‹ Anévrismes latents de la crosse de l'aorteChapitre 12 sur 56 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

AÀ..., âgé de soixante ans.

Douleur au niveau de l’omoplate gauche ; douleur très vive calmée par la marche et la station debout, exagérée par le décubitus horizontal. Douleurs intercostales rares,

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irradiations fréquentes le long de la colonne vertébrale et au creux épigastrique. — Lourdeur fréquente après les repas survenant d’ailleurs un temps variable après l'ingestion alimentaire. — Jamais de vomissements.

Pas d'amélioration malgré les régimes institués.

Amaigrissement de 17 kilogs en quelques mois.

Dyspnée d'effort assez intense ; après la fatigue, sensation de compression intra-thoracique comparée par le malade à un enserrement par un étau. € Parfois, dit-il, il lui semble que des chiens lui rongent et lui déchirent la poitrine. »

Diminution du murmure respiratoire au sommet gauche en avant et en arrière.

Signe d'Oliver.

Choc diastolique (signe de Hall).

Auscultation du larynx positive.

Examen laryngoscopique (pratiqué par M. Garel).

Pas de paralysie.

Battements laryngés.

Déviation de la trachée à gauche.

Voussure du creux sus-claviculaire gauche.

Dysphagie peu accusée, mais plus nette pour les liquides que pour les solides. — Jamais de régurgitations.

Fourmillements inconstants et passagers dans les deux mains et les deux pieds sans affection visible de la peau.

Radioscopie. — Tumeur nettement séparée du cœur, animée de battements, et située sur la partie externe et gauche de la crosse aortique.

La douleur dans l’anévrisme est souvent précoce . sans qu il soit possible cependant de fixer, de façon même approximative ; sa date d'apparition; mais il faut savoir qu'elle peut apparaître des mois et même des années avant tout autre symptôme physique.

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Son siège est en général fixe, comme l'avait déjà bien dit Stokes. « Elle occupe le plus souvent l'épaule, un côté du thorax, ou le cou; quelquefois elle est située profondément dans la poitrine et semble alors partir du tiers supérieur du sternum et se diriger vers la colonne vertébrale; elle envahit fréquemment le bras, s'étend le long du cou jusqu'à la partie latérale de la tête. » Il cite un cas où le malade accusait surtout de la douleur dans la partie droite de la tête.

Récemment Levachew, au Congrès de Moscou de 1597, a insisté sur ces douleurs névralgiques cervicooccipitales. « Sur cent-vingt-six malades, dit-il, que j'ai pu étudier avec le plus grand soin dans ces onze dernières années, j'ai rencontré vingt-neuf fois des symptômes de névralgie cervico-occipitale; dans vingt et un cas, ces symptômes étaient associés à d’autres troubles d’origine nerveuse, dans huit casils étaient isolés. »

Nous avons vu que ce signe avait déjà été vu par Stokes, puis oublié. Quoiqu'ilen soit, il semble avoir de la valeur. Antérieurement à la publication de Levachew, nous l’avons trouvé signalé trois fois dans le Bulletin de la Société anatomique, preuve certaine qu'il acquiert souvent une grande intensité. Dans nos observations personnelles enfin, nous l'avons trouvé deux fois sur dix.

Mais le siège de la douleur incontestablement de beaucoup le plus fréquent, est le thorax; nous l'avons trouvé ainsi dix-huit fois dans les observations antérieures d’anévrisme latent, et huit fois sur nos dix observations.

D'ailleurs si la douleur est habituellement fixe, elle s'irradie souvent; elle peut être intercostale et se propager en même temps au cou, dans les bras, surtout après un effort ou après une cause qui échappe souvent, mais qu'il faut rechercher.

Elle est soumise en effet à certaines influences. Souvent la station debout exagère la douleur, imposant au malade une attitude eourbée pendant la marche. La fatigue, la déglutition, les fortes inspirations et même toute cause augmentant la pression intra-thoracique l'exagèrent fréquemment.

Elle est souvent, mais non toujours, calmée par le repos (au moins au début), par la pression (Grenne); et de fait, il n'est pas rare de voir des malades se comprimer le thorax avee les mains pendant des heures. Elle peut être calmée ou du moins devenir tolérable par certaines positions variant d'ailleurs avec chaque malade, parfois mème par la chaleur.

Parfois aussi, sans cause apparente, on la voit s’atténuer ou mème disparaître en même temps que s'’atténuent concurremment les autres symptômes fonctionnels, tels que la dysphagie quand elle existe; puis brusquement, elle reparaît de nouveau, pongitive, exacerbée, dirait-on, par cette accalmie,

Ses meilleurs caractères semblent donc être sa ténacité extrême et sa fixité (qu'elle soit continue ou paroxystique, elle réapparaît presque toujours à la même région et au même point).

Un autre caractère important est le parallélisme constant de cette douleur avec les autres troubles subjectifs, surtout avec la dysphagie; c'est là une

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