CHAPITRE PREMIER
LES CRITÈRES ESSENTIELS DE L'ANÉMIE HYPOCHROME ACHYLIQUE ESSENTIELLE OÙ CHLOROSE DYSPEPTIQUE
Il nous a paru indispensable, avant de faire l’étude séméiologique des manifestations cutanées et muqueuses de l’anémie hypochrome achylique essentielle, de passer en revue les critères de la maladie et d’en fixer les limites : on admet habituellement que ces critères essentiels sont ceux-là même qui servent à définir la maladie : les modif. cations de l’état gastrique, les modifications de la formule sanguine.
A) Les modifications de l’état gastrique
Par leur constance, leur importance pathogénique probable, les modifications gastriques nous paraissent dignes de figurer au premier rang, avant l’anémie elle-même.
Leur retentissement fonctionnel cependant est extrêmement variable, et s’il en existe des symptômes quasi constants, ceux-ci sont habituellement légers (Hayem-Meulengracht), consistant en anorexie, pesanieurs après les repas, constipation. Il est rare que la gastrite se traduise par de véritables douleurs accompagnées ou non de vomissements ; de même, il est rare que l’achylie aït pour conséquence une diarrhée rebelle, comme le fait a été signalé par Witts et récemment par Benhamou et Cohen-Solal.
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Les altérations de la sécrétion gastrique :
La déficience de la sécrétion gastrique est un des éléments les plus constants et les plus anciennement connus de la maladie : Faber et après lui Kaznelson, l’étudiant après repas d'Ewald, concluaient à l’achylie habituelle. Cette méthode a le désavantage de fournir peu de suc gastrique et l'étude de la sécrétion après injection sous-cutanée d’histamine suivant la technique de Carnot et Libert oblige à revicer leur affirmation : l’achylie totale est rare, ce que l’on voit habituellement c’est une achlorhydrie ou même une simple hypochlorhydrie : l'acide chlorhydrique libre fait complètement défaut ou est en quantité très minime; l'acidité totale même peut être nulle, habituellement elle est seulement très basse, il est exceptionnel que des acides de fermentation lui donnent des valeurs élevées. La sécrétion peptique, par contre, comme l'avait déjà montré Hayem, est toujours beaucoup moins touchée que la sécrétion acide; elle peut être normale; dans la règle, elle n’est que diminuée.
Les modifications de la muqueuse gastrique :
Les modifications correspondantes de la muqueuse gastrique sont de connaissance assez récente : sans doute Faber et Gutzeit incriminaient déjà à l’origine des troubles de la sécrétion une gastrite inflammatoire (?), mais c’est à P. Chevallier et à F. Moutier que revient le mérite d’avoir eu l’idée d'étudier ces modifications in vivo, à l’aide de la gastroscopie, et de montrer que l’origine des troubles était une gastrite atrophique diffuse, terme qui, il faut le souligner, s'applique à un aspect macroscopique et non à une image histologique. F. Moutier décrit à cette gastrite trois degrés :
« Premier degré : la muqueuse est lisse, la teinte est ardoisée, bleutée ou blanc-saumonnée.
« Deuxième degré : les plis de la muqueuse disparais-
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