FORME AIGUE DE L'ANÉMIE INFECTIEUSE
Cette forme n'est peut-être pas la plus fréquente, mais elle est assurément celle qui frappe le plus l’éleveur. C'est en observant un premier cas brutal que son attention éveillée recherche dans le passé et le présent les symptômes plus ou moins significatifs qui auraient pu l’éclairer lui ou son Vétérinaire. Mais qu'il ait péché par incurie, inconscience ou ignorance, le cultivateur n’en payera pas moins lourdement sa négligence, car la plus petite faute en élevage est parfois la plus grosse de conséquences.
Les symptômes de la forme aiguë de l’Anémie Infectieuse sont toujours très inquiétants : La fièvre est forte et l'hyperthermie se maintient toujours très grande, la température oscillant entre 40° et 41°5. L'animal est très abattu, ne mange pas, n’acceptant que quelques barbottages ou du lait. Il reste à bout de longe ou couché, parfois même il se roule comme s’il avait des coliques sourdes. Souvent la diarrhée ne tarde pas à apparaître. Les excréments sont alors liquides ou semi-liquides, à odeur fétide très forte. La respiration est précipitée, le cœur est affolé, ses bruits sont brutaux et discordants.
La conjonctive est souvent violemment congestionnée au début... Tous ces symptômes restent ceux qui caractérisent le début de toute maladie grave du cheval, que ce soit la typhoïde, la broncho-nneumonie, la pleurésie..…, mais tandis que dans ces maladies, les symptômes ne tardent pas à se compléter par des localisations qui permettent un diagnostic, dans l’Anémie, au contraire, ces troubles ne font que s’exacerber sans sortir du cadre qui traduit une maladie grave.
Si, comme le cas est fréquent, cette poussée aiguë doit entraîner la mort, les manifestations observées augmen-
= DLE
tent de gravité, bientôt l’animal tombe dans une sorte de torpeur, se débattant sur sa litière, se meurtrissant, faisant entendre une plainte très pénible à écouter et qui tient plus du gémissement que du cri, puis il ne tarde pas à succomber après une agonie qui parfois peut durer deux ou trois jours.
Les commémoratifs, dans ce cas d’Anémie Infectieuse aiguë, sont seuls à pouvoir orienter le diagnostic que l’autopsie confirmera utilement pour la conduite à tenir à l'égard des autres chevaux de l'écurie.
Dans d’autres cas, le mal semble céder soit à une intervention médicale, soit parce que la résistance du cheval est momentanément la plus forte. La maladie passe à l’état chronique, les troubles s’atténuent, l’état du sujet s'améliore. Le diagnostic reste alors très délicat, même pour un praticien averti. La crise qu’il a observée et essayé de combattre était-elle bien due à la seule Anémie Infectieuse et non à une autre cause moins grave et pour laquelle des mesures ultérienres ne s'imposent pas ? Seuls encore ici les commémoratifs ou une nouvelle atteinte du mal pourra le renseigner.