LENS
forme, la stridulation bronchique, se rencontrelorsque
lanévrisme est adossé à une des principales divisions bronchiques. Bien qu'il n'y ait pas alors compression de la trachée, on trouve à un faible degré la stridulation inférieure. Ce phénomène est très curieux, et il échappe souvent à l'observation; à mesure que la tumeur augmente de volume il se convertit en un véritable sifflement trachéal. »
La plupart du temps, ajoute Stokes, on reconnait la stridulation inférieure à ce que le bruit semble partir de la fourchette du sternum. Ce bruit varie beaucoup en intensité chez les différents malades ou chez le même à des moments différents. Il est en général plus marqué après l'effort, parfois il ne se produit que par une inspiration longue et forcée.
Cette dernière appréciation de Stokes disant que la stridulation inférieure ne se produit parfois que pendant l'inspiration, paraît au premier abord en contradiction avec ce que nous disions du signe de M. Lépine; il n’en est rien. Le sifflement trachéal ou stridulation inférieure a sûrement été confondu avec le cornage; on doit réserver le nom de cornage, d’après Barth et Roger, aux cas où ce sifflement est très bruyant et nettement perçu à distance, Dans ces conditions, il peut parfaitement avoir besoin pour se produire d'une forte inspiration mais il n'en est pas moins vrai que la phase expiratrice peut être prolongée. Peu importe que le bruit soit plus ou moins fort ; d’après l’opinion de M. Lépine et d'après ce que nous avons pu constater, ce qui est important, c'est la longueur de la phase expiratrice et non le bruit qui
l'accompagne. Les deux phénomènes peuvent être parallèles ou dissociés, ils ne sont pas fonction l’un de l'autre: si on les trouve souvent ensemble, c'est que l'allongement de la phase expiratrice est plus facilement perçue si la respiration est bruyante que si elle est silencieuse; si la respiration est silencieuse, l'expiration prolongée peut aussiexister, mais elle n'attirera guère. l'attention qu à l’auscultation. Quels que soient ses rapports avec l'expiration prolongée, qu'on l'appelle stridulation inférieure, sifflement trachéal ou cornage, ce phénomène est un signe certain de compression trachéale ; avec un peu d’habitude, on arrive à le dissocier assez facilement et à le distinguer de l'obstacle laryngé qui s'accompagne comme lui de tirage sus et sous-sternal et à porter le diagnostic de compression médiastinale.
De là à penser à la possibilité d'un anévrisme de l'aorte il n y a qu'un pas.
Qu'elle s'accompagne ou non de ces phénomènes objectifs, la dyspnée, nous l'avons vu au début, peut revêtir diverses formes. Tout d’abord elle peut être progressive, commencer par être légère, pour augmenter graduellement et entraîner la mort du malade par obstruction progressive des voies aériennes ; elle peut être brusque au contraire, survenir par accès de suffocation violente: ceux-ci peuvent ouvrir ou terminer la scène. |
Ces accès de suffocation ou crises de dyspnée paroxystique ontété mis sur le compte de l'excitation récurrentielle où pneumogastrique. Cette excitation dans l’anévrisme est aussi accusée de donner des