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« rhée persistante sous forme de 3 ou 4 selles par jour. On avait pensé alors à une dysentrie amibienne, mais on ne trouva jamais d’amibes. Rien dans l’alimentation ne put expliquer ces troubles intestinaux; et tous les traitements essayés restèrent sans effet. La malade se mit à pâlir, à maigrir, à s’essouffler au moindre effort au point de renoncer à vaquer aux soins de son ménage; elle devint triste, pleurant facilement, fuyant le monde.
Il y a six mois, un nouveau symptôme apparaît : la dysphagie. Notre malade doit, pour avaler ses aliments, les découper en morceaux de plus en plus petits, et, malgré des précautions infinies, elle parvient difficilement à les déglutir; elle est obligée de mouiller ses aliments pour en faciliter le glissement, la des-
cente; et elle doit boire à chaque instant pour calmer l’impres-
sion de sécheresse buccale ct pharyngée qu'elle éprouve constamment.
Bientôt, elle se résout à ne prendre que des liquides, que du lait pour s’'alimenter. En outre la diarrhée qui n’a jamais cessé, s’est aggravée depuis quatre mois, ce sont des selles liquides, non fétides, sans glaires ni mucosités sanguinolentes et qui ne s’accompagnent ni de douleurs abdominales, ni de ténesme rectal.
Enfin l’anémie s’est accentuée.
La dysphagie nous incite à faire un examen approfondi de la bouche et de l’æsophage. Il n'y a plus de dents chez cette femme encore jeune. Mais c’est l'aspect particulier de la muqueuse . bucco-pharyngée tout entière qui frappe dès l’abord : Ce n'est pas seulement sur la langue que la muqueuse est. liss et vernissée, c’est encore sur la face interne des joues, sur le voile du palais qui est bordé d’un liséré brillant et comme « passé au tampon », c'est sur tout l’ensemble du pharynx digestif, à l'exception du pharynx respiratoire qui est normal. Sur notre demande, le D'Aboulker, chef du service oto-rhino-laryngologique, fait. un examen au miroir : l’épigloite sur sa face digestive, non sur sa face respiratoire, et tout l'hypopharynx sont aussi recouverts d’une muqueuse lisse, sèche, vernissée, caractéristique; à l'examen oésophagoscopique on trouve, sur la moitié supérieure du conduit œsophagien, le même aspect pâle, vernissé et sec de la muqueuse, avec, en plusieurs endroits, des plaques blanchâtres, nacrées, analogues à celles que nous avions trouvées sur la langue.
Fait à signaler, la bouche æsophagienne a laissé passer avec une facilité anormale le tube œsophagien, alors qu'à l'écran radioscopique (D' Marchioni) nous avions vu la barvie s'arrêter, hésiter, au niveau du cricoïde, à l'endroit même où s’arrêtaient les aliments ingérés.