‹ Anesthésie rachidienne obstétricale limitée à la région périnéale par injection d'une solution concentrée de novocaïneChapitre 9 sur 22 · MÉTHODE DE RACHIANESTHÉSIE LIMITÉE DE RAVAUT · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE RACHIANESTHÉSIE LIMITÉE DE RAVAUT

Avant de décrire la méthode, voyons comment M. Ravaut fut amené à l’employer.

Les premières rachicocaïnisations furent pratiquées à Faide de solutions aqueuses hypotoniques de cocaïne au 1 /100 ; il était fréquent au cours de l'opération de constater chez le patient un état de malaise général, avec anxiété respiratoire, nausées, vomissements, pouls rapide. Dans les suites opératoires on notait des céphalées très fréquentes et assez souvent de l’hyperthermie.

Ravaut et Aubourg, pratiquant une ponction lombaire dans le but de diminuer la céphalée chez un rachicotaïné, constatèrent que la céphalée diminuait ou même disparaissait complètement avec la ponetion et que plus violente était la céphalée, plus le liquide était hypertendu et trouble. A l'examen cytologique ils trouvèrent des polynucléaires plus ou moins abondants suivant l’intensité de la céphalée, Pabsence complète de réaction cellulaire du liquide céphalo-rachidien étant exceptionnelle chez les rachianesthésiés. N

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Recherchant la cause de ces accidents, ces mêmes auteurs établirent que c'était le défaut d’isotonie entre la solution de cocaïne et le liquide céphalo-rachidien qui occasionnait les accidents.

Ils préconisèrent alors l'usage d’une solution anesthésique isotonique au liquide céphalo-rachidien, puis l’emploi du liquide céphalo-rachidien comme véhicule d’une faible quantité d'une solution fortement concentrée de cocaïne.

Les accidents disparurent presque complètement. Quelques vomissements persistaient au cours de l’anesthésie, mais il n’y eut plus ni céphalée, ni hypertension dans les jours suivants.

De l’emploi de cette solution hypertonique est née la méthode de rachi-anesthésie limitée à la région génitopérinéo-anale.

Principe de la méthode.

La solution employée étant très concentrée a un poids spécifique plus élevé que le liquide céphalo-rachidien. Si l’on injecte une goutte de la solution dans le canal rachidien d’un sujet assis, la goutte tombe au fond du cul-desac, où se trouvent les racines de la queue de cheval. La novocaïne n’agit que sur elles sans diffuser vers les régions supérieures.

«On peut figurer l’opération in vitro en se servant d’un tube à essais sur la paroï duquel on a pratiqué une petite ouverture à une certaine hauteur. On ajuste her-

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métiquement à cette ouverture une aiguille à ponction lombaire et l’on remplit le tube jusqu’au bord de liquide céphalo-rachidien. On injecte alors par l'aiguille une goutte de la solution de novocaïne et l’on voit celle-ci, plus réfringente que le liquide, tomber au fond du tube à essais comme «du plomb ». Au contraire, une solution hypotonique diffuse aussitôt vers la région supérieure du tube. » (Le Flamanc.)

Solution anesthésique.

Après avoir utilisé successivement la cocaïne et la stovaïne, Ravaut emploie actuellement une solution de 50‘ grammes de novocaïne dans 50 grammes d’eau distillée, de telle manière qu'une goutte de cette solution contient deux centigrammes et demi d’anesthésique.

Il suffit d’injecter une goutte et demie de la solution, soit environ trois centigrammes et demi de novocaïne, pour obtenir une bonne anesthésie de la région génitopérinéo-anale.

La solution répartie en ampoules de un demi-centimètre cube peut supporter sans inconvénients une stérilisation à l’autoclave à 1200.

Instrumentation.

Une aiguille à ponction lombaire quelconque peut être utilisée, mais il est préférable de se servir d’une aiguille

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