PROCÉDÉ DE TRÉLAT
Le professeur Trélat a employé ces trois agents dans la pratique chirurgicale de la Charité, et d’une manière différente, suivant les opérations à faire et le degré d’anesthésie qu'il voulait obtenir.
Dans tous les cas où il n’avait besoin que d’une anesthésie incomplète, analgésie sans résolution musculaire, il employait seulement le chloral et la morphine ; il administrait une potion contenant, suivant les âges, de 4 à 9 grammes d’hydrate de chloral pour 20 à 40 grammes de sirop de morphine dans 120 grammes d’eau. — Cette potion était donnée en deux fois à 15 minutes d’intervalle. Il survient quelquefois, après l’ingestion, des nausées et une abondante sécrétion de salive, accélération du pouls et de la respiration, coloration de la face, dilatation de la pupille. La somnolence arrive au bout de 40 minutes environ, avec engourdissement, diminution de la sensibilité générale et de la sensibilité cornéenne.
Un quart d’heure après, le malade est plongé .dans un état comateux, avec affaiblissement du goût, du tact, de la vue, de l’odorat et de l’ouïe. C’est pendant cette période, qui dure environ une heure et demie, que l’on procède à l’opération,.et principalement aux opérations sur la bouche, qui nécessitent chez l’opéré un degré de sensibilité suffisant pour aider l’opérateur et obéir à ses ordres.
Dans le second cas, c’est-à-dire celui où le chirurgien a à faire des opérations douloureuses ou de plus longue durée, M. Trélat ajoutait au mélange de chloral et de morphine l’action du chloroforme. De très faibles doses suffisent ainsi pour amener l’anesthésie complète avec résolution musculaire ; la période .d’excitation est supprimée ; mais le retour à l’état de réveil absolu se fait lentement; la somnolence, l’assoupissement persistent quelquefois pendant 48 heures, et c’est là le grand et sérieux inconvénient de ce procédé.
11 est évident que les états dépressifs doivent être une contre-indication.
Le D r Perrier procède de la même façon que Trélat, mais par des essais faits pendant plusieurs jours avant l’opération, il connaît à peu près exactement la quantité d’anesthésique à administrer au malade pour obtenir le degré d’anesthésie qu’il juge nécessaire.
ANESTHÉSIE GÉNÉHALE.
6° Chloral et morphine.
MM. Cadéac et Malet (Lyon médical, 14 février 1892) ont fait de très nombreuses expériences sur l’action combinée du chloral et de la morphine, et cherché quel était le meilleur moyen d’administrer ces médicaments pour arriver à une anesthésie certaine et complète, comme aussi quelles étaient les quantités que l’on pouvait déterminer d’avance et qui n’exigeaient aucune surveillance extérieure.
Après avoir donné un rapide aperçu de leurs diverses expériences, MM. Cadéac et Malet arrivent aux conclusions suivantes : .
« On obtient une anesthésie parfaite en combinant 1 injection sous-cutanée de morphine avec l'administration d’un lavement de chloral; 40 centigrammes de chlorhydrate de morphine en injection hypodermique, 20 grammes de chloral en lavement plongent pendant une demi-heure et plus un chien de 20 kilogrammes dans le sommeil anesthésique; 420 grammes de chloral par la même voie et 1 gramme de chlorhydrate de morphine insensibilisent complètement un cheval de taille moyenne.
« Il est avantageux de laisser un intervalle de quelques minutes entre l’injection sous-cutanée de morphine et le lavement de chloral.
(( L'innocuité des lavements et la facilité de leur administration nous font préférer la voie rectale à toute autre. »
7 u Atropine, morphine et chloroforme.