cas, la distinction avec la glossite lisse diffuse est facile, car, même étendues, ces dépapillations n’envahissent pas toute la langue et ont de ce fait une bordure; même importantes, elles ne déterminent jamais un aspect absolument lisse, atrophique de la langue : le relief fongiforme étant toujours perceptible à la vue et au toucher. ;

C’est à ces formes étendues que, nous semble-t:l, se rattache l’aspect lisse de la langue de certains cirrhotiques; dans quelques cas, cependant, la langue absolument lisse, d’aspect atrophique, carminée, nous a paru absolument identique à celle de la glossite lisse diffuse, telle que nous l'avons décrite plus haut : s'agit-il dans ces cas d’une glossite autonome? ou au contraire d’une variété de glossite achylique ou même anémique? (l’anémie hypochrome n’est pas exceptionnelle chez les cirrhotiques) ; faute de preuves thérapeutiques, nous ne saurions répondre.

D) La KoiÏLONYCHIE

Il nous a paru utile de consacrer un paragraphe de ce chapitre Diagnostic à cette affection rare et mal connue qu'est la koïlonychie; en effet, sous le prétexte que la koïlonychie est une affection d’ordinaire mystérieuse quant à son étiologie, il ne faudrait pas conclure que tous les cas

On 2

que l’on rencontre puissent être rattachés à une anémie hypochrome nette ou larvée.

Pardo Castello, dans son livre, fait l’'énumération des causes qui ont été invoquées à l’origine de cette étrange affection; J. Heller incrimine, sans beaucoup de preuves, un eczéma strictement localisé à la matrice unguéale et fait entrer dans ce groupe des cas de koïlonychie observés chez les ménagères, les manœuvres, etc. Fox, P. Castello, Milian l’ont constatée chez des malades syphilitiques tertiaires ou hérédo-syphilitiques, et guérie sous l’influence du traitement spécifique.

Wilson et Waelech, de leur côté, insistent sur le caractère fréquemment héréditaire de l’affection et sur sa coexistence avec d’autres malformations des phanères, monilethrix notamment. Maire et Woringer, chez une hypothyroïdienne, ont chservé une amélioration considérable de la koïlonychie sous l'influence de l'extrait thyroïdien. White, de Chicago, a obtenu des résultats encourageants avec la vitamine B.

Il est vraisemblable, donc, que la koïlonychie n’est qu'un syndrome, qui peut être lié à une grande quantité de causes ; il n’en reste pas moins que, bien souvent, comme le dit Broekema, l’étiologie reste mystérieuse et on ne peut alors que suivre son conseil, d'examiner systématiquement chez ces malades : le sang, le liquide gastrique, et de tenter le traitement ferrique d’épreuve.

}|, VHS

Page 1