C) LES RÉSULTATS DE LA THÉRAPEUTIQUE
Comme nous l’avons déjà écrit, et nous considérons cela comme le critérium de leur nature réelle, les manifestations cutanéo-muqueuses s’améliorent, souvent remar-
quablement, par le traitement ferrique. Il s’en faut, d’ail-
leurs, que cette amélioration soit la première manifestation de l'efficacité thérapeutique.
Il nous a semblé que les troubles digestifs dont les ma-. lades se plaignent. preique constamment étaient les. pre-
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imiers à régresser : dès les premiers jours, le ballonnement, les pesanteurs après les repas disparaissent; l’appétit augmente, en même temps que les malades accusent une amélioration de l’état général, une augmentation des forces, quelquefois même une véritable sensation d’euphorie.
L'amélioration sanguine n'est pas aussi immédiatement évidente; la première manifestation, le premier test de l’action thérapeutique est la crise réticulocytaire qui survient habituellement à la fin de la première semaine; elle est souvent, d’ailleurs, très discrète, et P. Chevalier explique ce fait de la façon suivante : « L’intensité de la réticulocytose est proportionnelle à la déglobulisation, d’une part, à l'intensité initiale du traitement, d'autre part; or, dans l’anémie hypochrome achylique, la déglobulisation est souvent modérée et pour éviter des phénomènes d’intolérance on commence volontiers par des doses moyennes de fer. Il n’y à donc rien d’étonnant à ce que la crise réticulocytaire soit souvent à peine perceptible; si l’on agit un peu brutalement dans une anémie sérieuse, elle est au contraire nette et les hématies granulo-filamenteuses peu-
vent atteindre 9 à 10 %. »
La régénération de l’anémie elle-même est plus tardive, car, comme l’a démontré Hayem, elle se fait en deux temps : phase de multiplication des hématies où l’hypochromic s’exagère encore, et phase de perfectionnement où l’hémoglobine rejoint peu à peu son chiffre normal; c’est cette phase qu'il est parfois difficile d’atteindre; cinq à six semaines sont habituellement nécessaires.
C'est dans les mêmes délais que l’on peut juger de l’amélioration des altérations cutanéo-muqueuses : le prurit vulvaire est, quand il existe, le premier signe cutané ou muqueux à réagir au traitement et souvent dès la première semaine l’amélioration est indiscutable; la repapillation de la glossite ne devient franchement visible qu’après trois ou quatre semaines de traitement; il faut au moins, cela va de soi, deux ou trois mois pour voir se modifier les altérations des ongles, Nous n’avons aucune expérience de
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l’action du traitement sur les fissures des extrémités pulpaires que Van Leuwen a vu ainsi guérir, sans aucun traitement externe; dans deux cas signalés par cet auteur, le traitement ferrique a paru avoir également une action sur la chute des cheveux (?).
Nous ne ferons que résumer l’action de la thérapeutique sur les autres symptômes : Auersperg et Catola signalent la guérison d’un syndrome neuro-anémique; dans le cas qu'il nous a été donné d’observer, l’amélioration fonctionnelle fut considérable, sans que les symptômes objectifs se soient beaucoup modifiés.
La dysphagie est habituellement considérée comme un symptôme rebelle (Dameshek, Chaudre, etc.). Benhamou et Suzmann l’ont vue cependant guérir sous l'influence du seul traitement ferrique.
Tous les auteurs, enfin, admettent que l’achlorhydrie résiste à la thérapeutique; Heath, dans deux cas, et nousmême, dans un cas, avons pu cependant observer, sous l’influence du traitement martial, le retour de la chlorhydrie à la normale; dans le cas suivi par nous, la gastroscopie a montré une amélioration parallèle de l’atrophie gastrique aboutissant à une véritable régénération des plis de la muqueuse.
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