SYNDROME DE PLUMMER:VINSON
par Ed. Benhamou et G. Cohen-Solal.
(Communication faite le 13 mars 1935 à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris.)
(Anémie hypochrome — glossite — dysphagie — koilonychie; Amélioration par le fer.)
Une femme de 40 ans, Béroudi G., entre dans notre service hospitalier le 7 janvier 1935 parce qu’elle avale de plus en plus difficilement ses aliments, qu’elle présente une diarrhée séreuse depuis plusieurs mois et qu’elle maigrit et se cachectise.
Le facies, en effet, est émacié, très pâle tirant sur le jaune citron clair, les lèvres sont décolorées, les conjonctives blanchâtres, nullement subictériques. La palpation du ventre, mou, flasque, ne révèle aucune anomalie : la rate, le foie, sont normaux. Les poumons sont intacts. L’ausculiation du cœur laisse entendre à la base, au foyer pulmonaire et au foyer aortique, des souffles systoliques intenses, mais sans propagation; aux jugulaires et surtout à droite on a un bruit de rouet particulièrement violent. Pas de troubles des réflexes, ni de la sensibilité superficielle et profonde, pas de modifications du sens vibratoire. Les urines ne contiennent ni albumine, ni urobiline, ni pigments et sels biliaires. Au cours de cet examen, en dehors de l’anémie et des souffles cardiaques et jugulaires, on est frappé par l'aspect de la langue : lisse, rosée, dépapillée, vernissée et comme passée au « Duco » c’est une langue de Hunter typique avec en outre deux plaques blanchâtres nacrées à la partie antérieure; on cst frappé aussi par les alternations des ongles qui sont plats, mats, crénelés, fendillés et qui présentent à la main droite ces déformations en cupules, connues sous le nom de koïlonychie.
Le début des accidents remonte à quaire ans : cette femme qui n'avait jamais été malade, qui n'avait jamais été atteinte de paludisme, avait eu trois grossesses : les deux premières suivies de la naissance de garçons bien portants, âgés maintenant, l’un de 14 ans, l’autre de 10 ans; la troisième, interrompue par un avortement de trois mois avec hémorragies graves. Et c’est à partir de ce moment que les troubles digestifs étaient apparus : inappétence progressive, digestions longues et pénibles, diar-